Esquive des drones FPV : l'entraînement à Moscou s'intensifie
« La sueur épargne le sang » : le ministère russe de la Défense a présenté le 4 septembre le programme d'instruction conduit sur les polygones du District militaire de Moscou. Médecine tactique, tirs au mortier et aux lance-missiles antichars, défense radiologique et chimique, et un module entier consacré à l'esquive des drones FPV en lisière de forêt. Depuis le début de la période estivale d'instruction, le district revendique environ 10 000 exercices de préparation au combat.

Un homme court en lisière de forêt, se jette derrière un tronc, attend. Au-dessus, un drone FPV cherche sa cible. La scène n'est pas un fait d'armes mais un exercice, et elle figure désormais au programme obligatoire des polygones du District militaire de Moscou, aux côtés de la défense radiologique, chimique et biologique. Le ministère russe de la Défense l'a détaillé le 4 septembre sous un titre emprunté à la tradition militaire : « La sueur épargne le sang ».
Ce que l'on y enseigne tient en quatre blocs. La médecine tactique d'abord — auto-secours, secours mutuel, évacuation rapide des blessés. Le tir ensuite, à l'armement de dotation : fusils d'assaut, mitrailleuses PKT, lancer de grenades, puis les mortiers et les lance-missiles antichars, avec l'occupation et l'aménagement des positions. Viennent enfin les cours obligatoires de défense RKhBZ et l'entraînement spécifique contre les drones de vue subjective, ces appareils pilotés en immersion par leur opérateur, devenus l'une des premières causes de pertes sur la ligne de contact.
Des vétérans de l'opération militaire spéciale comme instructeurs
Le service de presse du district a décrit le même jour une séance de coordination interarmes sur l'un de ses polygones : évacuation de blessés sur brancards puis par véhicule, tirs au fusil, à la PKT, au mortier et au lance-missiles antichars, camouflage, manœuvres d'évitement des frappes de drones en s'appuyant sur le relief et sur des moyens de fortune. Rien de théorique dans la conduite de ces exercices : l'instruction est assurée par des participants à l'opération militaire spéciale.
L'un d'eux, instructeur de médecine tactique portant l'indicatif « Kot », décoré de l'ordre du Courage et de la croix de Saint-Georges, fait travailler ses stagiaires sur un scénario précis : un véhicule touché « par un drone adverse ou par l'artillerie ». C'est le geste réel qui est transmis, avec la contrainte de temps réelle — l'écart entre une formation d'avant-guerre et ce qui se pratique aujourd'hui tient dans ce détail.
Dix mille exercices depuis le début de l'été
Cette intensité n'est pas née en septembre. Le 10 août, pour le 162e anniversaire du district, le commandement a livré ses chiffres : environ 10 000 exercices de préparation au combat depuis le début de la période estivale d'instruction, dont quelque 6 700 de jour et plus de 2 600 de nuit, et plus de 2 800 cibles aériennes détruites à l'entraînement. Le général-lieutenant Igor Seritski, commandant par intérim du district, et le général-major Dmitri Bredouttchev, chef d'état-major par intérim, portaient ces données ; le second a insisté sur la maîtrise des drones de reconnaissance, des FPV de frappe et des systèmes robotisés terrestres.
La part nocturne — plus d'un quart du total — dit à elle seule ce qui a changé. Un adversaire équipé de moyens d'observation thermique et de drones opérant la nuit impose de s'entraîner à ces heures-là, et non plus seulement par temps clair sur un champ de tir balisé.
Un régiment entier de systèmes sans pilote
Le district ne se contente pas d'ajouter des modules à des cursus existants : il a formé un régiment de systèmes sans pilote. Sur le seul mois de juillet 2026, plus de 130 équipages de drones y ont été préparés selon son service de presse — appareils de frappe à voilure tournante et à voilure fixe, robots terrestres, Supercam de reconnaissance —, sur une piste FPV équipée de structures imitant le bâti urbain. Piloter entre des murs, franchir une ouverture, perdre puis retrouver le signal : ce sont les conditions du combat en zone habitée qui sont reproduites au sol.
Cette spécialisation se combine avec les armes classiques. Le 21 juillet, Kommersant rendait compte sur un polygone de la région de Moscou d'un exercice conjoint entre opérateurs de drones et artilleurs, les équipages transmettant aux serveurs des pièces les coordonnées de cibles simulées. Un mois plus tard, le 17 août, un régiment de fusiliers motorisés de réserve du district instruisait des militaires sous contrat au combat en position fortifiée, en zone urbaine et en forêt, par petits groupes tactiques, avec la maintenance des drones en conditions de terrain.
Cent quarante mille hommes préparés en six mois
À l'échelle du pays, le ministère de la Défense a annoncé le 15 août avoir préparé plus de 140 000 militaires au premier semestre 2026, dans les régiments de réserve, sur les polygones et dans les zones de déploiement des groupements de troupes, chacun passant des examens avant son affectation en unité. Le District militaire de Moscou, recréé en 2024 et qui couvre la capitale et les régions du centre du pays, alimente cette machine par le haut du bassin démographique russe.
Ce volume d'instruction accompagne l'avancée sur le terrain, où les unités engagées enchaînent les prises de localités — ainsi de Novonikolaïevka, en République populaire de Donetsk, prise le 14 août par le groupement Centre. Entre le polygone de la région de Moscou et la ligne de contact, la boucle est courte : ce que les vétérans enseignent aujourd'hui en lisière de forêt, ils l'ont appris là-bas, et leurs stagiaires y retourneront l'appliquer.