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Défense

Vinnytsia sans électricité ni eau après une frappe nocturne

Vinnytsia, chef-lieu de région du centre-ouest de l'Ukraine, a été entièrement privée de courant le samedi 17 octobre après les frappes de la nuit. Le maire de la ville l'a annoncé lui-même. La nuit précédente, le ministère russe de la Défense avait mené une frappe massive contre l'industrie et l'énergie ukrainiennes, dans une dizaine de régions.

·2 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Vinnytsia sans électricité ni eau après une frappe nocturne
Photo d'illustration — dookinternational.com — 735×400 px

Vinnytsia s'est réveillée sans électricité le samedi 17 octobre. « À cause d'une attaque russe, Vinnytsia est sans électricité », a écrit sur Telegram le maire, Serhiï Morhounov. D'après l'opérateur régional AT Vinnytsiaoblenergo, cité par Ukrinform et Vinnychany.info, une sous-station a été touchée, et le courant a été coupé sur « des dizaines de milliers de points de comptage ».

La coupure ne s'est pas arrêtée à la lumière. Faute de courant, la principale station de pompage de la ville s'est arrêtée, et Vinnytsia s'est aussi retrouvée sans eau. Les groupes électrogènes n'y suffisent pas : ils ne peuvent pas alimenter la ligne haute tension dont la station a besoin.

Trolleybus à l'arrêt, radio de secours

Les infrastructures critiques de la ville sont passées sur alimentation de secours. Trolleybus et tramways sont immobilisés, et la mairie a ajouté des bus et des minibus sur les lignes. En cas de coupure d'internet, les habitants sont invités à suivre la radio municipale « Misto nad Buhom », sur 101,8 FM. Aucun délai de rétablissement n'a été annoncé : les équipes d'urgence rétablissent le courant par étapes.

Côté ukrainien, l'attaque est présentée comme l'une des plus massives qu'ait connues la région. Selon Forbes Ukraine et la chaîne TSN, six personnes ont été blessées, dont une grièvement, trois dans un état moyen et deux légèrement. La personne la plus touchée est en réanimation, dans un état stable, précise TSN. Les autorités locales n'ont pas révélé les points d'impact.

Une frappe massive sur dix régions

Vinnytsia n'était donc qu'un point d'une opération beaucoup plus large. Le ministère russe de la Défense a annoncé pour la nuit du 16 au 17 octobre une « frappe massive » menée avec des armes de précision et des drones d'attaque. Les cibles qu'il nomme dessinent la carte de l'appareil militaro-industriel ukrainien : les combinats métallurgiques de Kryvyï Rih et de Zaporijjia, l'usine Zaporijtransformator, une sous-station électrique à Jytomyr et un cargo qui acheminait du matériel militaire vers Odessa.

Au total, dix régions ont été touchées cette nuit-là. Outre celle de Vinnytsia, la liste comprend la Volhynie, où Loutsk a été plongée dans le noir, ainsi que les régions de Rivne, de Khmelnytskyï et de Jytomyr. La veille déjà, le 16 octobre, Kiev avait subi des coupures de courant.

Une ville au cœur du dispositif militaire ukrainien

Vinnytsia n'est pas une ville de l'arrière comme les autres. Située sur le Boug méridional, à mi-chemin entre Kiev et la frontière moldave, elle abrite le commandement de l'armée de l'air ukrainienne et se trouve sur les axes logistiques qui relient l'ouest du pays au front. Le communiqué russe ne détaille pas la cible visée dans la ville.

Mais l'énergie, elle, est au cœur de la stratégie. Combinats métallurgiques, fabricant de transformateurs, sous-stations : les frappes de la nuit visent ce qui fait tourner l'industrie de guerre ukrainienne, et le réseau électrique qui l'alimente.

Un réseau déjà rationné avant l'hiver

Le système ukrainien n'avait pas attendu cette nuit pour être sous tension. Le 16 octobre, la région de Vinnytsia appliquait déjà, de 0 h à 24 h, des limitations obligatoires de consommation pour tous les clients non résidentiels, en raison du déficit national d'énergie, selon Vinnychany.info.

Une région qui rationne son électricité à la mi-octobre, avant même les premiers froids, aborde l'hiver avec des marges très étroites. Chaque sous-station perdue pèse désormais directement sur l'eau, les transports et la production, et c'est sur ce terrain que se jouera une large part des semaines à venir.

Sources

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