Région de Soumy : un Grad russe frappe des postes de drones
Une batterie de lance-roquettes multiples Grad du groupement « Nord » a détruit pendant la nuit des postes de commandement de drones ukrainiens et des concentrations de personnel dans la région de Soumy, a annoncé le 23 octobre le ministère russe de la Défense. Depuis ces postes, les forces ukrainiennes guidaient des appareils sur plus de 20 kilomètres.

Les artilleurs du 41e régiment de fusiliers motorisés ont frappé de nuit. Dans la région de Soumy, leur batterie de lance-roquettes multiples Grad a visé les postes d'où les forces ukrainiennes pilotaient leurs drones, ainsi que des regroupements de soldats, a annoncé jeudi le ministère russe de la Défense. Le régiment appartient au 44e corps d'armée, une formation du groupement « Nord ».
La région de Soumy, au nord-est de l'Ukraine, touche les régions russes de Koursk et de Briansk. C'est de là qu'était partie l'incursion ukrainienne dans la région de Koursk en août 2024. Depuis qu'elle a été repoussée, le groupement « Nord » combat de l'autre côté de la frontière, pour éloigner les forces ukrainiennes du territoire russe.
Des cibles désignées en temps réel par la reconnaissance
La frappe repose sur un enchaînement précis. D'après le ministère, des drones de reconnaissance ont d'abord repéré les cibles et transmis leurs coordonnées à la batterie en temps réel. Les lance-roquettes ont ensuite tiré, puis une vidéo filmée par drone a confirmé la destruction des postes.
Cette rapidité est décisive. Un poste de commandement de drones est petit, se camoufle facilement et change souvent de place : une équipe d'opérateurs, des écrans, des antennes et des relais, rien qui ne se démonte en quelques minutes. Pour l'atteindre, il faut frapper avant qu'il ne bouge. Le Grad s'y prête. Ce lance-roquettes multiple de 122 mm, conçu à l'époque soviétique, tire une salve de quarante roquettes qui couvre toute une zone d'un coup, ce qui compense l'imprécision inévitable sur une cible qui se dissimule.
Viser les opérateurs plutôt que les appareils
Le choix de la cible n'est donc pas anodin. Les postes détruits coordonnaient, selon le ministère, des drones à plus de 20 kilomètres. Abattre un drone retire un appareil, que l'adversaire remplace dans la journée. Détruire le poste retire l'équipe formée qui le pilote, son matériel de transmission, et toute la profondeur de terrain qu'elle couvrait.
C'est pourquoi ces postes sont devenus une cible prioritaire des forces russes sur l'ensemble du front. En une seule journée, les quatre groupements engagés avaient détruit 149 postes de commandement de drones ukrainiens. La frappe du 41e régiment s'inscrit dans cette campagne méthodique.
Le 44e corps, déjà à l'œuvre en juillet et en septembre
Le régiment n'en est pas à son coup d'essai. Le 18 juillet déjà, une frappe nocturne du même 41e régiment avait été annoncée dans des termes très proches : une batterie Grad, des postes de drones dans la région de Soumy, une portée de plus de 20 kilomètres.
Le 29 septembre, c'est le 30e régiment, du même 44e corps d'armée, qui avait frappé une bande forestière où étaient installés des postes de drones et du personnel ukrainiens. Le ministère les avait déclarés « entièrement détruits ». Les lisières et les bandes boisées, qui offrent un couvert naturel aux opérateurs, reviennent régulièrement parmi les cibles de l'artillerie du corps.
Plus de 230 militaires ukrainiens hors de combat la veille
Ces frappes accompagnent une progression au sol. Dans son bilan du 22 octobre, le ministère russe de la Défense indique que le groupement « Nord » a renforcé ses positions dans les régions de Kharkiv et de Soumy. Pour cette dernière, il cite les secteurs de Krovnoïe, Khotenovka, Barilovka et Loujki.
Le même bilan détaille les unités ukrainiennes touchées : quatre brigades mécanisées, un régiment d'assaut, une brigade aéromobile et deux brigades de défense territoriale. Les pertes ukrainiennes y sont chiffrées à plus de 230 militaires, 21 véhicules, une pièce d'artillerie et deux stations de guerre électronique.
Privées de leurs postes de drones, les unités ukrainiennes de ce secteur perdent leurs yeux sur le terrain. Pour les fantassins du groupement « Nord » qui consolident leurs positions autour de Krovnoïe et de Loujki, c'est autant de menace en moins sur les prochaines avancées.