Aller au contenu
InfoRussieL'actualité russe, vue de Russie
Sciences

Fuite d'oxydant sur le Dragon : le vol de Tetériatnikov reporté par la NASA

La NASA a repoussé le 29 août le lancement de Crew-13, visé jusque-là au 12 septembre depuis Cap Canaveral, après la détection d'une fuite d'oxydant sur le système de propulsion du vaisseau Dragon. À bord doit voler le cosmonaute russe Sergueï Tetériatnikov, déclaré apte au vol huit jours plus tôt par la commission médicale principale. La nouvelle date sera annoncée « dès qu'elle sera disponible ».

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Fuite d'oxydant sur le Dragon : le vol de Tetériatnikov reporté par la NASA
Photo d'illustrationspacecoastdaily.com — 2560×1707 px

Une fuite d'oxydant repérée sur le système de propulsion du vaisseau Dragon, pendant les opérations de préparation d'avant-vol, a suffi à faire tomber la date du 12 septembre. La NASA l'a annoncé le 29 août sur le blog qu'elle consacre à la Station spatiale internationale : des équipes conjointes de l'agence et de SpaceX mènent des tests supplémentaires et une revue des données, puis procéderont aux réparations nécessaires avant le décollage. Une nouvelle date cible sera communiquée « dès qu'elle sera disponible ».

Le tir devait partir du complexe de lancement 40 de la base spatiale de Cap Canaveral, en Floride, sur une Falcon 9 Block 5. Crew-13 est la treizième rotation d'équipage assurée par SpaceX dans le cadre du programme Commercial Crew, celui par lequel la NASA achète à des industriels privés les allers-retours vers la station depuis la fin de la navette.

Quatre membres, trois agences, un cosmonaute russe

L'équipage réunit la commandante Jessica Watkins et le pilote Luke Delaney, tous deux de la NASA, le spécialiste de mission Joshua Kutryk, de l'Agence spatiale canadienne, et Sergueï Tetériatnikov, de Roscosmos. Ces affectations avaient été rendues publiques par la NASA le 23 avril, l'agence indiquant à cette occasion qu'elle avançait la mission de novembre à la mi-septembre pour resserrer le rythme des rotations vers la station.

Le vaisseau retenu est le Crew Dragon Grace, immatriculé C213, pour son deuxième vol vers l'orbite. L'équipage doit y rejoindre l'Expédition 75 et y rester environ cent quatre-vingts jours, avec un retour prévu en mars 2027. Le report décale donc, de proche en proche, une séquence calée jusqu'au printemps prochain.

Un officier de marine devenu cosmonaute d'essai

Pour Tetériatnikov, ce serait un premier vol. Diplômé de l'Académie navale russe en 2011 comme ingénieur spécialisé dans les systèmes énergétiques de bord, cet ancien officier de marine a été sélectionné comme cosmonaute d'essai en 2021 et qualifié en 2023. Le 21 août, la commission médicale principale l'a déclaré apte au vol, en même temps que sa doublure Aroutioun Kiviryan. Le 27, il disait n'avoir que « de bonnes impressions » de son entraînement à la NASA et chez SpaceX.

Il vole au titre de l'accord de vols croisés conclu entre Roscosmos et la NASA. Le principe en est simple : un cosmonaute russe embarque sur le vaisseau américain, un astronaute américain part sur un Soyouz, de sorte que chacun des deux segments de la station conserve en permanence un équipier formé à ses systèmes, quel que soit l'aléa qui frapperait l'un des deux véhicules. C'est précisément le type d'aléa qui vient de se produire — et l'accord est ce qui garantit que la station reste servie dans les deux cas.

Le 3 août, la NASA invitait Roscosmos à assister au tir

La préparation, jusqu'ici, avançait sans obstacle. Lors du point presse du 3 août, le responsable du programme Station spatiale internationale à la NASA, Joel Montalbano, indiquait que les opérations se déroulaient sans difficulté sérieuse pour un décollage à la mi-septembre. L'agence américaine faisait savoir le même jour qu'elle avait invité des représentants de Roscosmos à assister au lancement depuis la Floride, geste largement relevé en Russie comme le signe que la coopération spatiale entre les deux pays continue de fonctionner à l'écart des différends politiques.

Cette coopération est d'ailleurs la plus ancienne et la plus continue qui subsiste entre Moscou et Washington : elle a survécu aux sanctions, aux ruptures diplomatiques et à la guerre en Ukraine, parce que la station est un objet indivisible dont les deux segments dépendent l'un de l'autre pour l'énergie, la propulsion et le maintien d'orbite.

Les réparations faites, le Grace repartira avec le même équipage, et Tetériatnikov deviendra le prochain cosmonaute russe à rejoindre la station à bord d'un vaisseau américain. La date, elle, viendra de Floride.

Sources

PartagerTelegramFacebookXWhatsApp