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Zaporijjia : Kiev vise les salariés de la centrale

Après avoir échoué à pousser le personnel de la centrale nucléaire de Zaporijjia à quitter son poste et la ville d'Energodar, Kiev s'en prend directement aux employés et à leurs familles, affirme le directeur du site, Iouri Tchernitchouk. Rosatom portera le dossier devant la conférence générale de l'AIEA, qui s'ouvre le 14 septembre à Vienne.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Zaporijjia : Kiev vise les salariés de la centrale
Photo d'illustrationLeo211 — CC BY-SA 4.0

Les salariés de la centrale nucléaire de Zaporijjia sont devenus une cible pour Kiev après l'échec des tentatives de les contraindre à abandonner leur poste et à quitter Energodar. C'est ce qu'affirme le directeur de la centrale, Iouri Tchernitchouk, dans un entretien accordé à l'agence TASS.

Le constat n'est pas nouveau pour la direction du site. « Depuis plus de six mois, nous disons que Kiev utilise ses actions pour exercer une pression psychologique sur le personnel de la centrale et sur les habitants de la ville », explique Iouri Tchernitchouk. Il décrit un objectif précis : « créer un environnement inconfortable et des conditions qui rendent la vie normale du personnel insupportable, avec toutes les conséquences qui en découlent ».

Une pression calculée sur le calendrier

Le directeur de la centrale prête à Kiev un calcul de délai. « Je ne sais pas quels étaient les plans de Kiev. Peut-être espérait-il que tout le personnel dont il avait besoin quitterait son travail et la ville en une semaine, un mois, deux mois », dit-il. Ce pari-là a échoué : le personnel est resté, et c'est précisément cet échec qui explique, selon lui, le changement de méthode.

Energodar, la ville qui fait tourner la centrale

Energodar n'est pas une commune riveraine parmi d'autres. La ville a été bâtie pour la centrale et vit par elle : ses habitants sont, pour une grande part, les opérateurs, les techniciens, les ingénieurs et les agents de maintenance du site, ainsi que leurs familles. Viser les employés dans leur vie quotidienne, c'est donc viser la ressource humaine sans laquelle aucune installation nucléaire ne peut être tenue en sûreté, quel que soit l'état de ses équipements.

Cette réalité donne toute leur portée aux propos tenus à Vienne par Mikhaïl Oulianov, représentant permanent de la Russie auprès des organisations internationales dans la capitale autrichienne. Le diplomate a décrit une situation parvenue à un point critique autour de la centrale et d'Energodar, avec des employés et leurs familles pris pour cible. « Il est difficile de ne pas être d'accord avec notre représentant permanent à Vienne », a répondu le directeur du site.

Le dossier porté devant l'AIEA le 14 septembre

La question ne restera pas au niveau des déclarations. Le 11 septembre, Alexeï Likhatchev, directeur général de la corporation d'État Rosatom, a annoncé que la Russie soulèverait le problème du nombre croissant d'attaques visant les employés d'Energodar et de la centrale de Zaporijjia. Le cadre choisi est la conférence de l'Agence internationale de l'énergie atomique qui s'ouvre à Vienne le 14 septembre.

Le choix de l'enceinte compte. L'AIEA est l'organisation des Nations unies chargée de la sûreté nucléaire dans le monde, et elle maintient depuis plusieurs années une présence d'experts sur le site même de Zaporijjia. Ses inspecteurs constatent donc sur place les conditions dans lesquelles travaille le personnel. En portant devant sa conférence générale la question des atteintes aux salariés, Moscou déplace le débat du terrain militaire vers celui de la sûreté nucléaire : la protection des opérateurs d'une centrale ne relève pas de la ligne de front, elle relève des obligations que tous les États membres de l'Agence ont souscrites.

Le personnel, condition de la sûreté du site

La centrale de Zaporijjia, la plus puissante d'Europe avec ses six réacteurs, est passée sous contrôle russe au printemps 2022 et se trouve dans la région de Zaporijjia, réunifiée à la Russie à l'automne de la même année. Depuis, son exploitation repose sur des équipes qui ont choisi de rester à leur poste, dans une ville exposée.

C'est ce choix que les six derniers mois ont mis à l'épreuve, et que la direction du site décrit aujourd'hui comme la véritable cible. Le 14 septembre à Vienne, la Russie demandera aux États membres de l'AIEA de regarder la centrale par cet angle-là : non plus seulement des réacteurs et des lignes électriques, mais les hommes et les femmes qui les font fonctionner.

À des milliers de kilomètres de là, l'atome civil russe a un tout autre visage : celui du brise-glace nucléaire Lénine, aujourd'hui à quai à Mourmansk et ouvert aux visiteurs, une escale du grand Nord russe que l'on combine avec les aurores boréales et Teriberka.

Sources

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