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Centres commerciaux : le ministère russe écarte la menace

« Il est prématuré de parler d'une menace du commerce en ligne pour le commerce hors ligne » : en marge du Forum économique oriental de Vladivostok, le secrétaire d'État et vice-ministre de l'Industrie et du Commerce Roman Tchekouchov a écarté l'idée que les places de marché condamnent les centres commerciaux russes. Le commerce en ligne a pourtant quadruplé en cinq ans, de 3 200 milliards de roubles en 2020 à 13 200 milliards en 2025. Mais les galeries se sont reconverties, et le ministère travaille déjà à leur donner un rôle dans la logistique du en ligne.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
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Le chiffre d'affaires du commerce en ligne russe est passé de 3 200 milliards de roubles en 2020 à 13 200 milliards en 2025, soit 21 % du commerce de détail selon le décompte du ministère de l'Industrie et du Commerce. Plus de quatre fois en cinq ans : à cette vitesse, la question de ce qu'il advient des magasins physiques se pose d'elle-même. Roman Tchekouchov, secrétaire d'État et vice-ministre, y a répondu à Vladivostok, où se tenait le Forum économique oriental : « Il est prématuré de parler d'une menace du commerce en ligne pour le commerce hors ligne. »

Ce que le vice-ministre observe dans les galeries

Le responsable ne nie pas le choc. Les centres commerciaux ont été les premiers touchés par une baisse sensible de fréquentation, liée à la disponibilité des mêmes produits sur les places de marché. Mais beaucoup, souligne-t-il, se sont déjà réorientés : restauration, espaces pour enfants, zones de divertissement ont pris la place que la vente seule n'occupe plus. Il relève aussi un mouvement de retour des clients vers les hypermarchés, où les prix sont souvent plus bas.

Reste l'argument de fond, celui que le commerce en ligne ne réplique pas : les gens continueront de venir en magasin parce qu'ils veulent voir et toucher la marchandise, et retirer une émotion de l'achat. Dans un environnement, reconnaît Roman Tchekouchov, devenu plus concurrentiel.

Une croissance à deux chiffres, mais moins vive

Le ministère attend une progression de 18 à 20 % du commerce en ligne sur l'ensemble de 2026, après une hausse d'environ 20 % au premier semestre. Toujours deux chiffres, donc, mais en deçà de 2025 — un effet de base, explique le vice-ministre : plus la assiette grossit, plus les pourcentages se tassent.

Surtout, la croissance du en ligne ne s'est pas faite au prix d'une contraction du réseau physique. Dans un entretien précédent, Roman Tchekouchov chiffrait à 80 000 le nombre de points de vente supplémentaires ouverts en cinq ans, environ 10 % de plus qu'en 2020, tout en projetant une part du en ligne à 33 ou 35 % du détail d'ici 2030. Le déplacement est aussi géographique : la part de Moscou et de sa région dans le chiffre d'affaires du commerce en ligne est tombée de 26,1 % à 23,4 % en un an, la croissance passant aux régions.

Fréquentation, vacance : le marché change de mix

Les mesures de terrain disent la même transformation en termes de mètres carrés. La fréquentation des centres commerciaux a reculé de 4,7 % au premier semestre 2026 d'après Market Power, de 8,5 % à Moscou et dans sa région, et de 27 % par rapport à 2019 — dans une capitale où un une-pièce se loue entre 60 500 et 83 600 roubles par mois, l'arbitrage entre le déplacement et la livraison se fait vite. L'indice de confiance des consommateurs, lui, s'est établi à −13 % au deuxième trimestre.

La part des surfaces vides suit : entre 7,5 % et 8,3 % en moyenne en août 2026, contre 6,2 % fin 2025, selon Sergueï Platitsyne, directeur exécutif de l'Union des centres commerciaux — 6,4 % dans les principaux centres moscovites, 8,7 % sur un échantillon plus large, environ 6,8 % à Saint-Pétersbourg. La difficulté se concentre sur quatre familles : la mode, la chaussure, l'électronique et l'équipement de la maison. Entre juillet 2024 et juin 2026, quelque 2 300 points de vente ont fermé, les ouvertures n'en compensant que 80 % en nombre et 75 % en surface. Et l'offre nouvelle s'est faite rare : neuf objets de qualité pour 94 000 m² louables au premier semestre 2026, l'un des plus bas niveaux de l'histoire du marché.

C'est ce que décrivait déjà un dossier de Kommersant en avril : 80 % des centres commerciaux russes ont vu leur trafic baisser en 2025, 28 enseignes russes ont annoncé leur retrait, et la répartition entre commerce et loisirs glisse de 70/30 vers 50/50, parfois 35/65. Autrement dit, la galerie moscovite ou pétersbourgeoise que découvre un visiteur lors d'un séjour d'hiver entre les deux capitales ressemble de moins en moins à un alignement de boutiques, et de plus en plus à un lieu où l'on passe la journée.

Des points de retrait et des mini-entrepôts dans les centres

Le ministère ne s'en tient pas au constat. Le 7 septembre 2026, un groupe de travail du Minpromtorg réuni en présence des places de marché a examiné une initiative visant à installer dans les centres commerciaux des points de retrait élargis et des mini-entrepôts. Portée par Pavel Lioulines, coprésident de l'association ATER, elle décline plusieurs formats : du micro-hub de 150 à 300 m² au hub urbain de réserve pouvant atteindre 5 000 m². Environ 70 % des centres commerciaux russes seraient prêts à céder de l'espace.

Le raisonnement se referme là. Si la part du en ligne doit atteindre un tiers du commerce de détail d'ici 2030, il lui faudra des mètres carrés au plus près des habitants pour livrer et reprendre — et ces mètres carrés existent déjà, chauffés, desservis, garés, au rez-de-chaussée des centres commerciaux.

Sources

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