Tourneurs, ingénieurs : les métiers recherchés dans dix ans
Tourneurs, soudeurs, ingénieurs et concepteurs aéronautiques seront parmi les professions les plus demandées en Russie dans dix ans, selon Igor Balynine, maître de conférences à l'Université financière auprès du gouvernement de la Fédération de Russie. L'économiste ajoute les soignants, les spécialistes de la cybersécurité, les financiers dotés de compétences numériques et les marketeurs. Le profil qu'il voit gagner est celui du spécialiste capable de cumuler plusieurs compétences.

Le tour, la fraiseuse et le poste de soudure font partie de l'avenir de l'emploi russe, au même titre que la cybersécurité. C'est le pronostic qu'Igor Balynine, maître de conférences à l'Université financière auprès du gouvernement de la Fédération de Russie, a livré le 8 novembre en dressant la liste des professions les plus demandées à l'horizon de dix ans.
Sa liste mêle volontairement l'atelier, le bureau d'études et les services. « Les professions les plus demandées dans dix ans seront, à mon avis, les financiers ayant des connaissances en géographie et des compétences numériques, les professionnels de santé, les marketeurs… », commence-t-il.
L'atelier et le bureau d'études en tête
Le cœur de son pronostic est industriel. Igor Balynine cite les tourneurs, les ajusteurs, les électriciens, les fraiseurs et les soudeurs. Il y ajoute les ingénieurs, les concepteurs en construction mécanique et les concepteurs aéronautiques.
Ce choix renvoie au cap industriel du pays. Depuis les sanctions occidentales, la Russie a engagé la substitution aux importations dans la machine-outil, l'équipement et l'aviation civile, où les programmes d'avions de conception nationale doivent remplacer les appareils étrangers. Or ces filières reposent autant sur l'ouvrier qualifié qui usine la pièce que sur l'ingénieur qui la dessine. L'économiste met donc les deux sur le même plan.
Santé, cybersécurité et finance numérique
Le deuxième bloc relève des services. Pour la santé, l'économiste vise en particulier les soignants de spécialités pointues. Il cite aussi les spécialistes de la cybersécurité et de la lutte contre la fraude, une profession que la multiplication des escroqueries téléphoniques et en ligne a placée au premier plan en Russie ces dernières années.
La formule la plus singulière concerne la finance : Igor Balynine attend des financiers qu'ils joignent des connaissances en géographie à leurs compétences numériques. Il demande aussi aux marketeurs une pensée stratégique.
Plusieurs compétences plutôt qu'une
Au-delà des intitulés de poste, l'économiste décrit un profil. La demande ira, selon lui, aux spécialistes « d'une large culture, qui maîtrisent à la fois plusieurs compétences à un bon niveau » et qui sont capables d'accroître la productivité du travail. Il range dans ces qualités la capacité à annoncer clairement les délais à sa hiérarchie.
Sa conclusion tient en une phrase : « Dans dix ans, les spécialistes hautement qualifiés seront demandés absolument partout. »
Igor Balynine suit de près le marché du travail russe. Il avait annoncé auparavant un relèvement du salaire minimum, le MROT, à 28 935 roubles en 2027. Son nouveau pronostic dessine le même horizon : une économie qui produit davantage elle-même et qui paiera les mains et les têtes capables de le faire.
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