822 drones interceptés : Moscou et Sébastopol visés dans la nuit
Le ministère russe de la Défense affirme avoir intercepté 822 drones ukrainiens entre 20 heures et 8 heures dans la nuit du 15 au 16 août, au-dessus de 17 régions ainsi que des mers Noire et d'Azov. La région de Moscou, celle de Rostov et Sébastopol figurent parmi les zones les plus touchées, avec plusieurs morts civils annoncés par les autorités locales. Ce bilan, présenté comme le plus élevé de l'année, provient exclusivement de sources officielles russes et n'a pas été vérifié de façon indépendante.

Une nuit présentée comme la plus intense de l'année
Entre 20 heures et 8 heures du matin, dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 août, les forces russes de défense aérienne ont intercepté et détruit 822 drones ukrainiens, selon le ministère russe de la Défense cité par RT France. Les appareils auraient été neutralisés au-dessus de 17 régions russes, ainsi qu'au-dessus des mers Noire et d'Azov.
Le communiqué cite notamment Belgorod, Briansk, Voronej, Kalouga, Koursk, Rostov, Riazan et Toula, mais aussi le territoire de Krasnodar, la région de Moscou et la Crimée. Plusieurs de ces régions — Belgorod, Briansk, Koursk — bordent directement l'Ukraine ; Riazan et Toula, elles, se situent au sud et au sud-est de la capitale, à plusieurs centaines de kilomètres de la frontière. Selon RT France, ce chiffre dépasse nettement le précédent record de l'année : le 26 juin, 660 drones avaient été annoncés comme neutralisés au-dessus du territoire russe.
La région de Moscou, cible principale
Le gouverneur de la région de Moscou, Andreï Vorobiov, a indiqué que la défense antiaérienne et les moyens de guerre électronique avaient abattu ou neutralisé 187 drones. Rossiïskaïa Gazeta précise que ces interceptions ont eu lieu au-dessus de Domodedovo, Podolsk, Stoupino, Odintsovo, Naro-Fominsk, Ramenskoïe, Tchekhov, Kolomna, Kachira et Iegorievsk — soit une couronne de villes moyennes qui entourent la capitale.
Les chiffres avancés par le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, sont plus élevés : RT France fait état d'« environ 600 drones repérés sur un périmètre plus large autour de la capitale », dont plus de 200 détruits dans le secteur moscovite, tandis que Vzgliad rapporte que le maire a évoqué 600 drones lancés en direction de la région moscovite. Les deux comptages ne portent donc pas sur le même périmètre, ce qui explique l'écart avec les 187 appareils annoncés par le gouverneur.
Malgré ces interceptions, les autorités locales signalent des dégâts au sol. Dans le district de Ramenskoïe, un homme de 83 ans est mort après la chute d'un drone sur le terrain d'une habitation. À Podolsk, trois personnes ont été blessées, notamment par des éclats, sans que leur pronostic vital soit engagé. Un incendie s'est déclaré dans un entrepôt de Wildberries — le principal distributeur en ligne russe — situé dans le parc industriel de Koledino : les employés ont été évacués vers un abri et aucun n'a été blessé, indique RT France. À Domodedovo, un entrepôt de médicaments a pris feu ; des habitations et la toiture d'un centre commercial ont été endommagées. Près de Podolsk, des débris ont coupé une ligne électrique, privant temporairement 110 maisons de courant. D'autres dégâts sont signalés à Tchekhov, Kachira, Voskressensk et Stoupino.
Des « éléments de fragmentation » selon un correspondant de guerre
Le site Vzgliad rapporte les propos du correspondant de guerre russe Alexandre Kots, publiés sur Max — la messagerie russe utilisée par les administrations et les rédactions du pays. Selon lui, une partie des drones envoyés vers Moscou emportait une charge à sous-munitions : l'un d'eux se serait écrasé contre un arbre sur la chaussée de Varsovie, dispersant des billes métalliques qu'il décrit comme des « éléments de destruction, si l'on parle le langage des procès-verbaux ». Toujours selon Kots, ce type de munition ne vise pas les installations industrielles mais les personnes ; il affirme que les chirurgiens de Podolsk ont extrait d'un blessé des éclats caractéristiques de ces charges, et que des éléments similaires avaient été retrouvés dans la région de Moscou au printemps et dans la région de Tambov en juillet. Cette description émane d'un journaliste russe et n'est étayée, dans les dépêches disponibles, par aucune expertise indépendante.
Sébastopol : deux alertes avant l'aube
Sébastopol, principal port de la Crimée et base de la flotte russe de la mer Noire, a de son côté connu deux alertes aériennes dans la nuit, écrit Rossiïskaïa Gazeta. Le journal fait état de 27 drones abattus au-dessus de la ville en vingt-quatre heures et de cinq départs de feu dans une forêt classée en zone protégée. La péninsule, annexée par la Russie en 2014, est administrée par Moscou mais son rattachement n'est pas reconnu par l'Ukraine ni par la plupart des États occidentaux.
Rostov et Belgorod : le bilan humain le plus lourd
C'est dans la région de Rostov, frontalière de l'Ukraine, que le bilan annoncé est le plus élevé. Le gouverneur Iouri Slioussar a fait état de cinq morts : deux corps supplémentaires ont été retrouvés sous les décombres à Kamensk-Chakhtinski, après un premier bilan de trois morts et un blessé. Plusieurs bâtiments civils, dont la gare de Kamensk, ont été endommagés, et un incendie déclaré dans une entreprise avicole a été maîtrisé, selon RT France. Dans la région de Belgorod, un autobus transportant les employés d'une entreprise a été touché : une femme a été tuée et neuf personnes blessées, dont une grièvement.
À l'échelle de la journée entière — période plus large que la seule nuit du 15 au 16 août —, le ministère russe de la Défense annonce la destruction de 1 478 drones ukrainiens, de neuf missiles de croisière Flamingo, de 14 bombes aériennes guidées et d'un projectile HIMARS. Le même ministère affirme, dans un communiqué relayé par Vzgliad, avoir frappé à Kiev des sites de production de composants pour ces missiles Flamingo.
Ce qui reste invérifiable
L'ensemble des chiffres cités ici provient du ministère russe de la Défense, de gouverneurs régionaux ou de médias russes. Aucune source ukrainienne ni aucune vérification indépendante ne figure dans les dépêches disponibles : ni le nombre de drones lancés, ni celui des appareils interceptés, ni les bilans humains ne peuvent être confirmés à ce stade. Les décomptes officiels russes ne précisent pas non plus la part des drones abattus par tir et celle des appareils neutralisés par brouillage électronique. Enfin, l'affirmation selon laquelle certains drones emportaient des charges à sous-munitions repose sur le seul témoignage d'un correspondant de guerre russe.
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