Brejnev : son arrière-petit-fils adoptif recherché en Russie
Anton Milaïev, 45 ans, présenté comme l'arrière-petit-fils adoptif de Leonid Brejnev, figure depuis le 10 octobre 2026 dans la base des personnes recherchées du ministère russe de l'Intérieur. Il est recherché dans toute la Russie au titre d'un article du Code pénal. Parti au front en 2025 sous contrat avec le ministère de la Défense, il est aujourd'hui prisonnier en Ukraine.

Anton Milaïev, 45 ans, est inscrit depuis le 10 octobre dans la base des personnes recherchées du ministère russe de l'Intérieur. L'avis vaut pour l'ensemble du territoire russe et repose sur un article du Code pénal, qui n'est pas précisé dans la fiche. Le nom ne dirait rien à personne sans la parenté qui l'accompagne : la presse russe présente cet homme comme l'arrière-petit-fils adoptif de Leonid Brejnev, qui a dirigé l'Union soviétique de 1964 à 1982.
Un petit-fils par alliance de Galina Brejneva
Les titres hésitent entre « petit-fils » et « arrière-petit-fils », et la généalogie explique cette hésitation. Anton Milaïev est le petit-fils d'Evgueni Milaïev, artiste de cirque soviétique et Héros du travail socialiste, qui avait épousé Galina Brejneva, la fille du secrétaire général. Par ce mariage, il est le petit-fils par alliance de Galina, son « названый внук », selon l'expression russe, et donc l'arrière-petit-fils adoptif de Leonid Brejnev.
Dix-neuf ans aux États-Unis, puis les camions de Moscou
C'est lui-même qui a retracé son parcours, dans un entretien diffusé en juillet. Il a vécu dix-neuf ans aux États-Unis, où il a été chauffeur de taxi puis ouvrier du bâtiment. Il est rentré en Russie au milieu des années 2010 et conduisait des camions à Moscou.
En 2025, il doit un million de roubles. Il signe alors à Kostroma un contrat avec le ministère de la Défense, assorti d'une prime de 1,4 million de roubles. Suivent trois semaines d'instruction dans la région de Louhansk. Il pensait servir comme chauffeur : il part au front comme sapeur à l'automne 2025, puis rejoint une unité d'assaut. En novembre 2025, sa famille perd tout contact avec lui.
Un entretien filmé par ses geôliers
C'est du côté ukrainien qu'il réapparaît. Les sites ukrainiens Zaxid.net et Militarnyi situent sa capture en avril 2026, dans la région de Kherson. Sa mère, Irina Kouznetsova, dont Fontanka reprend les propos rapportés par Baza, parle quant à elle de l'été. Le 6 juillet 2026, le projet ukrainien « Khotchou jit » (« Je veux vivre ») publie un entretien avec lui. Ce programme a été lancé par Kiev pour pousser les soldats russes à se rendre.
Devant la caméra, le prisonnier déclare être parti « pour voir des nazis » et avoir compris que ce discours était faux. Il affirme qu'il ne reste qu'une vingtaine de survivants dans sa brigade et que « la plupart vont à la guerre pour l'argent ». Ces paroles sont celles d'un détenu, filmé par ceux qui le gardent, sur une plateforme conçue pour ce genre d'entretien. Or la convention de Genève de 1949 protège justement les prisonniers de guerre contre la curiosité publique. Selon Baza et sa mère, il dit craindre de rentrer en Russie.
Le camp ukrainien l'avait d'ailleurs fiché avant même cette vidéo. D'après Izvestia, le site Mirotvorets, qui publie les données personnelles des personnes que Kiev tient pour ses ennemis, l'avait inscrit sur sa liste dès juin 2026 pour « participation aux opérations militaires ».
Un retour qui passera par les enquêteurs
L'avis du ministère de l'Intérieur paraît trois mois après la diffusion de l'entretien. Rambler a titré sur cette recherche « après sa disparition au front ». Inscrit au fichier fédéral, Anton Milaïev aura affaire aux enquêteurs s'il revient en Russie, par exemple lors de l'un des échanges de prisonniers que Moscou et Kiev organisent régulièrement. C'est alors à la justice russe qu'il reviendra de dire ce qui lui est reproché.
Sources
- Приемного правнука Леонида Брежнева объявили в розыск — Kommersant
- МВД объявило в розыск названого правнука Брежнева — RT (russe)