166 postes de commandement de drones détruits en un jour
Les groupements de forces russes « Nord », « Ouest », « Est » et « Sud » ont détruit en vingt-quatre heures 166 postes de commandement de drones ukrainiens, ont annoncé mardi leurs représentants. Quatre stations de communication satellitaire, dont trois terminaux Starlink, 106 complexes robotisés terrestres et 123 drones de type avion figurent au même bilan. Les équipages russes visent désormais moins les appareils que les hommes et les antennes qui les pilotent.

Sur toute la ligne de contact, la journée de lundi a été consacrée à la chasse aux postes de pilotage. Le décompte communiqué par les quatre groupements russes s'établit à 166 points de commandement de l'aviation sans pilote ukrainienne détruits en vingt-quatre heures, auxquels s'ajoutent les moyens de liaison et les vecteurs eux-mêmes.
Le détail est donné groupement par groupement. Le chef du centre de presse du groupement « Ouest », Ivan Bigma, fait état de 51 postes de commandement de drones repérés puis détruits, ainsi que d'une station de communication satellitaire, de trois quads, de vingt-huit complexes robotisés terrestres, de trois canots à moteur et de deux dépôts de munitions de campagne. Le représentant du groupement « Est », Dmitri Miskov, annonce pour sa part trois stations de communication satellitaire Starlink, quarante et un drones de type avion et quarante et un postes de commandement.
Zaporojié, Kramatorsk, Sloviansk : les nids d'opérateurs comme cible
Le groupement « Sud » affiche le bilan le plus lourd sur ce seul poste : 53 centres de pilotage détruits en une journée, avec soixante-dix-huit complexes robotisés terrestres et deux dépôts de matériel, indique son représentant Vadim Astafiev. Sur les directions de Kramatorsk et de Sloviansk, précise-t-il, « les troupes des systèmes sans pilote ont détruit soixante antennes de communication et de drones » — c'est-à-dire les mâts et les relais sans lesquels un opérateur perd le contact avec son appareil au-delà de quelques kilomètres.
Donc la cible n'est plus l'engin en vol, mais l'installation au sol qui le fait voler. Le ministère russe de la Défense l'a illustré le même jour en annonçant que les opérateurs du groupement « Est » avaient traqué et détruit des positions d'équipages de drones ukrainiens dans la région de Zaporojié — des « nids », selon le terme employé. Un poste de commandement de ce type tient dans un abri enterré ou une cave : deux ou trois opérateurs, des consoles, une alimentation, et l'antenne directionnelle qui les trahit.
Starlink et robots terrestres, les deux béquilles du dispositif ukrainien
D'où l'importance des quatre stations de communication satellitaire portées au bilan de la journée, dont trois terminaux Starlink. Le réseau du groupe américain sert depuis 2022 de colonne vertébrale aux liaisons ukrainiennes de première ligne, y compris pour le pilotage et la retransmission d'images des drones : chaque terminal détruit prive une unité de sa connexion la plus difficile à brouiller.
Mais le chiffre le plus révélateur du basculement en cours est ailleurs. Cent six complexes robotisés terrestres ont été détruits en une journée — vingt-huit par le groupement « Ouest », soixante-dix-huit par le groupement « Sud ». Ces plateformes chenillées ou à roues, télécommandées, servent à ravitailler en munitions et en eau des positions que plus aucun homme ne peut atteindre de jour sans être repéré. Leur multiplication signe l'état des lignes ukrainiennes, où la logistique du dernier kilomètre a été confiée à des machines.
Cent vingt-trois drones de type avion et quinze R-18
Les vecteurs eux-mêmes n'ont pas été épargnés. Le groupement « Nord », dont le représentant est Andreï Chercherv, revendique vingt et un postes de commandement, quatre-vingt-deux drones de type avion et quinze drones lourds de combat R-18, l'octocoptère de bombardement nocturne employé par les unités ukrainiennes pour larguer des charges sur les positions russes. Avec les quarante et un appareils détruits par le groupement « Est », ce sont cent vingt-trois drones de type avion abattus ou détruits en une journée sur les seuls comptes de ces deux groupements.
Ce bilan prolonge celui de la veille, où 215 postes de commandement de drones ukrainiens avaient été détruits en vingt-quatre heures avec neuf stations de communication satellitaire. Deux journées de suite, la même méthode : remonter la chaîne du drone jusqu'à l'homme qui tient la manette. À l'arrière, la défense aérienne russe continue d'intercepter par centaines les appareils lancés vers le territoire russe, tandis qu'au front les troupes des systèmes sans pilote, devenues une arme à part entière, s'attaquent à la source.
Ce déplacement de la cible dessine la suite : privées d'antennes, de terminaux satellitaires et de postes de pilotage, les unités de drones ukrainiennes perdent la profondeur de vue qui leur permettait de tenir à distance l'infanterie russe. C'est cette vue-là que les groupements russes s'emploient, jour après jour, à éteindre.
Sources
- ВС РФ заявили об уничтожении свыше 160 пунктов управления дронами ВСУ — Interfax
- ▶️ Расчет FPV-перехватчика "Бумеранг-10" группировки войск "Центр" уничтожил десятки тяжелых гексакоптеров формирований ВСУ на добропольском направлении, сообщили в Минобороны России.Видео: Минобороны РФ/ТАСС✔ Подпишись — TASS (Telegram)
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- Подземную базу украинских дроноводов в Херсоне уничтожили авиабомбой — Vzgliad