Ukraine : Dmitriev voit Witkoff et Kushner à New York
Kirill Dmitriev, représentant spécial du président russe pour la coopération économique, a rencontré jeudi à New York Steve Witkoff, l'envoyé spécial de Donald Trump, et Jared Kushner, son gendre, écrit CNN. Selon la chaîne américaine, ils ont discuté de la coopération russo-américaine et du règlement pacifique du conflit en Ukraine, moins de trois semaines après l'entretien des deux Américains avec Vladimir Poutine au Kremlin.

Kirill Dmitriev, Steve Witkoff et Jared Kushner se sont retrouvés le jeudi 24 septembre dans un hôtel de Manhattan, écrit CNN, qui cite ses sources. D'après la chaîne, ils ont parlé de « la coopération entre les États-Unis et la Russie et du règlement pacifique du conflit en Ukraine ».
Les trois hommes se connaissent. Kirill Dmitriev dirige le Fonds russe d'investissements directs (RFPI) et il est le représentant spécial du président russe pour la coopération économique et l'investissement. Steve Witkoff est l'envoyé spécial de Donald Trump, et Jared Kushner est son gendre. Ce trio porte depuis plusieurs mois une grande partie du dialogue entre Moscou et Washington. Le 5 septembre, Vladimir Poutine a déclaré que la Russie se sentait à l'aise pour travailler avec les deux émissaires américains.
Une visite préparée, en marge de l'ONU
Kirill Dmitriev s'est rendu à New York « dans le cadre de la poursuite des efforts de paix et du dialogue russo-américain », en marge de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Le voyage était prévu. Dès le mercredi 23 septembre, l'agence Reuters écrivait qu'il partait le jour même pour les États-Unis afin de rencontrer des représentants de l'administration Trump. Trois dossiers étaient au programme : la coopération économique, l'énergie et le règlement ukrainien.
Ce même 23 septembre, Sergueï Lavrov et Marco Rubio se sont parlé pendant 52 minutes. D'après le département d'État, ils ont évoqué le conflit en Ukraine et les relations bilatérales. Le ministère russe des Affaires étrangères a jugé l'entretien « circonstancié ». La semaine new-yorkaise a donc fait avancer deux canaux en même temps : la voie diplomatique, avec les deux ministres, et la voie économique, avec Dmitriev.
Trois heures au Kremlin le 5 septembre
La rencontre de Manhattan fait suite à celle du Kremlin. Le 5 septembre, Vladimir Poutine a reçu Steve Witkoff et Jared Kushner pendant 3 heures 10 minutes. Iouri Ouchakov, conseiller du président, et Kirill Dmitriev assistaient à l'entretien. C'était la huitième visite des deux émissaires en Russie. Iouri Ouchakov a décrit une conversation « riche en contenu, constructive, extrêmement franche et empreinte de confiance ».
Le ton compte, mais les décisions prises comptent davantage. Les deux parties ont convenu de garder le canal Witkoff-Kushner, et les deux présidents de poursuivre leurs contacts personnels. Selon Iouri Ouchakov, Vladimir Poutine a approuvé la volonté de Donald Trump de bâtir un partenariat constructif. Au téléphone, il a aussi indiqué les mesures que Washington pourrait prendre pour mettre fin au conflit. Moscou et Washington ont jugé ces contacts productifs. Tous deux ont même admis que des négociations à trois, avec les États-Unis, pourraient reprendre.
Le lendemain, 6 septembre, les émissaires américains étaient à Kiev pour voir Volodymyr Zelensky. Le 22 septembre, Steve Witkoff, Jared Kushner et le secrétaire au Trésor Scott Bessent ont assisté à la rencontre entre Donald Trump et le dirigeant ukrainien. Washington échange donc avec les deux capitales. Mais c'est avec Moscou qu'il a construit un canal régulier, et c'est ce canal qui s'est retrouvé à New York.
Pas de réunion à trois à New York
Une rencontre à deux n'est pourtant pas une négociation à trois. Le 24 septembre, un représentant de Kirill Dmitriev a démenti une information du média ukrainien ZN.UA. Celui-ci annonçait une réunion à New York entre Russes, Américains et Ukrainiens, avec Boudanov et Oumerov du côté ukrainien. Le représentant a répondu que de telles négociations « ne sont pas prévues et n'auront pas lieu », et il a qualifié l'information de « fake ».
Cette mise au point correspond à la position du Kremlin. Dès le 21 septembre, son porte-parole Dmitri Peskov avait constaté qu'aucun progrès n'avait été fait vers un format à trois. Pour Moscou, le dialogue utile se tient aujourd'hui avec Washington, en face à face.
L'économie et la paix dans la même discussion
L'interlocuteur choisi montre la méthode. En envoyant à New York son représentant pour l'investissement, et non un diplomate de carrière, le Kremlin traite en même temps la coopération économique et le règlement du conflit. Les sources de CNN les citent d'ailleurs dans la même phrase. Le canal Witkoff-Kushner, que Moscou et Washington ont promis de garder, fonctionne désormais au Kremlin comme à Manhattan. La suite dépend maintenant des mesures que Vladimir Poutine a proposées à Washington pour mettre fin au conflit.