362 drones interceptés en une nuit, frappes russes sur les ports du Danube
Le ministère russe de la Défense fait état de 362 drones ukrainiens détruits entre mercredi soir et jeudi matin au-dessus de dix-neuf régions et de deux mers. Dans le même temps, des drones russes ont visé les ports de Reni et d'Izmaïl, sur le Danube, présentés comme des points d'appui de la marine ukrainienne.

La nuit du 12 au 13 août aura été l'une des plus chargées de ces dernières semaines pour la défense antiaérienne russe. Entre 20 heures mercredi et 8 heures jeudi, heure de Moscou, les moyens de garde ont « intercepté et détruit 362 drones de type avion », indique le ministère russe de la Défense dans son communiqué du matin, repris par Interfax et par le quotidien économique Vedomosti.
Le chiffre s'inscrit dans une série. La nuit précédente, la défense antiaérienne russe avait annoncé 502 drones abattus ; au cours de la seule journée du 12 août, 147 autres. En trois relevés successifs, plus d'un millier d'appareils, selon les décomptes du ministère.
Dix-neuf régions et deux mers
La liste des zones survolées dessine une géographie qui déborde largement la ligne de contact. Le ministère cite les régions de Belgorod, Briansk, Voronej, Kalouga, Koursk, Orenbourg, Orel, Penza, Rostov, Riazan, Samara, Toula et Oulianovsk, la région de Moscou, le Bachkortostan, la Crimée, le Tatarstan et le kraï de Krasnodar, ainsi que les eaux de la mer d'Azov et de la mer Noire.
Deux de ces noms méritent qu'on s'y arrête. Orenbourg et le Bachkortostan se situent à plus de mille kilomètres de la frontière ukrainienne, aux portes de l'Oural. Leur présence dans un relevé quotidien de défense antiaérienne dit assez la portée qu'ont atteinte les appareils employés.
Les conséquences au sol ont été signalées localement. Le chef du Bachkortostan, Radi Khabirov, a fait état de débris tombés sur une zone industrielle, provoquant un incendie. Au Tatarstan, l'agence TASS rapporte que le nombre de personnes hospitalisées après une attaque de drone sur Nijnekamsk est monté à vingt-sept.
Des combats de drone à drone dans le sud
Au-delà du décompte, le communiqué détaille un épisode de combat entre appareils sans pilote. Les unités de systèmes sans pilote de la 49ᵉ armée interarmes du groupement « Dniepr » interviennent, écrit le ministère, sur la direction de Kakhovka, dans la région de Kherson, pour contrer les moyens de reconnaissance et de frappe ukrainiens.
Selon ce même texte, une tentative de reconnaissance aérienne du front, qui devait être suivie d'une frappe, a été enrayée par des drones intercepteurs FPV — des appareils pilotés en vue subjective, très manœuvrants, employés ici comme chasseurs. Plus d'une dizaine d'appareils ukrainiens auraient été détruits au cours de ces engagements, parmi lesquels un leurre baptisé « Maïa », destiné à saturer la défense antiaérienne russe, et des drones d'attaque « Hornet ».
Sur le Danube, à portée de vue de la Roumanie
Le même communiqué annonce des frappes russes menées dans la nuit par drones d'attaque contre deux ports ukrainiens du Danube. À Reni, la cible désignée est « un poste de commandement des forces navales ukrainiennes ». À Izmaïl, « un point de déploiement temporaire d'une unité des forces armées ukrainiennes » ainsi que « des installations portuaires utilisées pour le déchargement et le stockage de cargaisons militaires ».
Les deux ports sont situés sur la rive gauche du Danube, dans la région d'Odessa. Le fleuve y sert de frontière avec la Roumanie : Reni fait face au territoire roumain, et Izmaïl n'en est éloigné que de quelques kilomètres. Cette proximité éclaire un fait rapporté le même jour par Vedomosti — la Roumanie a fait décoller des avions de chasse en raison de la présence de drones.
Ces frappes prolongent une campagne visant les infrastructures portuaires ukrainiennes. La veille, le 12 août, le ministère russe de la Défense avait annoncé des frappes sur les ports d'Odessa, de Tchornomorsk et d'Otchakiv, ainsi que sur un dépôt de carburants et lubrifiants à Odessa.
Ce que ce relevé dit, et ce qu'il ne dit pas
Les chiffres présentés ici sont ceux du ministère russe de la Défense. Ils portent sur les appareils interceptés, non sur ceux qui ont atteint leur objectif — une distinction que les communiqués quotidiens ne détaillent jamais, et que les bilans locaux, incendies et hospitalisations, viennent seuls éclairer par la marge.
De même, les frappes sur Reni et Izmaïl sont décrites par celui qui les a menées. Kiev n'avait pas communiqué de bilan au moment où ces dépêches ont été diffusées.