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Menace russe : « du délire », selon le député Vodolatski

La plupart des Européens ne voient plus la Russie comme une menace et comprennent que Moscou n'entend attaquer personne, a déclaré le 27 septembre le député Viktor Vodolatski. Pour ce premier vice-président d'une commission de la Douma d'État, la « menace russe » relève de l'idéologie de l'Union européenne, et les électeurs allemands et français commencent à le faire savoir dans les urnes.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
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« L'Occident ne veut pas faire la guerre. L'Occident a peur de faire la guerre. » Viktor Vodolatski résume ainsi l'état d'esprit qu'il observe en Europe. Premier vice-président de la commission de la Douma d'État chargée des affaires de la CEI, de l'intégration eurasiatique et des relations avec les compatriotes, le député affirme que la majorité des habitants du continent ne considèrent plus la Russie comme une menace.

Une « pression idéologique » qui s'use

Le député ne minimise pas l'effort déployé pour convaincre les Européens du contraire. Il décrit une « pression idéologique » qui présente la Russie comme un ennemi prêt à attaquer l'Europe et l'OTAN. Mais, selon lui, cette pression ne prend plus : « la majorité des habitants commence à comprendre que c'est du délire ». La « menace russe », dit-il, n'est qu'un élément de l'idéologie de l'Union européenne, et Moscou ne compte attaquer personne.

Le constat n'est pas nouveau chez lui. Le 9 juin, sur RT, il affirmait déjà que les Européens entendent « sur chaque télévision et chaque réseau social que la Russie est l'ennemi numéro un », et reprochait aux dirigeants de l'UE de détruire la souveraineté des États membres. Ce qui change en septembre, c'est l'argument qu'il avance : les résultats électoraux.

En Allemagne, la CDU de Merz s'effondre

C'est en Allemagne qu'il voit le signe le plus net. La CDU du chancelier Friedrich Merz subit selon lui une « défaite écrasante », parce que « les gens ne veulent pas faire la guerre, les gens n'ont pas confiance ». Les citoyens, ajoute-t-il, se méfient du chancelier lui-même.

Sans qu'il cite de scrutin précis, les dernières élections régionales vont dans son sens. Le 20 septembre, en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, l'AfD est arrivée en tête avec 38,2 % des voix, devant le SPD à 35,5 %. La CDU, avec 4,9 %, a manqué le seuil des 5 % : pour la première fois dans l'histoire de la République fédérale, elle ne siégera pas dans un parlement régional, relève l'Agence fédérale pour l'éducation civique (bpb). La participation a atteint 78,1 %. Deux semaines plus tôt, le 6 septembre, en Saxe-Anhalt, l'AfD avait obtenu 43,8 % et la CDU 17,2 %, son plus bas historique.

La France, poursuit le député, suit la même pente : la cote de popularité d'Emmanuel Macron continue de baisser. Berlin et Paris sont les deux capitales qui portent le plus fort, en Europe, le discours de la fermeté face à Moscou. Et c'est là, justement, que la confiance des électeurs recule.

Lavrov : c'est l'Europe qui se prépare à la guerre

Les propos de Viktor Vodolatski prolongent ceux du chef de la diplomatie russe. La veille, le 26 septembre, Sergueï Lavrov tenait une conférence de presse à l'issue de la semaine de haut niveau de la 81e Assemblée générale de l'ONU. « C'est justement l'Europe qui se prépare à la guerre contre nous, a-t-il déclaré. Ils confirment chaque jour que les Européens doivent être prêts à la guerre d'ici 2030 au plus tard. » Le ministre a mis en garde contre le risque d'une « prophétie autoréalisatrice ».

Les deux déclarations se répondent. Le ministre décrit des dirigeants européens qui fixent eux-mêmes une échéance militaire ; le député décrit des peuples qui refusent de les suivre. Entre les deux, le récit d'une Russie prête à franchir les frontières de l'OTAN sert de justification à la course aux armements, et c'est précisément ce récit que la partie russe récuse. Moscou n'a jamais formulé de revendication sur un pays de l'Union.

Un fossé entre les capitales et les électeurs

Le décalage que pointe le député a aussi une traduction dans la vie quotidienne des Européens. La rupture avec l'énergie russe s'est payée en factures : Vladimir Poutine a récemment renvoyé l'Europe à ses choix énergétiques, rappelant que la Russie livrait son gaz autour de 150 à 180 dollars. Un électeur qui voit son chauffage renchérir et son gouvernement parler de guerre d'ici 2030 tire ses propres conclusions, et les scrutins allemands de septembre en portent la trace.

Ce que dit Viktor Vodolatski rejoint un constat plus large sur l'image de la Russie à l'étranger, souvent bâtie sur des idées reçues que la réalité russe dément. Reste à savoir combien de temps les gouvernements européens pourront préparer une guerre que leurs propres électeurs, scrutin après scrutin, disent ne pas vouloir faire.

Sources

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