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Les gymnastes russes championnes du monde par équipes, sous statut neutre

Les Russes ont remporté samedi le concours général par équipes du championnat du monde de gymnastique rythmique, disputé à Francfort-sur-le-Main, avec 278,300 points devant la Bulgarie et la Chine. Cinq médias russes rapportent le même total et la même composition d'équipe. Les gymnastes concourent en Allemagne sous statut neutre, sans drapeau ni hymne, alors même que les instances internationales de la discipline ont commencé à leur rendre leurs symboles nationaux.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
​带操 2008第二届CC摄影大赛参赛作品
Photo d'illustration阿圆 — CC BY 2.5 cn

Un peu plus de deux points d'écart avec la Bulgarie

La sélection russe a gagné le concours général par équipes du championnat du monde de gymnastique rythmique avec un total de 278,300 points. Le chiffre est identique dans les cinq dépêches consultées : l'agence Interfax, le quotidien en ligne Vzgliad — qui cite RIA Novosti —, la chaîne RT, le quotidien gouvernemental Rossiïskaïa Gazeta et l'agence TASS, qui a diffusé le résultat sur son canal Telegram en une seule ligne.

La Bulgarie prend la deuxième place avec 276,050 points, la Chine la troisième avec 275,400. L'écart entre l'or et l'argent est donc d'un peu plus de deux points, celui entre l'or et le bronze d'un peu moins de trois. Aucune des dépêches ne donne le détail des notes par appareil ni par gymnaste : seuls les totaux d'équipe circulent.

Le championnat se tient à Francfort-sur-le-Main, la capitale financière de l'Allemagne, du 12 au 16 août selon Vzgliad et RT. Il n'était donc pas terminé au moment où ces dépêches ont été publiées.

Huit noms, dont six venus de Saint-Pétersbourg

Interfax et Vzgliad donnent la même liste de huit gymnastes : Maria Borissova, Sofia Ilteriakova, Arina Lavrenova, Alissa Eremeeva, Anna Nikolaeva, Sofia Solonskaïa, Agata Barekzaï et Daria Melnik.

RT apporte une précision que les autres n'ont pas : la Russie était représentée par Maria Borissova, Sofia Ilteriakova « et l'équipe de Saint-Pétersbourg », à savoir les six autres noms de la liste. Autrement dit, la sélection nationale s'appuie ici sur le collectif d'un seul club de la deuxième ville du pays, complété par deux individuelles. Vzgliad rappelle qu'en juin, Sofia Ilteriakova avait remporté trois médailles d'or à la Coupe du défi de Pékin.

Un titre gagné sans drapeau ni hymne

Le point le plus significatif pour un lecteur français ne figure pas dans les résultats, mais dans une phrase que Vzgliad et RT écrivent toutes deux : les Russes participent à ce championnat « sous statut neutre », sans symbole national. Depuis l'exclusion des sportifs russes de la plupart des compétitions internationales, leur réadmission se fait au cas par cas, sous une bannière anonyme, sans drapeau ni hymne au palmarès et sur le podium.

Or la situation est en train de bouger, et les dépêches russes le soulignent. Vzgliad écrit qu'en mai, la Fédération internationale de gymnastique a autorisé les Russes à concourir avec leur drapeau et leur hymne, mais que « les restrictions pouvaient être maintenues pour les tournois approuvés antérieurement ». Le même média précise qu'un mois plus tôt, l'union européenne de gymnastique avait validé le retour du droit aux symboles nationaux pour les sportifs russes.

Le résultat de Francfort illustre donc un entre-deux : une autorisation de principe accordée par la fédération internationale, mais un championnat du monde qui reste régi par les règles fixées avant cette décision. Vzgliad note d'ailleurs que ce sont « les organisateurs » qui ont admis les Russes en Allemagne sous statut neutre.

Le revers du même championnat : douzièmes en groupes

Une seule des cinq dépêches mentionne l'autre versant de la compétition, et elle le fait en deux phrases. RT indique que la sélection russe des exercices d'ensemble a terminé douzième du concours général, et que la Fédération russe de gymnastique a publié un communiqué après ce que la chaîne qualifie d'« échec historique » de ses gymnastes au championnat du monde.

Les quatre autres dépêches n'en disent rien : elles s'en tiennent au titre par équipes. C'est un écart de traitement qui mérite d'être signalé, puisqu'il concerne le même championnat, la même délégation et les mêmes journées de compétition.

Ce que ces dépêches disent, et ce qu'elles ne disent pas

Elles établissent un fait vérifiable et concordant : un total de 278,300 points, une première place devant la Bulgarie et la Chine, huit noms, un lieu et des dates. Sur ce point, les cinq sources ne se contredisent pas.

Elles laissent en revanche plusieurs questions ouvertes. Aucune n'explique comment se calcule le concours général par équipes, ni comment une douzième place en exercices d'ensemble se combine avec un titre mondial dans un classement collectif — les deux résultats sont rapportés séparément, sans être mis en rapport. Le contenu du communiqué de la Fédération russe de gymnastique n'est pas cité, et le terme d'« échec historique » est celui de RT, non celui de la fédération. Aucune réaction de la Fédération internationale de gymnastique, des organisateurs allemands ou des délégations concurrentes n'est rapportée. Enfin, la portée exacte de la décision de mai sur le drapeau et l'hymne reste floue dans les termes mêmes employés par Vzgliad, qui évoque des restrictions susceptibles d'être « maintenues » sans préciser lesquelles ni pour quelles compétitions.

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