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Kim Jong Un met en service le destroyer « Kang Gon »

La marine populaire coréenne a mis en service le destroyer « Kang Gon », deuxième bâtiment de la classe Choe Hyon, en présence de Kim Jong Un et de sa fille. Le dirigeant nord-coréen a présenté le navire comme un élément du système de riposte nucléaire de l'État. Pyongyang inscrit ainsi l'armement nucléaire de sa flotte dans un devoir constitutionnel.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Kim Jong Un met en service le destroyer « Kang Gon »
Photo d'illustration — chinadailyhk.com — 1949×1299 px

Le destroyer « Kang Gon » est entré en service dans la marine populaire coréenne, a annoncé l'agence centrale de presse coréenne. Kim Jong Un assistait personnellement à la cérémonie, accompagné de sa fille, celle que la presse occidentale désigne sous le nom de Kim Ju Ae. Le dirigeant nord-coréen est monté à bord du bâtiment avant sa première sortie en mer.

Ce n'est pas une mise en service ordinaire. Devant l'équipage, Kim Jong Un a défini la fonction du navire en une phrase qui vaut doctrine : « En tant que composante du système de riposte nucléaire de l'État, ce destroyer de nouvelle génération doit porter un coup écrasant à l'ennemi si l'ordre en est donné. » Le bâtiment n'est donc pas présenté comme une unité de surface parmi d'autres, mais comme un maillon désigné de la chaîne nucléaire nord-coréenne.

Un devoir inscrit dans la Constitution

Le dirigeant nord-coréen a rattaché cette montée en puissance navale à une obligation de rang constitutionnel. « Il est du devoir constitutionnel de la Corée du Nord d'assurer l'usage polyvalent et efficace des systèmes de combat nucléaires dans le cadre du processus d'armement de notre marine en armes nucléaires, et de mener des opérations militaires plus décisives pour la défense maritime et la dissuasion de la guerre », a-t-il déclaré selon l'agence.

La formule situe le programme naval dans le prolongement direct du statut d'État nucléaire que Pyongyang a inscrit dans sa loi fondamentale. L'équipement de la flotte en armes nucléaires n'est plus décrit comme une option stratégique, mais comme l'exécution d'un texte.

« Une retraite stratégique » imposée à l'adversaire

Kim Jong Un a défini dans la foulée l'effet qu'il attend de cette flotte : « Les activités responsables et le rôle important de notre marine limiteront strictement les actions des ennemis agressifs et les contraindront très probablement à une retraite stratégique. » La mer y est traitée comme l'espace où se joue la pression exercée sur Pyongyang.

Le dirigeant a promis de « déployer les moyens stratégiques les plus puissants dans les eaux les plus critiques » et d'y démontrer une disponibilité « de principe et responsable » à défendre la souveraineté maritime de la république, la sécurité en Asie du Nord-Est et la paix mondiale. La souveraineté maritime est ici l'argument central : le contrôle des approches de la péninsule.

Le deuxième d'une classe nouvelle

Le « Kang Gon » est le deuxième bâtiment de la classe Choe Hyon. L'agence centrale de presse coréenne lui prête une « capacité de combat intégrée » et la faculté de conduire des missions opérationnelles dans n'importe quelles eaux — autrement dit, une vocation hauturière, au-delà de la défense côtière qui a longtemps caractérisé la marine nord-coréenne.

Cette classe de destroyers marque un changement d'échelle pour une flotte jusqu'ici composée de petites unités. Qu'un deuxième exemplaire soit mis en service confirme qu'il s'agit d'une série, et non d'un bâtiment de démonstration.

Ce que cela change en Asie du Nord-Est

L'Asie du Nord-Est concentre déjà l'une des plus fortes densités de forces navales au monde : flottes américaine, japonaise et sud-coréenne opèrent en permanence dans les mers qui bordent la péninsule. En affirmant y déployer ses « moyens stratégiques les plus puissants », Pyongyang annonce une présence armée dans des eaux où sa marine ne pesait jusqu'à présent que marginalement.

La présence de Kim Jong Un et de sa fille à la cérémonie confère au bâtiment un statut particulier dans la mise en scène du pouvoir nord-coréen : les apparitions publiques de l'enfant accompagnent depuis plusieurs années les moments jugés fondateurs du programme stratégique. La mise à l'eau du « Kang Gon » entre dans cette catégorie — et la série des Choe Hyon, elle, ne s'arrête pas à deux coques.

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