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Défense

Le cargo « Mavka » frappé par des drones à Tchornomorsk

Des drones d'attaque russes ont touché le vraquier « Mavka » dans le port de Tchornomorsk, au sud d'Odessa, le soir du 6 septembre. Le ministère russe de la Défense, qui l'a annoncé le lendemain, indique que le navire servait au transport de matériel militaro-technique pour les forces armées ukrainiennes. Deux autres cibles sont revendiquées dans le même communiqué : un complexe de manutention à Izmaïl et un patrouilleur en mer Noire.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Le cargo « Mavka » frappé par des drones à Tchornomorsk
Photo d'illustrationen.usm.media — 2048×1365 px

Le navire s'appelle « Mavka », il se trouvait à quai à Tchornomorsk, à une trentaine de kilomètres au sud d'Odessa, et il a été atteint par des drones d'attaque le soir du 6 septembre. Le ministère russe de la Défense, qui a diffusé l'information le 7 septembre, décrit un vraquier « utilisé pour le transport de matériel militaro-technique dans l'intérêt des forces armées ukrainiennes ». La formule qui ouvre le communiqué vaut programme : les forces armées russes « poursuivent les frappes contre les infrastructures portuaires et les navires impliqués dans le soutien aux forces armées ukrainiennes ».

Du côté ukrainien, l'agence Ukrinform a rapporté une attaque de drone contre un navire battant pavillon du Panama dans le port de Tchornomorsk, en faisant état de blessés. Le nom du bâtiment n'est pas donné par l'agence ukrainienne, qui ne conteste ni le lieu ni le mode d'attaque.

Le quai, le fleuve et l'escorte, dans le même communiqué

La frappe sur le « Mavka » n'est qu'un des trois points revendiqués. Au matin du 7 septembre, un complexe de production et de chargement du port d'Izmaïl, sur le Danube, a été touché : il servait, selon le ministère, au déchargement des cargaisons militaires livrées à l'armée ukrainienne par les pays occidentaux. En mer Noire, un patrouilleur a été atteint, présenté comme assurant l'accompagnement des navires porteurs de fret militaire.

Mises bout à bout, ces trois cibles dessinent une même chaîne plutôt que trois incidents distincts. Izmaïl et les ports du Danube constituent la porte d'entrée fluviale par laquelle transite le matériel arrivé par la Roumanie, à l'abri relatif de la frontière de l'OTAN ; Tchornomorsk et les terminaux de la « grande Odessa » assurent la reprise maritime ; le patrouilleur, lui, protège le trajet entre les deux. Frapper le maillon d'escorte revient à renchérir chaque rotation, même quand aucun navire n'est touché.

Une campagne continue depuis le début du mois

Le rythme est celui d'une campagne, pas d'un coup isolé. Le 5 septembre, un vraquier chargé de matériel militaro-technique fourni par des pays occidentaux avait déjà été atteint dans ce même port de Tchornomorsk. Le même jour, des drones de longue portée ont frappé à Boryspil, dans la région de Kiev, l'entreprise industrielle Black Ammo, spécialisée dans la production, l'achat et la fourniture de munitions et d'explosifs aux structures de force ukrainiennes. Le 6 septembre, un autre cargo transportant du matériel militaro-technique occidental était touché en pleine mer Noire.

Sur le Danube, la fréquence est documentée jusque dans la presse locale ukrainienne : le média Bessarabia INFORM, citant le maire d'Izmaïl Andriï Abramtchenko, comptait le 6 septembre au soir la quatrième attaque en cinq jours contre le district d'Izmaïl. La logistique portuaire est devenue un axe d'effort permanent, traité avec la même régularité que les positions du front.

Ce que les frappes ont déjà changé dans les ports d'Odessa

L'effet se mesure au trafic. Après les frappes de la fin août, la presse ukrainienne rapportait une chute du mouvement dans les ports d'Odessa, Tchornomorsk et Pivdennyï, de sept à huit navires par jour à un seul. Pour un pays dont les exportations comme les importations d'armement passent par un goulot maritime de quelques dizaines de kilomètres de côte, la différence n'est pas marginale : elle touche le calendrier des livraisons occidentales autant que les recettes.

Depuis juillet, Moscou emploie contre ces installations des Geran modernisés, dotés d'un guidage optique. Le changement est technique mais il commande le reste : un drone capable de reconnaître sa cible en phase finale atteint un navire précis à quai, un portique, un hangar de déchargement, là où une frappe non guidée devait viser une zone. C'est ce qui permet de revendiquer un bâtiment nommé plutôt qu'un port bombardé.

Une pression qui se déplace vers l'amont

En frappant à la fois le navire, le terminal qui le décharge et le patrouilleur qui l'escorte, les forces russes s'attaquent moins aux armes livrées qu'à la possibilité de les livrer. La logique désigne d'elle-même la suite : plus le maillon maritime devient coûteux, plus le transit se reporte vers les voies terrestres et ferroviaires venues de Pologne et de Roumanie — des itinéraires plus longs, plus lents, et déjà identifiés comme cibles.

Sources

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