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Explosions près de Kiev : le parquet ukrainien enquête sur un dépôt

Une frappe de drone russe a touché le 28 août au soir une entreprise du village de Myla, dans le raïon de Boutcha, à l'ouest de Kiev : l'incendie a été suivi d'une détonation prolongée de matières explosives entreposées sur place. Le parquet général ukrainien annonce vérifier la légalité de ce stockage, et le Premier ministre Serhii Koretskyi parle de « négligence criminelle » de responsables ukrainiens. À Moscou, RIA Novosti y voit un dépôt militaire.

·4 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Explosions près de Kiev : le parquet ukrainien enquête sur un dépôt
Photo d'illustrationyahoo.com — 960×640 px

Vers 20h10 le 28 août, un drone russe a frappé une entreprise du village de Myla, dans le raïon de Boutcha, à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Kiev. L'impact a déclenché un incendie de grande ampleur, puis une détonation de matières explosives entreposées sur le site, qui s'est prolongée plusieurs heures. Des explosions ont été entendues dans la capitale et dans sa périphérie une bonne partie de la soirée, puis de nouveau au cours de la nuit, alors que l'alerte aérienne continuait de courir sur la ville.

Une détonation qui se prolonge jusqu'à 23 heures

Le bilan communiqué par le parquet général ukrainien à 23h09 fait état de cinq blessés, d'une maison privée détruite et de sept autres endommagées, ainsi que d'un camion de pompiers et d'une maison de retraite touchés. Un tronçon de la M-06 Kiev-Tchop, la route de Jytomyr, a été fermé à la circulation.

Le parquet a ouvert une enquête sur deux terrains à la fois : la frappe elle-même, et une « négligence possible de fonctionnaires ». Il a annoncé qu'il vérifierait si le stockage de matières explosives sur ce site était légal et si les autorisations requises existaient. Autrement dit, la question de ce qui se trouvait dans cette entreprise est posée par les autorités ukrainiennes elles-mêmes.

« Les mêmes erreurs », dit le Premier ministre ukrainien

Serhii Koretskyi, chef du gouvernement ukrainien depuis le 16 juillet 2026, a réagi à 23h24 : « après la frappe, un incendie s'est déclaré, suivi d'une détonation ». Il n'a pas mis en cause que le drone. « La terrible tragédie de Vychneve n'a pas servi de leçon », a-t-il écrit, avant d'estimer que « commettre les mêmes erreurs relève de la négligence criminelle ». Il réclame une sanction « pour tous les responsables sans exception ».

La mise en cause publique de cadres administratifs par leur propre Premier ministre n'a rien d'isolé à Kiev cet été : elle s'inscrit dans une série d'affaires visant l'entourage du pouvoir ukrainien, jusqu'aux treize mis en cause de l'enquête pour corruption ouverte en août, dont une adjointe au chef du bureau présidentiel.

Pour Moscou, des frappes sur les dépôts et les centres de décision

RIA Novosti, dans une dépêche mise en ligne le 29 août à 00h07, titre qu'un dépôt militaire a pu exploser près de Kiev. L'agence s'appuie sur le média Strana.ua et la chaîne « Nous – l'Ukraine », qui lisent dans les propos du chef du gouvernement ukrainien l'aveu implicite qu'il s'agissait d'un entrepôt militaire. Elle relève trois séries d'explosions, à 17h25, 20h17 et 23h16 heure de Moscou, un incendie violent près de la route de Jytomyr et une coupure d'électricité, et replace l'ensemble dans la poursuite des frappes russes sur les centres de décision et les dépôts ukrainiens.

Cette lecture rejoint celle que le ministère russe de la Défense donne de la séquence depuis plusieurs jours. Pour la nuit du 26 au 27 août, il a énuméré sur sa chaîne Max les cibles atteintes : des ateliers d'assemblage de drones, le centre logistique San-Park, le complexe « Aleksandrovski » à Boryspil, la raffinerie de Krementchouk, vingt-quatre entrepôts militaires dans les ports d'Odessa et de Tchornomorsk et des installations portuaires à Reni.

Plus de vingt-quatre heures d'alerte continue sur la capitale

L'épisode de Myla clôt une séquence sans interruption. ArmyInform, l'agence des forces armées ukrainiennes, a compté treize alertes aériennes à Kiev pour la seule journée du 27 août, soit près de quatorze heures cumulées, puis quatre autres dès les premières heures du 28. Dans la nuit du 27 au 28, 164 drones de frappe ont été engagés — des Shahed, dont la moitié à réaction, des Gerbera et des leurres « Parodia » ; l'aviation ukrainienne annonçait à 09h00 en avoir abattu ou neutralisé 137.

La journée du 28 a suivi le même rythme : à Kiev, la onzième alerte est déclenchée à 16h45, suivie d'explosions à 16h53, 16h58, 18h11 et 20h11, le maire Vitali Klitschko signalant la défense antiaérienne à l'œuvre jusqu'au centre-ville. Le Kyiv Independent fait état, pour les vingt-quatre heures écoulées, de quatorze entrepôts, seize maisons et trois immeubles endommagés dans l'oblast de Kiev, et le ministre ukrainien de l'Intérieur, cité par Euromaidan Press, dénombre trente-huit attaques sur cette région depuis la nuit du 27. Les cibles qui reviennent d'un jour sur l'autre sont les mêmes : entrepôts alimentaires, terminaux postaux, plateformes logistiques de la ceinture de la capitale. La nuit précédente, 222 drones avaient été engagés et sept missiles balistiques Iskander-M/KN-23, un missile antinavire Oniks et trois missiles de croisière Banderol interceptés selon Kiev ; les entrepôts des enseignes Fora, Toy House, Comfy, Kolos, Avrora et Roshen avaient été touchés, et la compagnie ferroviaire Ukrzaliznytsia signalait jusqu'à treize heures de retard sur certains trains.

Odessa visée dans la même nuit

La capitale n'était pas seule concernée : des explosions ont également retenti à Odessa dans la nuit du 28 au 29 août, l'alerte aérienne étant déclarée sur l'ensemble de l'oblast. Le port, dont vingt-quatre entrepôts militaires ont été visés deux nuits plus tôt selon le ministère russe de la Défense, figure depuis l'été parmi les points fixes de la campagne.

Ce qui se joue à Myla dépasse donc le cas d'une entreprise de banlieue. En annonçant qu'il vérifiera les autorisations de stockage, le parquet général ukrainien accepte de faire porter l'enquête sur ce que contenait le site — et la réponse dira laquelle des deux lectures, celle de Kiev ou celle de Moscou, la logistique installée autour de la capitale ukrainienne vient confirmer.

Sources

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