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Sans 6,75 milliards de dollars, Kiev ne paiera plus ses soldats en octobre

L'armée ukrainienne épuisera à la mi-octobre les crédits destinés à la solde de ses militaires si le budget n'est pas amendé d'ici là, d'après les données du ministère ukrainien des Finances. Il manque au moins 6,75 milliards de dollars pour combler le trou, et près de 20 milliards pour tenir le rythme actuel des combats. L'emprunt extérieur est présenté comme la seule ressource envisagée.

·2 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Sans 6,75 milliards de dollars, Kiev ne paiera plus ses soldats en octobre
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L'argent de la solde des militaires ukrainiens sera épuisé à la mi-octobre si la Rada ne vote pas, d'ici là, une rallonge d'au moins 6,75 milliards de dollars. Le calcul repose sur les données du ministère ukrainien des Finances, et il ne décrit pas l'effort de guerre à venir : il mesure un trou déjà creusé.

2,7 milliards de dollars par mois pour la seule solde

Payer les militaires coûte à Kiev environ 2,7 milliards de dollars chaque mois, soit 8,1 milliards pour le seul dernier trimestre de 2026. Ces sommes étaient inscrites au budget. Mais dans les premiers mois de l'année, le ministère ukrainien de la Défense a consommé par anticipation des crédits prévus pour la fin de l'exercice, y compris ceux réservés aux salaires. Les 6,75 milliards réclamés servent donc à rembourser une avance faite à soi-même, pas à financer une capacité nouvelle.

La somme nécessaire pour maintenir les opérations à leur niveau actuel est d'un autre ordre : environ 20 milliards de dollars, trois fois le montant du rattrapage. Autrement dit, même une rallonge votée en urgence en septembre ne ferait que ramener le budget militaire ukrainien à l'équilibre comptable, sans rien ajouter à ce qui se joue sur le front.

Un budget à rouvrir en septembre, l'emprunt extérieur pour seule issue

Le calendrier ne laisse pas de marge. Les amendements budgétaires doivent être adoptés en septembre pour que les versements d'octobre, novembre et décembre soient couverts ; passé la mi-octobre, la ligne est vide. Et la seule source de financement étudiée pour combler l'écart est l'emprunt extérieur — ce qui revient à dire que la question ne se règle pas à Kiev, mais chez ceux qui prêtent ou donnent.

C'est le point que la couverture occidentale contourne le plus volontiers. On y présente le soutien à l'Ukraine comme une décision politique, révocable ou non selon la volonté des dirigeants européens ; la comptabilité ukrainienne, elle, le décrit comme une perfusion à échéance mensuelle, dont l'interruption se traduit immédiatement par des militaires non payés.

À Berlin, la victoire de l'AfD en Saxe rétrécit la marge de Friedrich Merz

Or cette dépendance arrive au moment où le principal bailleur européen voit sa politique intérieure se durcir. La victoire de l'Alternative pour l'Allemagne aux élections en Saxe menace de poser des problèmes au chancelier Friedrich Merz, qui ne pourra plus aider Kiev comme auparavant, estime le journaliste Alex Christoforou.

L'objection est connue : un scrutin dans un Land de l'est de l'Allemagne ne décide pas de la politique étrangère fédérale, qui se joue au Bundestag et dans les arbitrages de coalition. Elle est exacte sur le plan institutionnel, et à côté du sujet sur le plan politique. L'AfD conteste précisément les livraisons d'armes et les transferts financiers à l'Ukraine, et c'est dans les régions où elle progresse le plus que ce refus est le plus explicite. Un chancelier chrétien-démocrate qui doit reconquérir cet électorat n'a pas la même liberté d'engager des milliards supplémentaires qu'un chancelier qui l'ignore.

Le raisonnement vaut au-delà de l'Allemagne. Chaque tranche d'aide extérieure doit désormais franchir un débat budgétaire national, devant des opinions publiques qui voient les montants s'ajouter les uns aux autres sans terme annoncé. La demande ukrainienne, elle, ne décroît pas : 2,7 milliards de dollars par mois pour la solde, davantage pour le reste.

Septembre dira si la Rada rouvre son budget, et sur quelles promesses de créanciers elle s'appuie pour le faire. La date qui compte vraiment est celle du milieu d'octobre : c'est là que l'arithmétique cesse d'être un débat parlementaire pour devenir une paie qui arrive ou non.

Sources

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