Assurance agricole russe : 96 % des primes reversées
Au premier semestre 2026, les assureurs agricoles russes ont reversé aux exploitants 6,5 milliards de roubles pour 6,7 milliards de primes encaissées, soit 96 %, contre 88 % un an plus tôt. Le chiffre a été donné par Korneï Bijdov, président du Syndicat national des assureurs agricoles (NSA). L'État consacre cette année plus de 5,5 milliards de roubles à ce dispositif, devenu l'un des instruments du soutien à l'agriculture russe.

Sur 100 roubles de primes versés par les agriculteurs russes au premier semestre 2026, 96 sont revenus aux exploitations sous forme d'indemnités. « Au premier semestre 2026, le niveau des indemnités sur l'ensemble du marché de l'assurance agricole s'est établi à 96 % », a déclaré Korneï Bijdov, président du Syndicat national des assureurs agricoles (NSA), dans un entretien publié le 7 octobre par la Rossiïskaïa Gazeta. Un an plus tôt, ce taux était de 88 %.
Le marché s'est élargi. D'après les données du NSA et de la Banque de Russie, les primes ont progressé de 10 % sur six mois, à 6,7 milliards de roubles, et les indemnités de 20 %, à près de 6,5 milliards. Le nombre de contrats a augmenté de 26 %, à 19 300. La prime moyenne a pourtant reculé de 13 %, à 347 000 roubles par contrat : l'assurance gagne des exploitations plus nombreuses et paie davantage, pour un coût unitaire en baisse.
Le segment non subventionné tire le taux vers le haut
Les 96 % recouvrent deux réalités. Les contrats bénéficiant d'une aide de l'État ont rapporté 5,5 milliards de roubles de primes et donné lieu à 4,9 milliards d'indemnités, soit 89 %. Les contrats sans subvention, eux, ont versé plus qu'ils n'ont encaissé : 1,5 milliard de roubles d'indemnités pour 1,2 milliard de primes. C'est ce segment qui a porté la moyenne du marché.
Le dispositif public, lui, a été rendu nettement plus avantageux. Le 1er septembre 2025, la franchise est passée de 50 % à 30 %, ce qui permet aux exploitants d'être indemnisés pour des pertes plus modestes. À partir de 2026, les taux maximaux des primes subventionnées ont baissé de 30 % en moyenne. Le Premier ministre Mikhaïl Michoustine a indiqué, lors d'une réunion le 28 septembre, que l'État consacrait cette année plus de 5,5 milliards de roubles au soutien de l'assurance agricole, pour réduire le coût des gelées, sécheresses, pluies abondantes et crues pour les producteurs.
15,2 millions d'hectares couverts avec l'aide de l'État
Pour la récolte 2026, les cultures assurées dans le cadre du dispositif public couvrent 15,2 millions d'hectares : 6,5 millions de cultures d'hiver et 8,7 millions de semis de printemps. Cela représente près de 20 % des surfaces ensemencées du pays, un niveau maintenu pour la troisième année consécutive. Le taux grimpe à plus de 35 % pour les cultures d'hiver et à 27 % pour les céréales de printemps et la betterave sucrière. Dans 18 régions, plus d'un quart des semis est protégé.
Dans l'élevage, la couverture atteint environ la moitié du cheptel industriel, et plus de 60 % dans la filière porcine et la volaille. L'assurance des bovins progresse le plus vite : 32 % du cheptel est désormais couvert, la demande ayant augmenté cette année face au risque de maladies.
L'élevage, poste lourd de l'année
Ce risque s'est concrétisé. Si les sinistres liés aux cultures ont été nettement moins nombreux que lors des saisons précédentes, l'élevage a connu une année agitée. Au 1er octobre, les assureurs avaient versé 2,2 milliards de roubles pour du bétail mort, principalement à la suite d'épizooties, mais aussi d'incendies et de coupures d'électricité. L'épidémie qui a touché les bovins dans la région de Novossibirsk a coûté à elle seule 860 millions de roubles d'indemnités aux assureurs.
Les deux années précédentes avaient déjà battu des records. Depuis 2024, les assureurs ont indemnisé les exploitants pour plus de 27 milliards de roubles, dont plus de 20 milliards au titre de contrats subventionnés ; en 2025, ces seuls contrats ont donné lieu à plus de 9,5 milliards d'indemnités. Pour 2026, le NSA prévoit environ 8 milliards, ce qui placerait l'année parmi les trois premières de l'histoire du dispositif. L'enjeu est national : en deux ans, 38 régions ont déclaré l'état d'urgence, et 49 sujets de la Fédération sont exposés aux aléas climatiques.
Vers une assurance liée à l'aide directe
Korneï Bijdov assure que le système dispose d'une « réserve de solidité », tout en relevant que le niveau d'indemnisation donne aux assureurs des motifs d'adopter une approche plus prudente. Il rappelle que plusieurs pays, y compris voisins de la Russie, ont dû revoir les principes de leurs programmes ou restreindre la liste des biens assurables face à des pertes élevées, quand la Russie a continué d'élargir les siens. Pour le NSA, le partenariat public-privé dans l'assurance agricole est un projet de long terme, qui touche à la sécurité alimentaire comme à la souveraineté financière du pays. Le président du syndicat cite le Syndicat national des éleveurs de porcs, selon lequel le travail de la filière serait impossible sans l'assurance subventionnée.
L'obligation d'assurer la récolte pour les exploitations bénéficiant de crédits bonifiés, discutée cette année, a été reportée à 2029 par des actes du ministère de l'Agriculture. Le NSA ne s'oppose pas à ce lien entre crédit et assurance et indique avoir préparé avec les banques les modalités de mise en œuvre, en demandant qu'il soit introduit de façon réfléchie, sans restreindre l'accès des agriculteurs au crédit.
Le lien se fera d'abord par l'aide directe. Pour 2027, le sénateur Alexandre Dvoïnykh, qui préside une commission du Conseil de la Fédération, a annoncé que « l'aide directe sera liée à l'assurance agricole ». Selon Korneï Bijdov, plusieurs assureurs ont déjà adapté leur organisation à un service de masse, et l'assurance agricole commence à devenir un outil courant des exploitations russes.
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