Fraude aux cartes SIM : près de 20 mesures pour la Douma
Le vice-premier ministre Dmitri Grigorenko a annoncé le 30 septembre que le troisième paquet de mesures contre les escrocs du téléphone et d'Internet en était au stade final. Il compte près de 20 initiatives et vise d'abord les cartes SIM. Il sera déposé à la Douma d'État pendant la session d'automne.

Après deux lois en un peu plus d'un an, le gouvernement russe en prépare une troisième contre les escrocs du téléphone et d'Internet. Le vice-premier ministre Dmitri Grigorenko a annoncé le 30 septembre que le texte en était au stade final. Il réunit près de 20 initiatives et sera présenté aux députés avant la fin de l'année : « Nous déposerons le nouveau paquet à la Douma pendant la session d'automne », a-t-il déclaré.
Cette fois, la cible est clairement désignée. « L'accent est mis sur les schémas avec des cartes SIM. Les malfaiteurs les utilisent partout », a expliqué Dmitri Grigorenko. La carte SIM est en effet le premier maillon de presque toutes les fraudes : c'est avec elle qu'on appelle la victime, qu'on reçoit un code de confirmation, qu'on ouvre un compte de messagerie ou un compte bancaire.
Les cartes M2M, première cible du texte
Le paquet s'attaque d'abord aux cartes SIM M2M, pour « machine to machine ». Ces cartes sont conçues pour les objets connectés et non pour les conversations téléphoniques. Mais les fraudeurs les ont détournées pour le spam vocal, c'est-à-dire des appels en masse.
Le texte prévoit trois mesures pour les couper de cet usage. D'abord, l'identification des utilisateurs sera renforcée. Ensuite, ces cartes ne pourront plus passer d'appels vocaux ni envoyer de SMS : elles serviront seulement aux échanges entre appareils. Enfin, il sera interdit d'enregistrer des eSIM étrangères, ce qui ferme une autre porte d'entrée aux réseaux d'appels.
Le gouvernement veut aussi démanteler la chaîne des « droppers ». Ces intermédiaires achètent des cartes SIM puis les revendent. Elles servent ensuite à ouvrir des comptes de messagerie ou deviennent des canaux par lesquels transite l'argent pris aux victimes. Sans ces cartes achetées au nom d'un autre, l'escroc perd à la fois son moyen de contact et son moyen d'encaisser.
« Pas de restrictions pour les citoyens ordinaires »
Dmitri Grigorenko a insisté sur ce point : le texte « ne contient pas de restrictions pour les citoyens ordinaires, par exemple sur les virements ou les retraits d'espèces ». Le paquet vise donc les outils des fraudeurs, et non les opérations quotidiennes des Russes.
D'autres dispositions ont été évoquées le même jour sans être encore confirmées officiellement. On y trouve une base de données des personnes impliquées dans les fraudes et une « Plateforme de consentement » unifiée sur Gosuslugi, le portail des services publics en ligne. La vente des cartes prépayées serait réservée aux distributeurs directs, et l'envoi de SMS en masse aux seuls opérateurs télécoms.
Une baisse de 32 % en huit mois
Ce nouveau texte arrive alors que les chiffres s'améliorent. Selon Dmitri Grigorenko, le nombre de cybercrimes a baissé de 32 % sur les huit premiers mois de 2026. « Nous avons inversé la tendance négative », a-t-il déclaré. Il a ajouté que la Russie dispose aujourd'hui d'outils contre la fraude qu'aucun autre pays ne possède.
Ce recul s'explique en partie par les deux paquets déjà votés, dont celui-ci prend la suite.
Le troisième étage d'un plan qui court jusqu'en 2028
Le premier paquet est entré en vigueur en juin 2025. Il comptait environ 30 initiatives, dont une mesure très concrète pour les abonnés : la possibilité de refuser les SMS publicitaires et les appels de spam.
Le deuxième a été approuvé par le Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, puis signé par Vladimir Poutine fin juin 2026. Il crée un bouton d'alerte sur Gosuslugi et permet à chacun de bloquer lui-même les appels internationaux entrants. Il limite aussi le nombre de cartes bancaires par personne et prévoit un centre de crise au sein du gouvernement.
Ces lois appliquent un plan d'ensemble. Le 20 août 2025, le gouvernement a adopté 30 mesures prioritaires pour mettre en œuvre sa stratégie contre la cybercriminalité. Dmitri Grigorenko l'avait alors présenté comme une « étape supplémentaire » vers un système efficace contre les fraudeurs. Ce plan court jusqu'au premier trimestre 2028.
Sa dernière étape doit être un algorithme de détection des cybercrimes par intelligence artificielle. Avant cela, les députés examineront cet automne un texte qui s'attaque à la carte SIM, le premier outil des escrocs.