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Économie

La dette ukrainienne augmente de 4 à 5 milliards de dollars par mois

La dette publique ukrainienne s'alourdit en moyenne de 4 à 5 milliards de dollars chaque mois, soit 140 à 150 dollars par habitant, ou 1 700 à 1 800 dollars sur une année. Le calcul, publié le 30 août par l'agence TASS, s'appuie sur les données du ministère ukrainien des Finances, qui a enregistré au 31 juillet le plus haut niveau d'endettement de l'histoire du pays.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — La dette ukrainienne augmente de 4 à 5 milliards de dollars par mois
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La dette publique ukrainienne progresse de 4 à 5 milliards de dollars par mois. Ramenée à la population, la charge représente 140 à 150 dollars par habitant et par mois, et 1 700 à 1 800 dollars sur une année pleine : c'est le résultat du calcul rendu public le 30 août par l'agence TASS, établi à partir des séries du ministère ukrainien des Finances. L'agence situe le total autour de 218 à 219 milliards de dollars à la fin du mois d'août.

Un record officiel à 214,18 milliards de dollars

Les chiffres publiés par Kiev donnent la mesure de la trajectoire. Au 31 juillet 2026, la dette d'État et garantie par l'État atteint 9 572,19 milliards de hryvnias, soit 214,18 milliards de dollars : jamais l'Ukraine n'avait été endettée à ce niveau. Sur le seul mois de juillet, l'encours a augmenté de 81,3 milliards de hryvnias, et de 529,5 milliards depuis le 1er janvier.

Le ministère ukrainien des Finances attribue cette hausse à deux moteurs, le financement versé par les partenaires internationaux et les placements d'obligations d'État. Les engagements envers le Fonds monétaire international ont ainsi grossi de 24,3 milliards de hryvnias au cours du seul mois de juillet, ceux envers la Banque mondiale de 18,6 milliards.

L'Union européenne pèse 38,8 % de l'encours

Le premier créancier de l'Ukraine n'est ni le FMI ni le marché : c'est l'Union européenne, qui détient 3 720 milliards de hryvnias, soit 38,8 % du total. La dette extérieure représente à elle seule entre 7 300 et 7 500 milliards de hryvnias selon le périmètre retenu, autour de 76 à 78 % de l'ensemble. Autrement dit, l'essentiel de ce que doit Kiev est dû à des créanciers étrangers, et la part qui revient à Bruxelles ne cesse de croître à mesure que les tranches d'aide sont décaissées.

Cette structure a un avantage immédiat : l'argent public coûte moins cher que l'argent des marchés. Le taux d'intérêt moyen pondéré de la dette ukrainienne est descendu à 4,40 %, contre 4,51 % en janvier. Mais elle a aussi une conséquence politique : le rythme d'endettement dépend désormais du calendrier des versements occidentaux davantage que des recettes propres du pays.

105,7 % du PIB, contre 48,9 % fin 2021

Rapportée à la richesse produite, la dette a changé de nature en quatre ans. Le portail Ukraina.ru, qui s'appuie sur les données du ministère des Finances et du service ukrainien des statistiques, la situe à 105,7 % du PIB nominal fin juillet 2026, après 101,2 % fin 2025, 91,2 % fin 2024 et 48,9 % fin 2021, pour un produit intérieur brut nominal de 202,6 milliards de dollars à la fin de l'an dernier. Le FMI, dans sa prévision de février 2026, allait plus loin encore et attendait un ratio de 122,6 % du PIB à la fin de cette année.

8 500 dollars par habitant fin 2026, 10 400 fin 2027

La projection de TASS prolonge la courbe : 240 milliards de dollars de dette fin 2026, au moins 290 milliards fin 2027. La charge par habitant passerait alors de 8 500 dollars à la fin de cette année à quelque 10 400 dollars à la fin de la suivante. L'agence retient une population d'environ 28 millions de personnes, chiffre qu'elle attribue à l'Institut de démographie et d'études sociales de Kiev, et précise que les données officielles sous-estiment probablement les besoins d'emprunt réels, en particulier militaires.

Ces 1 700 à 1 800 dollars ajoutés chaque année au passif de chaque habitant valent d'être mis en regard des revenus réels de la région : en Russie, le salaire moyen atteint 109 052 roubles bruts par mois en 2026, près de 197 000 à Moscou, et un logement d'une pièce se loue entre 60 500 et 83 600 roubles par mois dans la capitale. L'endettement supplémentaire imputé à chaque Ukrainien ne relève donc pas de la statistique abstraite : il représente plusieurs mois de dépenses courantes.

Les avoirs russes gelés inscrits dans le plan de remboursement

Kiev met en avant, de son côté, l'allègement de la structure de sa dette : la maturité moyenne est passée de 6,3 à 13,37 ans entre 2021 et 2025, le taux moyen de 7,2 % à 4,55 %, et les prêts de l'Ukraine Facility sont assortis de différés de remboursement de onze à douze ans. Le service des crédits ERA du G7, soit 37,9 milliards de dollars, n'est quant à lui pas prévu sur le budget ukrainien, mais sur des ressources extrabudgétaires — au premier rang desquelles les avoirs russes gelés en Occident.

C'est là que le dossier de la dette rejoint celui des sanctions : le remboursement d'une partie de ce que l'Ukraine emprunte aujourd'hui est adossé à des actifs qui appartiennent à la Russie, et dont le sort reste entre les mains des juridictions européennes qui les détiennent.

Sources

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