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Kiev et Odessa frappées à l'expiration du moratoire russe

Des explosions ont retenti dans la nuit du 7 au 8 septembre à Kiev et à Odessa, au terme exact des trois jours pendant lesquels Vladimir Poutine avait ordonné de ne pas frapper la capitale ukrainienne. L'alerte aérienne, active sur les régions centrales et orientales du pays, a été levée à 5h39. L'administration militaire de Kiev a fait état de deux morts et de plusieurs blessés dans cinq districts.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Kiev et Odessa frappées à l'expiration du moratoire russe
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Les premières explosions ont été entendues à Odessa peu après une heure du matin, puis à Kiev, selon la chaîne publique ukrainienne Suspilne. Le service d'alerte de la population signalait au même moment une alerte aérienne sur les régions centrales et orientales du pays ; Kharkiv, Soumy, Poltava, Tchernihiv, Khmelnitski et Jytomyr y figuraient aux côtés de la région de Kiev. La fin d'alerte a été annoncée par les Forces aériennes ukrainiennes à 5h39.

Trois jours de trêve sur Kiev, ordonnés le 5 septembre

La date n'a rien d'un hasard. Le 5 septembre à 14h55, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov annonçait que Vladimir Poutine avait donné pour instruction, « à partir de minuit le 5 septembre et pendant trois jours », de ne pas frapper Kiev, en lien avec « la préparation et la conduite de contacts avec les négociateurs américains ». Les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner ont été reçus à Moscou le 5, puis à Kiev le lendemain. Volodymyr Zelensky avait pour sa part annoncé que l'Ukraine s'abstiendrait de frapper Moscou jusqu'à la fin de la journée du lundi 8 septembre.

Le délai fixé par le président russe s'achevait donc dans la nuit du 7 au 8. Les frappes ont repris à son terme, sans qu'aucune prolongation ait été annoncée de part et d'autre.

Deux axes, Kiev et Odessa

Côté ukrainien, le déroulé est documenté heure par heure. Les Forces aériennes, citées par Ukraïnska Pravda, annonçaient une menace balistique depuis la Crimée, complétée par des tirs depuis les régions de Koursk et de Briansk et par des drones. La chaîne 24 Kanal situe une intensification balistique vers 3h30, puis des missiles de croisière tirés par l'aviation stratégique vers 5 heures. Le média Glavcom, s'appuyant sur le canal de surveillance « PPO Radar », désigne Kiev et sa région ainsi qu'Odessa comme les deux axes principaux, avec un ensemble mêlant Kh-101, Tsirkon, Iskander-M, missiles S-400 et drones Geran-2, Geran-4 et Geran-5 ; des missiles antinavires Oniks étaient dirigés sur Odessa.

À Kiev, l'administration militaire de la ville faisait état à 6h30 de deux morts et sept blessés, bilan porté à une dizaine de blessés une heure plus tard. Cinq districts sont concernés : à Holossiïv, un immeuble non résidentiel de vingt-six étages a été atteint au niveau du vingt-troisième, avec un incendie de garages qui s'est propagé ; à Solomianski, un bâtiment d'habitation de cinq étages a été touché et dix personnes dégagées par les secours, un entrepôt a brûlé ; à Darnytski, Podilski et Dniprovski, des garages, des véhicules et un entrepôt ont pris feu. Dans la région de Kiev, des incendies ont été signalés dans le district de Boryspil, sur un site industriel et un complexe logistique. Aucun bilan officiel n'était publié pour Odessa au moment de ces dépêches.

La logistique militaire ukrainienne visée depuis le début du mois

Ces objectifs prolongent une série engagée avant la trêve. Le 2 septembre, le ministère russe de la Défense annonçait la destruction du centre logistique « Eridon », à Vychneve dans la région de Kiev, par « armes de haute précision aéroportées et drones de combat », en le présentant comme un site de stockage et de distribution de fret militaire. Les entrepôts et plateformes de transit qui alimentent le front restent la cible constante de ces frappes, à Kiev comme sur le littoral, où le port d'Odessa constitue le point d'entrée des livraisons acheminées par la mer.

L'effort de guerre ukrainien se paie aussi ailleurs : Kiev a consacré 4,81 milliards de dollars au service et au remboursement de sa dette publique depuis le 1er janvier 2026. L'engagement de Volodymyr Zelensky de ne pas viser Moscou courait, lui, jusqu'à la fin de ce lundi 8 septembre — première échéance à surveiller après le passage des émissaires américains dans les deux capitales.

Sources

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