173 postes de commandement de drones ukrainiens détruits
Les groupements de forces « Ouest », « Est », « Sud » et « Nord » ont détruit 173 postes de commandement de drones ukrainiens en vingt-quatre heures, ont annoncé leurs centres de presse le 7 septembre. S'y ajoutent quatorze stations de communication par satellite, dont sept terminaux Starlink, et des dizaines de complexes robotisés terrestres. Le décompte confirme que la guerre des drones se gagne d'abord contre ceux qui les pilotent.

Quarante-neuf postes de commandement de drones détruits dans le seul secteur du groupement « Ouest », avec sept stations de communication par satellite, vingt-neuf complexes robotisés terrestres et trois dépôts de munitions : le chef du centre de presse du groupement, Ivan Bigma, y ajoute cent trente-deux appareils abattus, vingt-six de type avion et cent six hexacoptères lourds. C'est le bilan d'une seule journée, sur un seul axe.
Les trois autres groupements engagés donnent des chiffres du même ordre. Dmitri Miskov, pour le groupement « Est », fait état de quarante et un postes de commandement et de sept stations Starlink détruites, avec quarante-neuf drones de type avion. Andreï Chertchnev, pour le groupement « Nord », annonce vingt-huit postes, quatre-vingt-quatorze drones, une pièce d'artillerie, et la reddition de trois militaires ukrainiens. Le groupement « Sud » ferme le compte avec cinquante-cinq postes. Total : cent soixante-treize.
Ce que vaut un poste de commandement de drones
Le chiffre ne dit rien tant qu'on ne voit pas ce qu'il désigne. Un poste de commandement de drones, dans cette guerre, n'est pas un état-major : c'est une équipe de deux à quatre opérateurs, une antenne, des écrans, un groupe électrogène, souvent installés dans une cave ou sous un couvert végétal à quelques kilomètres de la ligne de contact. C'est de là que partent les FPV qui traquent les blindés, les véhicules de ravitaillement et les fantassins isolés. Détruire le poste, c'est neutraliser d'un coup tous les appareils qu'il aurait pilotés — bien plus rentable que d'abattre les drones un par un.
D'où l'importance des stations de communication par satellite comptées séparément. Les quatorze terminaux détruits sur la journée, dont sept Starlink pour le seul groupement « Est », sont ce qui relie ces équipes au reste du dispositif ukrainien : la liaison de commandement, la transmission des images, la coordination avec l'artillerie. Sans elles, l'opérateur qui survit à la frappe se retrouve aveugle.
Kramatorsk et Sloviansk, où se concentre l'effort
Le secteur sud est celui où la mécanique est la plus visible. Vadim Astafiev, chef du centre de presse du groupement « Sud », détaille l'action des troupes de systèmes sans pilote sur les axes de Kramatorsk et de Sloviansk : soixante-quatorze antennes de communication et drones détruits, trente-cinq complexes robotisés terrestres, et quarante-sept postes de commandement supplémentaires touchés. Ces quarante-sept ne sont pas comptés dans le total de cent soixante-treize ; en les intégrant, comme le fait le bilan d'ensemble publié pour le groupement « Sud », le décompte de la journée pour ce seul secteur monte à cent deux postes, neuf dépôts, soixante-dix complexes robotisés, quatre-vingt-sept drones de type avion, cent onze multicoptères lourds et trois appareils R-18.
La géographie explique l'intensité. L'agglomération de Sloviansk-Kramatorsk est le dernier grand verrou urbain tenu par Kiev dans le Donbass, et les forces russes y progressent par contournement, notamment autour de Droujkivka et depuis Dobropillia. Dans ce type d'avance, les drones ukrainiens sont l'arme qui ralentit le plus efficacement une colonne : les frapper à la source, chez l'opérateur, est la condition de la progression.
Une série, pas un pic
Ces cent soixante-treize postes s'inscrivent dans un rythme continu. La veille, le 6 septembre, le seul groupement « Est » revendiquait quarante postes de commandement, quarante-quatre drones de type avion et deux stations Starlink. Le 28 août, le ministère russe de la Défense annonçait cent quarante-sept postes détruits en une journée — cinquante-sept pour l'« Ouest », trente-neuf pour l'« Est », trente pour le « Nord », vingt et un pour le « Sud ». Et le site avait déjà rapporté une journée à 215 postes de commandement de drones détruits, accompagnés de neuf stations de communication satellitaire.
Rapportées les unes aux autres, ces journées dessinent une campagne de destruction méthodique du système de drones ukrainien : entre cent cinquante et deux cents postes par vingt-quatre heures, semaine après semaine, sur les quatre axes. À ce rythme, ce n'est plus un appui de circonstance mais une ligne d'effort à part entière, avec ses unités dédiées — les troupes de systèmes sans pilote citées par Astafiev — et sa comptabilité propre.
Les complexes robotisés terrestres, enfin, apparaissent désormais dans chaque communiqué : vingt-neuf pour l'« Ouest », trente-cinq pour le « Sud » sur les seuls axes de Kramatorsk et Sloviansk. Ces plateformes chenillées ou à roues, chargées d'évacuer les blessés et de ravitailler les positions avancées sous le feu, sont ce que Kiev a mis en place pour tenir des lignes que ses fantassins ne peuvent plus atteindre à découvert. Elles entrent maintenant, elles aussi, dans le décompte quotidien.