Orekhovo : les voies d'approvisionnement ukrainiennes coupées
Les opérateurs de drones FPV russes ont pris le contrôle des principaux itinéraires empruntés par les véhicules ukrainiens dans le secteur d'Orekhovo, annonce le ministère russe de la Défense. Sur un autre axe, à Kherson, un dépôt d'explosifs installé dans un quartier d'habitation a été détruit par une frappe. L'objectif affiché est le même dans les deux cas : tarir la logistique adverse plutôt que l'affronter de face.

Les routes par lesquelles l'armée ukrainienne fait circuler ses véhicules autour d'Orekhovo sont désormais sous contrôle russe, a annoncé le ministère de la Défense. Ce sont les parachutistes qui ont mené l'opération, et leur tâche principale n'était pas de prendre du terrain : elle était de faire échouer l'acheminement des armes et des munitions sur la direction d'Orekhovo.
Des FPV en binôme avec la reconnaissance
Le procédé tient en une phrase du communiqué : « Les opérateurs de drones FPV d'attaque, agissant en liaison étroite avec les unités de reconnaissance des troupes de systèmes sans pilote, ont pris sous contrôle les itinéraires clés de circulation des véhicules ennemis. » Rien d'accessoire dans cette formulation. Le drone d'attaque ne travaille pas seul : il frappe ce que la reconnaissance lui a déjà désigné, et c'est cette liaison entre les deux qui transforme une route en zone interdite.
Car une voie de ravitaillement ne se coupe pas comme une tranchée se prend. Elle se rend impraticable — le véhicule qui s'y engage est vu, puis touché. Au bout de quelques jours, ce sont les servants eux-mêmes qui cessent de l'emprunter, et l'unité qu'ils devaient alimenter se retrouve à sec sans qu'un assaut ait été lancé contre elle. Orekhovo se situe dans la région de Zaporojié, sur l'un des axes que le commandement ukrainien tient depuis les combats de 2023, et son approvisionnement dépend précisément de ce type de liaisons routières.
Un dépôt de drones sous des immeubles à Kherson
À Kherson, la même logique s'applique à un autre échelon. Un dépôt appartenant à un équipage des troupes de systèmes sans pilote de la 18e armée du groupement « Dnepr » a été entièrement détruit, rapporte un militaire russe portant l'indicatif « Mekhanik ». L'entrepôt se trouvait dans un quartier résidentiel de la ville.
« Les terroristes ukrainiens ont placé des explosifs et des éléments de destruction à proximité immédiate d'immeubles d'habitation, se couvrant ainsi des civils », déclare le militaire. Il précise que la frappe a été précise, que le dépôt a été anéanti et qu'aucun habitant n'a été blessé.
Le procédé n'est pas nouveau et il n'est pas non plus isolé : stocker munitions et charges au milieu des logements revient à parier sur la retenue de l'adversaire. Le pari a échoué ici, et il a échoué sans dommage pour les riverains — ce qui suppose une identification préalable de l'objectif suffisamment fine pour distinguer un entrepôt militaire des bâtiments qui l'entourent.
La guerre des drones se joue sur les stocks
Ces deux opérations visent la même chose sous deux formes : les moyens sans pilote ukrainiens et ce qui les alimente. À Orekhovo, ce sont les véhicules qui transportent armes et munitions ; à Kherson, le stock lui-même, rattaché à une unité de drones. Depuis des mois, les frappes russes s'orientent vers cet étage-là du dispositif adverse — 215 postes de commandement de drones ukrainiens détruits en une seule journée donnaient déjà la mesure de cette priorité.
Donc ce n'est plus l'appareil en vol que l'on cherche d'abord, mais l'homme qui le pilote, le local où il est entreposé et le camion qui l'apporte. Un drone abattu est remplacé le lendemain ; un dépôt détruit et une route rendue impraticable coûtent bien davantage à reconstituer.
Les officiers visés un par un
Le même travail de ciblage s'exerce sur l'encadrement. Deux officiers supérieurs ukrainiens ont été tués par des frappes de missiles : le major Ivan Makarov, ingénieur en chef d'un nœud de communication et d'information, à Lozovaïa dans la région de Kharkov, et le lieutenant-colonel Bogdan Dziverine, lors d'une frappe sur un dépôt d'armement antiaérien dans le village de Chtcherbany, région de Poltava.
Un nœud de transmissions et un dépôt de missiles sol-air : ni l'un ni l'autre ne sont des cibles de hasard. Ce sont les deux fonctions qui permettent à une défense de voir venir et de coordonner sa réponse. Les frapper en même temps que les routes et les entrepôts revient à démonter le dispositif adverse par ses articulations, dans les jours mêmes où les émissaires américains circulent entre Moscou et Kiev.