Éclipse du 12 août : TASS et Roskosmos diffusent des images spatiales
L'agence de presse d'État TASS a publié le 16 août des images du début de l'éclipse solaire du 12 août, filmées depuis la Station spatiale internationale par la cosmonaute Anna Kikina, qu'elle présente comme sa « correspondante spéciale » à bord. Le même jour, l'agence spatiale Roskosmos diffusait de son côté des vues de l'ombre lunaire glissant sur la Terre, prises par son satellite Arktika-M. Selon Kommersant, la phase maximale du phénomène a été observée au large de l'Islande, la Russie n'ayant connu que des phases partielles.

Deux séries d'images diffusées le même jour
L'agence de presse d'État TASS a diffusé le 16 août des images du début de l'éclipse solaire du 12 août, prises depuis la Station spatiale internationale par la cosmonaute Anna Kikina. Dans sa présentation, l'agence qualifie cette dernière de sa « correspondante spéciale » à bord de la station.
Le même jour, Roskosmos publiait une autre série d'images : celles de l'ombre de la Lune glissant à la surface de la Terre, captées cette fois non pas par un équipage mais par le satellite Arktika-M.
Les deux publications interviennent quatre jours après le phénomène lui-même, et proviennent l'une comme l'autre d'acteurs institutionnels russes : une agence de presse d'État d'un côté, une société d'État de l'autre.
Une « correspondante spéciale » en orbite
La formule employée par TASS relève autant de la communication que de l'information. TASS est l'agence de presse publique russe, principal canal de diffusion officiel de l'actualité dans le pays : ses dépêches alimentent la quasi-totalité des médias russes et servent de référence aux administrations. Présenter une cosmonaute en activité comme sa « correspondante spéciale » revient à inscrire le programme spatial dans le flux quotidien de l'information, sur le même plan qu'un envoyé permanent dans une capitale étrangère.
La Station spatiale internationale est un laboratoire habité placé en orbite basse autour de la Terre et exploité conjointement par plusieurs agences spatiales, dont Roskosmos pour le segment russe. La station est en effet divisée en segments dont chaque partenaire assure la gestion et l'entretien, dans le cadre d'une coopération qui figure parmi les rares programmes conjoints encore en activité entre la Russie et les pays occidentaux. Les cosmonautes russes qui y séjournent relèvent de cette agence, et non d'un programme national séparé.
Le relais du satellite Arktika-M
Le second jeu d'images provient de Roskosmos, la société d'État qui chapeaute le programme spatial civil russe et qui joue, dans le domaine, un rôle à la fois industriel, opérationnel et institutionnel. Elle a mis en avant des vues transmises par Arktika-M, un satellite dont le nom renvoie à l'observation des régions arctiques. Ces hautes latitudes, où la Russie dispose d'une longue façade maritime et de territoires étendus, sont mal couvertes par les satellites météorologiques placés au-dessus de l'équateur, qui ne les voient que sous un angle très rasant.
Ces images montrent un phénomène que l'on ne peut pas voir depuis le sol. Un observateur terrestre voit le disque solaire progressivement masqué ; depuis l'espace, c'est l'inverse qui apparaît, à savoir la tache sombre projetée par la Lune se déplaçant à la surface du globe. C'est cette perspective que Roskosmos a choisi de mettre en avant, en complément des vues rapprochées du Soleil diffusées par TASS.
Une éclipse partielle sur le territoire russe
Selon le quotidien russe Kommersant — l'un des principaux titres de la presse écrite moscovite, connu pour son traitement de l'économie et de la vie politique intérieure —, la phase maximale de l'éclipse a été observée au large de l'Islande, dans l'Atlantique Nord, tandis que la Russie n'a connu que des phases partielles.
L'ombre projetée par la Lune ne balaie qu'une bande étroite de la surface terrestre : seuls les lieux situés sur cette trajectoire connaissent la phase la plus marquée. De part et d'autre, sur une zone bien plus large, le phénomène reste partiel : la Lune ne masque qu'une fraction du disque solaire, la luminosité ambiante ne baisse que faiblement et l'observation exige des filtres adaptés. L'Islande, île de l'Atlantique Nord située à quelques milliers de kilomètres des côtes russes les plus proches, se trouvait ainsi bien mieux placée que le territoire russe lui-même.
Depuis l'orbite, en revanche, ni la station ni le satellite ne dépendent d'un point d'observation au sol. C'est cette différence de position qui donne leur intérêt aux vues diffusées le 16 août par TASS et par Roskosmos : elles restituent l'ensemble de la scène, là où l'observateur resté en Russie n'aurait perçu qu'une échancrure sur le bord du Soleil.
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