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Défense

Frappes russes sur le port de Tchernomorsk et Kharkov

Dans la nuit du 25 au 26 octobre, les forces armées russes ont frappé les terminaux de trois postes à quai du port de Tchernomorsk, quatre entrepôts de la région d'Odessa et un cargo qui livrait du matériel militaire. Le ministère russe de la Défense annonce aussi la destruction de deux sous-stations électriques qui alimentaient l'industrie d'armement et la logistique ukrainiennes, à Kharkov et dans la région de Khmelnitski.

·2 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Frappes russes sur le port de Tchernomorsk et Kharkov
Photo d'illustration — msn.com — 768×484 px

Trois postes à quai du port de Tchernomorsk ont perdu leurs installations de chargement et de déchargement dans la nuit de dimanche à lundi. Le ministère russe de la Défense a annoncé au matin du 26 octobre une série de frappes coordonnées. Elles ont visé le même ensemble : la chaîne qui achemine vers les forces armées ukrainiennes le matériel livré par la mer, puis l'électricité qui fait tourner leurs usines et leurs nœuds logistiques.

Trois terminaux du port de Tchernomorsk mis hors service

Tchernomorsk, l'ancien Ilitchovsk, est l'un des trois grands ports de la région d'Odessa, avec Odessa même et Ioujny. C'est par ce littoral que transite l'essentiel de ce que l'Ukraine reçoit par la mer Noire. Les frappes de la nuit ont porté sur les équipements de manutention de trois terminaux, c'est-à-dire sur ce qui permet de vider un navire et de charger la marchandise à terre.

Mais toucher le port ne suffit pas quand la cargaison a déjà quitté le quai. Les militaires russes ont donc aussi frappé, dans la même région, quatre entrepôts où étaient stockés des chargements militaires et à double usage destinés aux forces armées ukrainiennes. Kommersant précise qu'un entrepôt de drones a été touché à Olchany.

Un cargo frappé en mer avant d'atteindre Odessa

La chaîne a aussi été coupée en amont du port. D'après le ministère de la Défense, un vraquier qui faisait route vers Odessa avec du matériel destiné à l'armée ukrainienne a été atteint pendant sa traversée par un drone.

Le choix de la cible n'a rien d'anodin. En frappant un navire en mer, puis les quais et enfin les entrepôts, l'armée russe vise chaque étape de l'acheminement. Elle avait déjà procédé ainsi contre les ports ukrainiens du Danube, l'autre porte d'entrée maritime du pays.

Deux sous-stations de 330 kilovolts détruites

La deuxième série de frappes visait le réseau électrique, et plus précisément les installations qui servent l'effort de guerre ukrainien. Selon le ministère, des drones ont frappé « les infrastructures énergétiques qui assurent le fonctionnement du complexe militaro-industriel et des complexes logistiques de l'Ukraine ».

À Kharkov, la sous-station PS-330 « Zalioutino » a été touchée. Elle alimentait des entreprises de l'industrie d'armement ukrainienne. Deuxième ville du pays, Kharkov concentre depuis l'époque soviétique une part importante de l'industrie lourde et mécanique ukrainienne.

La seconde cible se trouvait beaucoup plus à l'ouest. Dans la région de Khmelnitski, une sous-station PS-330 a été frappée à Kamenets-Podolski, où elle desservait des installations logistiques. Les sous-stations de 330 kilovolts sont des points nodaux du réseau à haute tension. Les mettre hors service, c'est priver d'électricité tout un ensemble de sites qui en dépendent, sans avoir à frapper chacun d'eux.

La logistique, du large jusqu'à l'arrière

Ces deux séries de frappes répondent à une même logique. À Tchernomorsk et au large d'Odessa, Moscou coupe ce qui arrive. À Kharkov et à Kamenets-Podolski, elle coupe ce qui fait fonctionner les usines et les centres de transit. Le front est loin d'Odessa comme de la région de Khmelnitski : l'armée russe montre que le matériel destiné aux forces ukrainiennes reste à sa portée, en mer comme sur le réseau électrique, avant d'arriver sur la ligne de contact.

Sources

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