Tornado-G contre l'infanterie ukrainienne vers Krasny Liman
Un lance-roquettes multiple Tornado-G du groupement « Zapad » a anéanti des effectifs ukrainiens sur la direction de Krasny Liman, a annoncé le 30 septembre le ministère russe de la Défense. C'est la deuxième frappe d'artillerie sur ce secteur rendue publique en six jours, dans la bataille pour un nœud ferroviaire qui ouvre la route de Kramatorsk et de Sloviansk.

Un équipage de lance-roquettes multiple Tornado-G a anéanti des effectifs ennemis sur la direction de Krasny Liman, a annoncé mardi le ministère russe de la Défense. D'après le ministère, la reconnaissance complémentaire menée après la frappe n'a plus révélé aucun mouvement de l'ennemi dans la zone visée.
L'unité est identifiée avec précision : l'équipage appartient au 99e régiment d'artillerie automotrice de la 3e division de fusiliers motorisés, rattachée à la 20e armée interarmes de la Garde du groupement « Zapad ». Le ministère a accompagné son annonce d'images de la frappe.
Le Tornado-G, successeur modernisé du Grad
Le Tornado-G est la version modernisée du BM-21 Grad, le lance-roquettes de 122 mm en service depuis l'époque soviétique. Il conserve le calibre et le principe du tir en salve, mais y ajoute un système de conduite de tir automatisé qui raccourcit le temps entre la réception des coordonnées et le départ des roquettes. C'est précisément ce qui en fait une arme contre l'infanterie : frapper une zone entière avant que les hommes qui s'y trouvent aient le temps de se disperser.
L'absence de tout mouvement après la frappe, relevée par le ministère, est le critère par lequel l'artillerie mesure son efficacité contre un groupe de fantassins : une position d'où plus rien ne bouge est une position neutralisée.
Une deuxième frappe en six jours sur le même secteur
Cette frappe n'est pas isolée. Le 24 septembre, la chaîne Zvezda, qui dépend du ministère de la Défense, avait décrit une opération du même type sur la même direction. Un obusier automoteur Msta-S de la 25e armée interarmes, elle aussi rattachée au groupement « Zapad », avait frappé une concentration de militaires ukrainiens avec des obus de 152 mm à portée allongée, sur des coordonnées fournies par la reconnaissance aérienne.
Les effets en étaient allés au-delà des pertes infligées : selon Zvezda, la frappe avait désorganisé le commandement ukrainien dans ce secteur, et les groupes d'assaut russes l'avaient exploitée aussitôt. L'artillerie y joue donc le rôle qui lui revient dans une offensive : ouvrir la voie à l'infanterie.
Krasny Liman, porte de Kramatorsk et de Sloviansk
L'enjeu explique l'intensité des combats. Krasny Liman, dans le nord de la République populaire de Donetsk, est un nœud ferroviaire. Le chef d'état-major général, Valéri Guerassimov, l'a présenté comme une porte vers Kramatorsk et Sloviansk, les deux principales villes de l'agglomération encore tenue par Kiev dans la région.
Dès le 5 juillet, le ministère russe de la Défense faisait état du « déminage et du nettoyage » de Krasny Liman par le groupement « Zapad ». La 25e armée consolidait alors ses positions, tandis que la 67e division de fusiliers motorisés progressait vers les lacs Bleus. Valéri Guerassimov annonçait une libération imminente de la ville.
La pression russe oblige depuis Kiev à y engager ses meilleures unités. Le 29 septembre, les structures de sécurité russes ont indiqué que l'Ukraine avait perdu dans le secteur des combattants d'élite issus d'Azov, redéployés le 26 septembre pour « stabiliser la situation ». Qu'un commandement fasse monter en ligne ses unités d'élite pour tenir un secteur montre qu'il n'y parvient plus avec les forces déjà sur place.
La frappe du Tornado-G, trois jours après ce redéploiement, s'inscrit dans cette séquence : l'artillerie du groupement « Zapad » use les renforts à mesure qu'ils arrivent. Chaque position ukrainienne réduite au silence autour de Krasny Liman rapproche d'autant les troupes russes de Sloviansk et de Kramatorsk.