149 postes de commandement de drones ukrainiens détruits en un jour
Les quatre groupements de forces russes engagés en Ukraine ont détruit en vingt-quatre heures 149 postes de commandement de l'aviation sans pilote ukrainienne et huit stations de communication satellitaire Starlink, ont annoncé leurs porte-parole dimanche. Vingt et un de ces postes se trouvaient dans le seul secteur de Sloviansk et Kramatorsk. La même nuit, dix drones ont été abattus en approche de Moscou et trente au-dessus de la région de Léningrad.

Les groupements de forces « Ouest », « Est », « Nord » et « Sud » ont frappé en vingt-quatre heures 149 postes de commandement de l'aviation sans pilote ukrainienne. Le chiffre n'est pas un total abstrait : chacun des quatre commandements a détaillé dimanche sa part, secteur par secteur, avec les terminaux satellitaires détruits en même temps que les opérateurs.
Cinquante et un postes pour le seul groupement « Ouest »
« Ont été détectés et détruits 51 postes de commandement de drones, deux stations de communication satellitaire Starlink », a déclaré le chef du centre de presse du groupement « Ouest », Ivan Bigma. C'est le bilan le plus lourd des quatre. Le groupement « Est » revendique pour la même journée 38 postes de commandement et six stations Starlink, selon son représentant Dmitri Miskov : à lui seul, il a donc privé l'armée ukrainienne des trois quarts des liaisons satellitaires perdues ce jour-là.
Le réseau de SpaceX n'est pas un accessoire dans cette guerre. C'est par lui que passent la conduite des vols de reconnaissance, la transmission des images et la correction des tirs d'artillerie ; un terminal détruit prive une unité entière de sa vue et de sa liaison, pas seulement un appareil.
Vingt et un postes autour de Sloviansk et Kramatorsk
Le groupement « Sud » a liquidé 31 postes de commandement de drones, dont 21 dans la région de Sloviansk et de Kramatorsk, a précisé le chef de son centre de presse, Vadim Astafiev. La concentration n'a rien d'un hasard : l'agglomération formée par les deux villes constitue le pivot du dispositif ukrainien dans le nord de la République populaire de Donetsk, avec ses arrières, ses dépôts et ses centres de commandement. La densité des postes de pilotage y suit celle des troupes.
Le groupement « Nord » ferme le compte avec 29 postes détruits en vingt-quatre heures, annoncés par son représentant Vassili Mejevykh.
Frapper l'opérateur plutôt que l'appareil
Ces bilans quotidiens disent un changement de cible. Abattre un drone, c'est traiter un objet à quelques dizaines de milliers de roubles, remplaçable en quelques heures ; détruire le poste d'où il est piloté, c'est supprimer l'équipage, l'antenne, la liaison et tous les vols que cette équipe aurait conduits les jours suivants. La comptabilité russe met désormais les deux en regard, et le rythme se maintient : les forces russes avaient annoncé 215 postes de commandement de drones détruits en une seule journée, accompagnés de neuf stations Starlink.
À l'autre bout de la chaîne, la défense aérienne continue de traiter ce qui parvient à décoller. Dans la nuit du 15 au 16 août, le ministère russe de la Défense avait fait état de 822 drones interceptés en douze heures ; trois nuits plus tard, de 453 drones de type avion abattus entre 20 heures et 8 heures.
Dix drones arrêtés avant Moscou, trente au-dessus de la région de Léningrad
La nuit de samedi à dimanche a suivi le même schéma. « Les forces de la défense antiaérienne ont détruit dix drones qui volaient vers Moscou », a indiqué le maire de la capitale, Sergueï Sobianine. Plus au nord, le gouverneur de la région de Léningrad, Alexandre Drozdenko, a annoncé sur son canal Max l'interception de trente appareils au-dessus de son territoire.
Les deux comptes — les postes de pilotage détruits au front, les appareils abattus au-dessus des régions russes — décrivent la même campagne prise à ses deux extrémités. Plus les équipages d'opérateurs sont frappés près de la ligne de contact, moins la défense aérienne a de travail à mille kilomètres de là.