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Défense

La Défense russe annonce 205 drones ukrainiens abattus en une nuit

Le ministère russe de la Défense a annoncé le 17 août au matin l'interception de 205 drones ukrainiens de type avion au cours de la nuit écoulée, au-dessus de huit régions russes, de la Crimée et des mers d'Azov et Noire. L'agence Interfax a repris le communiqué dans les mêmes termes. RIA Novosti fait par ailleurs état de plus de dix drones de reconnaissance ukrainiens abattus au cours de la semaine.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustrationVitaly V. Kuzmin — CC BY-SA 4.0

Le ministère russe de la Défense a publié le 17 août au matin un communiqué faisant état de l'interception, « au cours de la nuit écoulée », de 205 drones ukrainiens de type avion. Selon le ministère, ces appareils ont été « interceptés et détruits par les moyens de la défense antiaérienne en service de permanence ». La formule est celle qui revient chaque matin dans les communiqués russes : elle désigne les unités de garde chargées de couvrir en continu l'espace aérien du pays, par opposition aux moyens engagés dans une opération planifiée à l'avance.

L'agence Interfax a repris l'information depuis Moscou le même matin, avec le même chiffre et la même liste de régions. Ce bilan émane du seul ministère russe de la Défense et n'est pas confirmé de source indépendante.

D'Astrakhan à Kalouga, huit régions et deux mers

La liste des territoires survolés, telle que la donne le ministère, dessine un arc qui court du sud-est de la Russie européenne jusqu'aux abords de Moscou. Trois des régions citées — Belgorod, Briansk et Koursk — sont directement frontalières de l'Ukraine et figurent depuis le début du conflit parmi les plus exposées ; ce sont elles que les communiqués russes mentionnent le plus souvent.

Les autres se situent plus en profondeur. La région de Voronej prolonge vers l'est la zone frontalière. Celle de Rostov, sur la mer d'Azov, jouxte le Donbass. La région de Volgograd, traversée par la Volga, se trouve à plusieurs centaines de kilomètres de la frontière ; celle d'Astrakhan, plus au sud-est encore, s'étend sur le delta de la Volga jusqu'à la mer Caspienne, à l'écart de tous les fronts. La région de Kalouga, enfin, est située au sud-ouest de Moscou : c'est le point le plus septentrional de la liste, et le plus proche de la capitale.

Le ministère cite également la République de Crimée — la péninsule que la Russie considère comme l'une de ses régions depuis son rattachement de 2014, que ni l'Ukraine ni les pays occidentaux ne reconnaissent — ainsi que les espaces maritimes des mers d'Azov et Noire. Les interceptions au-dessus de la mer, dans la comptabilité russe, sont attribuées aux moyens de la Flotte de la mer Noire et aux batteries déployées sur le littoral.

Ce que recouvre l'expression « de type avion »

Le communiqué ne parle pas de drones en général, mais de drones « de type avion » (samoliotnovo tipa). La précision compte. Les communiqués russes distinguent en effet plusieurs catégories d'appareils, et celle-ci désigne les engins à voilure fixe — un fuselage, des ailes, une hélice — par opposition aux multirotors qui dominent les combats de première ligne et aux drones filoguidés.

Ces appareils à voilure fixe sont ceux qui permettent les frappes en profondeur : leur autonomie se compte en centaines, parfois en plus d'un millier de kilomètres. C'est la catégorie qui explique la présence, dans la liste du ministère, de régions comme Kalouga, Volgograd ou Astrakhan, hors de portée d'un drone de courte allure. Le ministère ne précise pas quels objectifs étaient visés, ni les modèles concernés.

Plus de dix drones de reconnaissance en une semaine

L'agence d'État RIA Novosti indique de son côté que les forces armées russes ont abattu plus de dix drones de reconnaissance ukrainiens au cours de la semaine écoulée. Ce décompte relève d'une autre catégorie que celle du communiqué nocturne : les drones de reconnaissance ne transportent pas de charge militaire, mais des capteurs optiques ou électroniques destinés à repérer les positions adverses et à guider les tirs d'artillerie. Ils volent généralement plus haut et plus longtemps, et leur perte se compte en unités là où celle des drones d'attaque se compte en dizaines ou en centaines.

La différence d'échelle entre les deux chiffres — plus de dix appareils de reconnaissance en sept jours, 205 engins d'attaque en une nuit — tient donc à la nature des appareils et non à une contradiction entre les deux bilans.

Une comptabilité quotidienne

Le ministère russe de la Défense publie ce type de bilan chaque matin, généralement avant six heures, heure de Moscou. Le communiqué du 17 août se clôt sur un renvoi au canal officiel du ministère sur MAX, la messagerie développée en Russie et poussée par les autorités comme plateforme nationale, où l'institution diffuse ses communications sous le mot d'ordre « le travail de combat 24 h/24 ».

Ces bilans quotidiens constituent, côté russe, la principale source publique sur l'activité aérienne au-dessus du territoire. Ils indiquent le nombre d'appareils détruits et les régions concernées, sans mentionner les appareils qui auraient atteint leur cible.

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