Cuba : Washington dit envisager « toutes les options, y compris militaires »
Le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, s'exprimant depuis Panama, a déclaré que toutes les options restaient sur la table à l'égard de La Havane. La déclaration tombe le jour même où la diplomatie russe célèbre le centenaire de la naissance de Fidel Castro.

L'administration américaine examine actuellement toutes les options concernant Cuba, y compris une action militaire. La déclaration est de Pete Hegseth, secrétaire américain à la Guerre, qui s'exprimait devant des journalistes à Panama ; elle est rapportée par l'agence TASS.
« Toutes les options sont sur la table, y compris les options militaires », a-t-il répondu à une question sur l'éventualité d'une action armée américaine contre la république caribéenne. Et d'ajouter : « Je pense que Cuba serait avisée de prêter attention à la volonté du président Trump d'affirmer les prérogatives stratégiques américaines. » Les États-Unis disposent, selon lui, de « beaucoup d'options ».
Une escalade déclaratoire étalée sur six mois
La dépêche de TASS replace ces propos dans une chronologie qu'il vaut la peine de dérouler, parce qu'elle donne la mesure d'un glissement progressif.
Le 27 février, la Maison-Blanche déclarait que les États-Unis pourraient prendre le contrôle de Cuba. Le 5 mars, Donald Trump annonçait que Washington définirait la suite de sa conduite à l'égard de l'île une fois achevée l'opération contre l'Iran. Le 18 mai, le site Politico rapportait que le gouvernement américain penchait de plus en plus vers l'emploi de la force militaire contre Cuba. En juin, dans un entretien accordé à Axios, le président américain évoquait la possibilité d'une opération de changement de régime.
Les propos de Panama ne constituent donc pas une rupture, mais un cran supplémentaire — cette fois de la bouche du responsable de l'appareil militaire, et non plus du président ou de la presse.
Le même jour, à Moscou : le centenaire de Fidel Castro
La coïncidence des calendriers ne relève pas du hasard éditorial : c'est aujourd'hui que l'on célèbre le centenaire de la naissance du dirigeant de la révolution cubaine, et le ministère russe des Affaires étrangères a publié à cette occasion un texte qui éclaire la lecture russe de la relation entre Washington et La Havane.
Fidel Castro y est présenté comme « une figure légendaire, sans laquelle il est impossible d'imaginer l'histoire du XXᵉ siècle ». Ayant renversé en 1959 le régime dictatorial pro-américain, écrit la diplomatie russe, « le Comandante et ses compagnons ont bâti le premier État socialiste de l'hémisphère occidental ».
Le texte est explicite sur ce qui a suivi : le blocus économique de l'île, « immédiatement consécutif », y est qualifié de « manifestation des approches néocoloniales des États-Unis dans la région latino-américaine ». Dans le contexte de la guerre froide, poursuit-il, la sortie de Cuba de l'influence américaine a constitué « un défi géopolitique sérieux pour les États-Unis et, dans le même temps, un exemple inspirant pour les mouvements de gauche du monde entier ». Le mot d'ordre proclamé par Fidel, « la patrie ou la mort », y est décrit comme devenu « un symbole de la lutte pour l'indépendance dans le monde entier ».
Le communiqué rappelle enfin que des centaines de tentatives d'assassinat ont visé le dirigeant cubain depuis son arrivée au pouvoir, et qu'il a « survécu à la plupart de ses adversaires ».
Deux dépêches, une même journée
Rien ne relie formellement l'hommage de Moscou et la déclaration de Panama : l'un est un anniversaire fixé de longue date, l'autre une réponse à une question de journaliste. Mais leur simultanéité dessine assez bien la position russe sur le dossier cubain — une continuité revendiquée avec l'allié historique, et une lecture des intentions américaines qui ne date pas de cette semaine.
Aucune réaction officielle russe aux propos de Pete Hegseth n'avait été publiée au moment où ces dépêches ont été diffusées.