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Dette américaine : 40 047 milliards de dollars, Musk valide un effondrement en 2030

La dette publique des États-Unis a franchi pour la première fois le seuil des 40 000 milliards de dollars, selon un document du Trésor américain daté du 18 août. Il aura suffi de cinq mois pour ajouter le dernier millier de milliards. Elon Musk a approuvé le 20 août une projection qui place la barre des 50 000 milliards vers 2030, et l'effondrement au-delà.

·4 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Dette américaine : 40 047 milliards de dollars, Musk valide un effondrement en 2030
Photo d'illustrationandrewprokos.com — 1000×731 px

La dette publique des États-Unis s'établissait au 18 août 2026 à 40 047 milliards de dollars, un niveau jamais atteint. Le document du Trésor américain, publié le mercredi 19 août pour l'arrêté de la veille, détaille la composition de ce montant : 32 265 milliards de dollars d'obligations détenues par les particuliers et les organisations, 7 781 milliards d'engagements intragouvernementaux. Le plafond légal, fixé par le Congrès, est à 41 103 milliards — il reste donc un peu plus de mille milliards de marge avant la prochaine négociation budgétaire à Washington.

Ce millier de milliards, l'État fédéral vient précisément de l'emprunter en cinq mois. Le seuil des 39 000 milliards avait été franchi en mars 2026. L'accélération a devancé les prévisions des analystes ; Al Jazeera et la presse américaine l'attribuent en partie aux recettes perdues après l'invalidation des droits de douane décidés par Donald Trump. Le déficit du seul mois de juillet 2026 a atteint 432 milliards de dollars, quatrième plus mauvais résultat mensuel de l'histoire budgétaire américaine.

Doublée depuis 2017, et répartie entre les deux camps

En janvier 2017, la dette fédérale s'élevait à 19 950 milliards de dollars. Elle a donc doublé en neuf ans et demi. La répartition que donne Al Jazeera ne laisse d'échappatoire à aucun des deux partis : 11 600 milliards d'augmentation cumulée sur les deux mandats de Donald Trump, dont 3 800 milliards depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, et 8 400 milliards sous Joe Biden. Rapportée à la population, la charge représente environ 117 000 dollars par habitant et 297 000 dollars par foyer.

Le coût de cet endettement est déjà visible dans la structure du budget fédéral : le service de la dette en est devenu le deuxième poste, derrière la seule sécurité sociale, devant Medicare et devant la défense. Autrement dit, les États-Unis consacrent désormais plus d'argent à payer les intérêts de leurs emprunts qu'à financer leur armée. Sur le poids relatif de la dette, les estimations divergent : PBS retient 125,8 % du produit intérieur brut — seuls huit pays font pire, le Japon en tête avec 204 % —, quand l'analyste Natalia Miltchakova, de Freedom Global, avance 130 %.

« Graphique exact »

C'est sur ce fond de courbe que le patron de Tesla et de SpaceX est intervenu. Le 20 août, Elon Musk a réagi sur X à une image projetant la trajectoire de la dette américaine : franchissement des 50 000 milliards de dollars vers 2030, effondrement au-delà de cette date. Son commentaire tient en deux mots, «Точный график» dans la version qu'en donnent les agences russes le 21 août — « graphique exact », ou « calendrier exact », le mot russe autorisant les deux lectures. Le libellé anglais original n'a pas pu être vérifié, pas plus que l'auteur du graphique en question.

La sortie n'est pas isolée. En février 2026, dans le podcast Dwarkesh, Elon Musk affirmait que les États-Unis allaient « à 1 000 % faire faillite et échouer en tant que pays » sans l'intelligence artificielle et la robotique, seules capables selon lui de résoudre le problème de la dette.

Les projections officielles sont moins spectaculaires, sans être rassurantes. Le Bureau du budget du Congrès table sur une dette à 108 % du PIB en 2030, 120 % dix ans plus tard, et sur des emprunts d'État dépassant le PIB de 20 % à l'horizon 2036. Michael Peterson, du Peterson Institute, a déclaré à CBS News que la dette pourrait atteindre 50 000 milliards de dollars dans six ans faute de réforme, rappelant que les États-Unis sont en déficit depuis vingt-six ans. Margaret Spellings, du Bipartisan Policy Center, avertit que « la dette fédérale renchérit déjà le coût de la vie et étouffe les autres dépenses et investissements ».

18 % du PIB pour la dette russe

À Moscou, la comparaison s'impose d'elle-même. La dette publique russe équivaut à 18 % du PIB, « l'une des plus faibles au monde », relève Natalia Miltchakova, et le programme d'emprunts d'État pour 2026 est fixé à 5 500 milliards de roubles, en recul de 23 % par rapport à 2025. La trajectoire est exactement inverse de l'américaine : là où Washington emprunte plus vite chaque année, Moscou réduit son appel au marché.

L'analyste note aussi un signal du côté des créanciers étrangers : les placements en titres américains ont reculé de 1 % en juin, soit 72 milliards de dollars, et 73 % de ces ventes d'obligations sont imputables au Japon et à la Chine. Elle en tire une anticipation : « de nombreuses banques centrales chercheront des alternatives plus sûres au dollar » pour la composition de leurs réserves. Sur le marché des changes russe, la paire dollar-rouble a reculé de plus de 1,8 % après l'annonce du franchissement, sous 83,5 roubles.

L'endettement record n'est du reste pas une singularité américaine : seize États membres de l'Union européenne ont atteint des records au premier trimestre 2026, la dette cumulée de la zone euro s'établissant à 15 705 milliards d'euros, la France portant la charge la plus lourde avec 3 536 milliards. Ce que la barre des 40 000 milliards met en jeu dépasse donc le seul budget fédéral : c'est la monnaie dans laquelle le reste du monde a placé ses réserves, et le rythme auquel ses détenteurs commencent à en sortir.

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