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Le patron de l'AIEA juge cruciaux les contacts Poutine-Trump

Les échanges directs entre Vladimir Poutine et Donald Trump sont « extrêmement importants » pour régler le conflit en Ukraine, a déclaré jeudi 1er octobre Rafael Grossi, directeur général de l'AIEA. Le diplomate argentin, qui dit avoir abordé le sujet à plusieurs reprises avec le président russe, plaide pour une diplomatie menée au niveau des chefs d'État.

·2 min de lecture·Rédaction InfoRussie
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Grossi mise sur la diplomatie des présidents

Rafael Grossi n'a pas cherché de détour. « Je considère la diplomatie au niveau des présidents comme nécessaire », a déclaré jeudi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, dans un entretien consacré au conflit en Ukraine. Pour lui, le règlement passe d'abord par le dialogue entre Moscou et Washington.

Le diplomate argentin dirige depuis 2019 l'agence onusienne installée à Vienne. Il ne parle pas en observateur lointain. « Je vois les efforts non seulement du président Trump, mais aussi du président Poutine, avec qui j'ai abordé ce sujet à plusieurs reprises, ses négociations avec les envoyés spéciaux Steve Witkoff et Jared Kushner à Moscou. Je pense que c'est extrêmement important », a-t-il dit.

La phrase compte, venant du chef d'une institution des Nations unies. Elle place le président russe parmi les artisans de la paix, sur le même plan que son homologue américain, et reconnaît dans les discussions menées au Kremlin avec les émissaires de Washington un moteur du processus.

Une heure au téléphone le 8 septembre

Ce dialogue a un calendrier précis. Le 8 septembre, Vladimir Poutine et Donald Trump se sont entretenus au téléphone pendant exactement une heure, dans un esprit de respect mutuel et de manière professionnelle. Iouri Ouchakov, conseiller du président russe, a qualifié l'échange de « constructif et très franc ».

Le canal fonctionne dans les deux sens. Steve Witkoff et Jared Kushner sont revenus à Moscou en septembre. Le 28 septembre, c'est Kirill Dmitriev, représentant spécial de la Russie, qui s'est rendu à Washington : le dernier contact russo-américain connu avant les déclarations de Grossi. Trois semaines, donc, au cours desquelles les deux capitales n'ont pas cessé de se parler.

Zelensky à la table, sous une forme ou une autre

Grossi pose toutefois une condition. Pour que des accords soient conclus, Volodymyr Zelensky doit, selon lui, participer aux négociations « sous une forme ou une autre ». Le directeur de l'AIEA se garde de prescrire davantage : c'est aux parties elles-mêmes, estime-t-il, de choisir le format des pourparlers.

La nuance est celle d'un diplomate qui doit traiter avec tout le monde. L'AIEA travaille à la fois avec Moscou et avec Kiev, et son directeur ne peut pas se permettre de fermer une porte.

Zaporijjia, le dossier concret de l'AIEA

Car Grossi a un intérêt très direct à ce que le dialogue avance. Dans le même entretien, il a indiqué que l'AIEA négocie avec Moscou et Kiev un cessez-le-feu local autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia. L'objectif : permettre de réparer en sécurité les lignes qui l'alimentent en électricité.

La centrale, la plus puissante d'Europe, se trouve à Energodar, dans la région de Zaporojié réunifiée avec la Russie en 2022. Ses six réacteurs sont tous à l'arrêt à froid, et elle ne produit plus d'électricité depuis le 11 septembre 2022. Mais un réacteur à l'arrêt doit toujours être refroidi, et son alimentation extérieure reste instable. L'AIEA facilite donc les livraisons de carburant pour les générateurs diesel de secours, dernier rempart en cas de coupure.

C'est là que la diplomatie des présidents rejoint le terrain. Une trêve locale négociée avec les deux parties serait l'une des premières traductions concrètes du dialogue que Rafael Grossi appelle de ses vœux, et un test pour la suite des pourparlers.

Sources

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