Aller au contenu
InfoRussieL'actualité russe, vue de Russie
Économie

Carburant rationné à Sébastopol : essence par QR code et limite de 20 litres

Le gouverneur de Sébastopol a annoncé samedi que deux essences resteraient vendues sur QR code dimanche dans les stations de la ville, avec des plafonds de 20 à 40 litres par véhicule. Les restrictions, en place depuis le 22 mai, sont attribuées par les autorités locales à des « difficultés logistiques » et devraient durer jusqu'au début septembre. La même journée a vu deux aéroports du Sud rouvrir, un troisième fermer et un match de football être reporté.

·4 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Lunacharskogo Street in the Federal City of Sevastopol. Crimean peninsula.
Photo d'illustrationA.Savin — CC BY-SA 3.0

Le gouverneur de Sébastopol, Mikhaïl Razvojaïev, a détaillé samedi 15 août, sur son canal de la messagerie russe Max, le régime de vente des carburants applicable dimanche dans les stations-service de la ville, rapporte l'agence Interfax. Le dispositif mélange vente libre et vente sur présentation d'un QR code, selon le réseau et selon le type de carburant.

Deux essences sur QR code, des plafonds au litre

Dans les stations du réseau TES, la vente des deux essences dites « non premium », l'AI-95 et l'AI-92, se fera par QR code, écrit le gouverneur. Les autres carburants y sont en vente libre, y compris le gazole, dont l'enlèvement est plafonné à 40 litres par véhicule.

Dans trois stations du réseau ATAN, c'est l'essence AI-92 qui est accessible sur QR code, avec une limite de 20 litres. Les autres carburants y sont en vente libre, également dans la limite de 20 litres.

Sur les deux réseaux, précise Mikhaïl Razvojaïev, le remplissage de jerricans est autorisé pour l'alimentation des générateurs domestiques — une mention qui, en soi, en dit long sur les habitudes prises dans la ville.

Aucune de ces indications ne provient d'un constat sur place : elles reprennent le message publié par l'exécutif local, relayé tel quel par l'agence.

Un rationnement installé depuis le mois de mai

Le contexte, rappelé par Interfax, est que ces restrictions ne datent pas d'aujourd'hui. Des limitations à la vente de carburant ont été introduites à Sébastopol le 22 mai, puis étendues à l'ensemble de la Crimée à partir du 29 mai. Le motif avancé alors était des « difficultés logistiques ».

Le gouverneur affirme que la normalisation des approvisionnements et de la disponibilité du carburant en Crimée et à Sébastopol est attendue « pour le début du mois de septembre ». C'est donc, dans la présentation qui en est faite par les autorités russes locales, un problème d'acheminement appelé à durer encore quinze jours au moins — soit plus de trois mois de rationnement au total.

Pour le lecteur français, un repère : Sébastopol est un port de la mer Noire situé à la pointe sud-ouest de la péninsule de Crimée. La Russie lui a donné le statut de ville fédérale après le rattachement de la péninsule en 2014, que ni la France ni l'Union européenne ne reconnaissent. La ville abrite la principale base de la flotte russe de la mer Noire.

Autre mesure économique visant la péninsule le même jour, relevée par Interfax : la Crimée a étendu aux travailleurs indépendants et aux particuliers le tarif préférentiel de location des biens publics, avec une exonération de 50 % du loyer pour la période allant du 1er juillet au 30 septembre 2026.

Aéroports fermés, rouverts, et un match reporté

L'annonce sur les carburants tombe au terme d'une journée marquée, dans le sud de la Russie, par une série de perturbations de la vie courante.

L'agence fédérale du transport aérien, Rosaviatsia, a fait savoir en fin d'après-midi que les aéroports de Sotchi et de Guelendjik avaient repris leur activité, les restrictions sur la réception et le départ des appareils y étant levées, rapporte Interfax. Des restrictions analogues ont dans le même temps été introduites à l'aéroport de Tambov (Donskoïé), au sud-est de Moscou. Rosaviatsia justifie ces mesures par la nécessité d'assurer la sécurité des vols, sans autre précision.

Le sport a été touché lui aussi : la rencontre de Première Ligue entre le Sotchi et le Volga a été reportée au lendemain en raison d'une menace de drones, a indiqué le service de presse du club, cité par Interfax.

Sur le plan militaire, le ministère russe de la Défense a annoncé samedi que les moyens de défense antiaérienne de permanence avaient intercepté et détruit 180 drones ukrainiens de type avion entre 8 heures et 20 heures, heure de Moscou, au-dessus des régions russes. Ce relevé, publié quotidiennement, ne comporte ni localisation détaillée ni indication sur d'éventuels dégâts.

Dans son récapitulatif de la journée, Interfax cite par ailleurs le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, selon qui plus de 1 700 drones ont volé en direction de la région moscovite entre le 8 et le 15 août, dont 123 détruits à l'approche de la capitale. L'agence mentionne aussi des « dommages locaux » subis par des infrastructures industrielles de Samara, sur la Volga, à la suite de ce qu'elle décrit comme une attaque massive de missiles sur la région.

Ce que ces annonces disent, et ce qu'elles ne disent pas

Elles disent qu'un régime de vente encadrée des carburants, avec QR codes et plafonds au litre, reste en vigueur dans une ville russe de Crimée près de trois mois après son instauration, et que l'exécutif local en fixe la sortie au début septembre.

Elles ne disent pas pourquoi. Les autorités de Sébastopol s'en tiennent, depuis le mois de mai, à la formule de « difficultés logistiques ». Aucune des dépêches citées ici n'établit de lien entre le rationnement du carburant et les frappes de drones ou les fermetures d'aéroports du même jour : ces éléments coexistent dans l'actualité de la journée sans qu'une source les relie.

Elles ne disent pas non plus quelle part de la population est concernée par les QR codes, comment ceux-ci sont attribués, ni ce qu'il advient des automobilistes qui n'en disposent pas. Le message du gouverneur, seule source de l'information, ne l'aborde pas.

Enfin, les chiffres de drones abattus, comme les mentions de dégâts à Samara, proviennent d'une seule partie — le ministère russe de la Défense, les autorités régionales et les agences d'État — et n'ont pas fait l'objet d'une vérification indépendante.

PartagerTelegramFacebookXWhatsApp

La semaine russe, tous les dimanches

Les cinq articles les plus lus de la semaine, dans un seul e-mail. Pas de publicité, désinscription en un clic.