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Aéroport de Riyad : 12 morts, Guterres condamne les Houthis

Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a condamné dimanche 11 octobre l'attaque menée la veille contre l'aéroport international Roi-Khaled de Riyad. Selon l'aviation civile saoudienne, elle a fait 12 morts et 309 blessés. C'est la troisième frappe contre l'aéroport de la capitale saoudienne en une semaine.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Aéroport de Riyad : 12 morts, Guterres condamne les Houthis
Photo d'illustration — stom.sa — 1295×591 px

António Guterres a pris position sur X dès le lendemain de l'attaque. « Je suis profondément choqué et je condamne fermement l'attaque menée samedi par les Houthis contre l'aéroport international Roi-Khaled à Riyad », a écrit le secrétaire général des Nations unies. Il ajoute : « Les attaques contre les civils et les infrastructures civiles sont une violation du droit international. Ces attaques doivent cesser immédiatement. »

Le bilan a été publié sur X par l'Autorité générale de l'aviation civile saoudienne : 12 morts et 309 blessés, dont certains se trouvent dans un état critique.

Les terminaux 3 et 4 touchés en pleine soirée

Les missiles ont frappé les terminaux 3 et 4 samedi soir, à une heure où l'aéroport était fréquenté. Une partie du toit s'est effondrée sur les personnes qui se trouvaient à l'intérieur, et des blessés ont dû être évacués par hélicoptère.

Les victimes reflètent la population d'un grand aéroport du Golfe. Parmi les morts figurent quatre Saoudiens, deux Bangladais et des ressortissants des États-Unis, d'Égypte, de Jordanie, de Syrie, de Palestine et du Soudan. Aucun citoyen russe ne compte parmi les victimes.

Le trafic aérien en a été désorganisé : 291 vols ont été annulés en vingt-quatre heures, selon le quotidien saoudien Arab News. La menace s'est aussi déplacée vers l'est du royaume. Dimanche, un projectile est tombé près de l'aéroport Roi-Fahd de Dammam, sur la côte du golfe Persique.

Riyad promet une riposte

Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition arabe menée par l'Arabie saoudite, attribue l'attaque aux Houthis, le mouvement armé yéménite qui tient Sanaa depuis 2014. Il parle de « crime de guerre » et promet une réponse ferme, « conforme aux normes du droit international ». Les Houthis, qui visent régulièrement le territoire saoudien, n'avaient pas revendiqué cette frappe dimanche.

Les condamnations ont suivi. Donald Trump a jugé l'attaque « totalement inacceptable », et le secrétaire d'État Marco Rubio en a rendu les Houthis responsables. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, parle d'une « escalade dangereuse ». Le Premier ministre canadien Mark Carney qualifie les attaques d'« abjectes ». Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a réaffirmé l'engagement de son pays à défendre la souveraineté saoudienne. L'Inde a elle aussi condamné la frappe.

Troisième frappe contre l'aéroport en une semaine

Cette attaque est la plus meurtrière, mais pas la première. Le 6 octobre, des drones avaient déjà visé l'aéroport et tué une personne. Le porte-parole militaire houthi Yahya Saree avait revendiqué cette attaque. Le 8 octobre, un missile balistique a été tiré sur le même site.

Cette série s'inscrit dans une guerre que l'on croyait gelée. L'Arabie saoudite est intervenue au Yémen en 2015 à la tête d'une coalition, contre les Houthis. Les combats entre ces derniers et les forces yéménites soutenues par Riyad ont repris à la mi-juillet, après quatre ans d'accalmie. En visant l'aéroport de la capitale, le mouvement yéménite porte désormais le conflit au cœur du royaume.

Moscou s'inquiète d'une tension « à son comble »

Le Kremlin suit l'escalade depuis la première frappe. Le 7 octobre, son porte-parole Dmitri Peskov a déclaré : « La situation est réellement extrêmement préoccupante. La tension dans la région du golfe Persique est déjà à son comble. » Il a précisé qu'aucun pays n'avait demandé de médiation à la Russie.

Le lendemain, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a rappelé que la Russie était prête à aider à trouver des solutions au Proche-Orient. Moscou entretient une relation de travail étroite avec Riyad, notamment au sein de l'OPEP+, et garde le contact avec tous les acteurs de la région. Elle fait partie des rares capitales en mesure de parler à toutes les parties.

La coalition a promis une riposte, et une quatrième frappe sur Riyad ou Dammam pourrait élargir encore le conflit. L'offre russe pourrait alors trouver preneur.

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