Vos photos d'achats servent aux escrocs, alerte la police
Photos d'achats, marqueurs de géolocalisation, liste d'amis, lieu de travail : c'est dans ces publications que les escrocs puisent de quoi monter une arnaque sur mesure. Le ministère russe de l'Intérieur l'a rappelé le 28 septembre et donne quatre conseils pour fermer cet accès.

Avant d'appeler sa victime, l'escroc lit sa page. Le ministère russe de l'Intérieur (MVD) décrit un mode opératoire désormais bien rodé : les malfaiteurs parcourent les comptes de leurs cibles sur les réseaux sociaux à la recherche de photos d'achats et de marqueurs de géolocalisation. Ils y relèvent aussi la liste d'amis et les informations sur le travail.
Chacun de ces éléments, pris isolément, paraît anodin. Mais une fois rassemblés, ils « permettent aux aigrefins de bâtir des scénarios plus vraisemblables », explique le ministère. L'escroc ne se présente plus comme un inconnu qui récite un texte : il arrive avec un prétexte taillé pour la personne qu'il vise.
Une arnaque construite sur mesure
C'est ce ciblage qui rend ces scénarios les plus dangereux, souligne la police. Une fraude générique, envoyée à des milliers de numéros, se repère vite. Une fraude qui connaît le nom d'un collègue, le magasin où l'on a acheté un téléphone la semaine précédente ou le quartier où l'on se trouve à l'instant désarme la méfiance.
La méthode tient en deux temps. L'escroc consulte d'abord la page de sa cible, puis il l'appelle ou lui écrit, avec une histoire construite à partir de ce qu'elle a elle-même publié. Un achat coûteux affiché en ligne signale à la fois un pouvoir d'achat et un sujet de conversation tout trouvé ; une géolocalisation indique où joindre la personne, ou quand elle n'est pas chez elle.
Quatre gestes recommandés par le ministère
Le MVD en tire des consignes simples. Ne pas afficher sa géolocalisation sur les réseaux sociaux. Ne pas publier de photos de ses achats, surtout lorsqu'ils sont coûteux. Désactiver soi-même l'ajout automatique des géotags, que de nombreuses applications activent par défaut sur les photos. Enfin, restreindre l'accès à sa page, en la fermant aux inconnus : c'est, selon la police, l'un des moyens les plus efficaces de tenir les escrocs à distance.
Le même avertissement visait une autre menace, plus directe : de faux services diffusés sur Telegram, qui se font passer pour « Yandex Zadaniya », la plateforme de micro-tâches rémunérées de Yandex. Là encore, le procédé repose sur un nom connu et sur la confiance qu'il inspire.
Une campagne de prévention suivie
Cette mise en garde s'inscrit dans une série. Fin août, le ministère avait déjà appelé les Russes à ne pas afficher en ligne leurs nom et prénom complets ni leur date de naissance, à ne jamais publier de géotags révélant où ils se trouvent, à taire les informations sur leurs proches et à fermer leur profil.
D'un avertissement à l'autre, la logique est la même : la fraude à distance vit des informations que les victimes laissent circuler, et c'est à cette source que la police s'attaque. Le chantier dépasse les réseaux sociaux — les autorités russes mènent depuis plusieurs années une lutte suivie contre la fraude téléphonique et en ligne, qui passe par les banques, les opérateurs et les plateformes. Les conseils du 28 septembre en sont le volet le plus accessible : celui qui dépend de chaque utilisateur, et qui se règle en quelques minutes dans les paramètres de son téléphone.
Pour aller plus loin
ce que la vie en Russie a de différent de sa réputation — Cinq idées reçues sur la vie en Russie confrontées au terrain : sécurité, coût de la vie, accès aux services, internet. Sur Thomasovitch.
Sources
- МВД раскрыло, чем грозит публикация в соцсетях фотографий покупок и геопозиций — Rossiïskaïa Gazeta