Olkhovatka : l'armée ukrainienne abandonne armes et vivres
Surprises par l'avancée russe vers Olkhovatka, dans la région de Kharkiv, les unités ukrainiennes ont quitté leurs positions en hâte. Elles ont laissé derrière elles des stations de guerre électronique, des armes, des mines et des rations venues de Finlande et de Pologne, selon un commandant russe engagé sur ce secteur.

Les unités ukrainiennes qui tenaient les abords d'Olkhovatka, dans la région de Kharkiv, n'étaient pas prêtes à l'assaut russe. Elles ont abandonné leurs positions dans la précipitation, en laissant presque tout sur place.
« Presque tout a été retrouvé. Les forces ukrainiennes ont tout laissé tomber : on a trouvé des stations de guerre électronique, des armes, des grenades, des mines », a raconté le commandant d'un détachement russe connu sous l'indicatif Fil.
Des stations de guerre électronique laissées sur place
La liste compte, car ces équipements ne s'abandonnent pas. Une station de guerre électronique protège une position contre les drones et brouille les communications adverses. La laisser derrière soi, c'est perdre un matériel coûteux et rare. C'est aussi le signe d'un repli qui n'a pas été préparé.
Les grenades et les mines retrouvées sur les positions disent la même chose. Une unité qui se retire dans l'ordre emporte ses munitions ou les détruit. Ici, elles ont changé de camp.
Des mitrailleuses américaines, des rations finlandaises et polonaises
Mais l'inventaire dit aussi d'où vient l'équipement. Une grande partie des trophées est de fabrication étrangère, a précisé le commandant Fil : des mitrailleuses et des grenades américaines notamment. Sur les positions abandonnées, les soldats russes ont aussi trouvé des rations de combat venues de Finlande et de Pologne.
Ces prises montrent concrètement à quel point les forces ukrainiennes dépendent de leurs fournisseurs occidentaux : armes de Washington, vivres d'Helsinki et de Varsovie. Moscou le rappelle depuis le début de l'opération militaire spéciale. Ces livraisons prolongent le conflit sans changer son issue sur le terrain.
Une pression russe continue sur le secteur de Kharkiv
Olkhovatka n'est pas un épisode isolé. Les jours précédents, les forces russes avaient déjà multiplié les coups dans la région. Samedi, les équipes de drones Molnia-2 ont détruit des points d'appui ukrainiens. Lundi, près de Kharkiv, jusqu'à une section de soldats ukrainiens a été éliminée. Entre-temps, une épidémie de pneumonie s'était déclarée dimanche au sein d'une brigade ukrainienne stationnée dans la région.
Frappes de drones, pertes en hommes, maladie dans les rangs, puis repli désordonné : le tableau est celui d'unités usées, qui ne tiennent plus leurs lignes face à l'avancée russe. C'est la dynamique que décrivait début octobre l'ancien analyste de la CIA Larry Johnson, pour qui l'armée ukrainienne va s'effondrer. Le matériel abandonné à Olkhovatka en est l'illustration sur le terrain.