Poutine appelle à intensifier la coopération russo-pakistanaise
Le président russe a adressé ses félicitations à Islamabad pour la fête de l'Indépendance, en plaidant pour un renforcement de « l'ensemble des liens de partenariat ». Une visite du Premier ministre pakistanais en Russie est à l'étude pour le quatrième trimestre.

Vladimir Poutine a adressé vendredi ses félicitations au président pakistanais Asif Ali Zardari et au Premier ministre Shehbaz Sharif à l'occasion de la fête de l'Indépendance du Pakistan, rapportent Kommersant et l'agence Sputnik. Le président russe y salue une coopération « fructueuse » entre les deux pays et appelle à son renforcement.
Le texte du télégramme
Selon Kommersant, qui cite le message publié sur le site du Kremlin, Moscou et Islamabad coopèrent notamment dans les domaines politique, commercial, économique et humanitaire. Les deux parties, y est-il précisé, « interagissent dans le règlement de questions importantes de l'agenda régional et mondial ».
« Je suis certain que nous poursuivrons un travail commun constructif en vue du renforcement de l'ensemble des liens de partenariat […] dans l'intérêt de la consolidation de la sécurité et de la stabilité internationales », écrit le président russe.
La formule est convenue pour ce type de télégramme protocolaire. Ce qui l'est moins, c'est la suite.
Une visite en préparation
Kommersant rappelle qu'en mai, l'ambassadeur a fait état de la préparation d'une visite du Premier ministre pakistanais en Russie. Les dates restaient alors à arrêter, mais l'ambassade indiquait que le déplacement pourrait avoir lieu au quatrième trimestre.
Un message d'anniversaire national et une visite de chef de gouvernement en préparation ne pèsent pas le même poids. Le second est ce qui donne au premier sa portée.
Pourquoi le Pakistan
Le rapprochement mérite d'être expliqué à un lecteur francophone, parce qu'il inverse une géographie diplomatique longtemps stable.
Pendant la guerre froide, l'URSS s'appuyait sur l'Inde tandis que le Pakistan était l'allié des États-Unis dans la région — c'est par Islamabad que transitait le soutien occidental aux combattants afghans opposés à l'armée soviétique. L'héritage de cette période a longtemps rendu la relation russo-pakistanaise résiduelle.
Depuis, les positions ont bougé : Islamabad a pris ses distances avec Washington, et Moscou entretient désormais des relations de travail avec les deux capitales rivales d'Asie du Sud. Les deux pays siègent par ailleurs ensemble à l'Organisation de coopération de Shanghai, aux côtés de la Chine et de l'Inde.
Ce que la dépêche ne dit pas
Le télégramme cite les domaines de coopération sans en chiffrer aucun. Ni Kommersant ni Sputnik ne mentionnent de volume d'échanges, de contrat en cours ou de dossier précis à l'ordre du jour de la visite envisagée.
Rien n'indique non plus de réaction indienne, ce qui, s'agissant d'un rapprochement avec Islamabad, constitue l'angle mort le plus notable de ces deux dépêches.