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Le patron de la CIA a proposé à Moscou un sommet Trump-Poutine-Zelensky

John Ratcliffe a avancé l'idée d'une rencontre tripartite entre les présidents américain, russe et ukrainien lors de son déplacement à Moscou du 25 août, écrit Axios. Le directeur de la CIA y a vu ses homologues russes, Sergueï Narychkine pour le renseignement extérieur et Alexandre Bortnikov pour le FSB, dans ce que Vladimir Poutine a été informé dès la fin des entretiens.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Le patron de la CIA a proposé à Moscou un sommet Trump-Poutine-Zelensky
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Le directeur de la CIA John Ratcliffe a proposé à ses interlocuteurs russes l'organisation d'une rencontre à trois entre Donald Trump, Vladimir Poutine et Vladimir Zelensky, écrit Axios en citant deux sources informées des entretiens. La proposition a été formulée à Moscou, lors du déplacement non annoncé qu'il y a effectué le 25 août. Le vendredi suivant, des responsables américains en ont informé le président ukrainien, en même temps qu'ils lui rendaient compte de la teneur des conversations moscovites.

C'est la première fois que le patron du renseignement américain s'implique personnellement dans l'effort diplomatique sur le dossier ukrainien. Jusqu'ici, ce terrain était celui des émissaires de la Maison-Blanche, Steve Witkoff et Jared Kushner, qui ont mené ces derniers mois des discussions séparées avec les négociateurs russes et ukrainiens sans résultat notable. Les pourparlers menés sous médiation américaine sont à l'arrêt depuis la mi-février, interrompus par le déclenchement de la guerre avec l'Iran.

Narychkine et Bortnikov, les deux interlocuteurs du 25 août

À Moscou, John Ratcliffe a rencontré ses homologues directs : Sergueï Narychkine, directeur du Service des renseignements extérieurs, et Alexandre Bortnikov, directeur du Service fédéral de sécurité. Le 27 août, Sergueï Narychkine a confirmé publiquement l'entretien, le qualifiant de format de travail ordinaire et précisant que les sujets abordés relevaient de la compétence des services de renseignement.

La visite avait notamment pour objet, selon Axios, d'évaluer si les chefs des services russes pouvaient contribuer à une reprise du dialogue avec Kiev sous médiation américaine. Le directeur de la CIA en aurait tiré la conclusion qu'Alexandre Bortnikov est un interlocuteur constructif, susceptible d'aider à relancer les efforts diplomatiques. La CIA n'a pas commenté.

Donald Trump, lui, a minimisé la portée du déplacement en le décrivant à Axios comme relevant des affaires courantes : les rencontres entre chefs de services se tiennent, selon lui, tous les six mois ou tous les ans. Il a démenti que le voyage ait eu pour but de mettre la Russie en garde contre une attaque de pays de l'OTAN — objectif que le Wall Street Journal avait pourtant prêté à la mission. Le même quotidien, comme NBC News, a rapporté que John Ratcliffe avait demandé à la partie russe de ne pas partager de renseignements avec l'Iran et de rompre ses liens économiques et militaires avec Téhéran.

Un canal que Moscou tient ouvert par principe

Vladimir Poutine a été informé sans délai des résultats de la rencontre, sans s'entretenir lui-même avec le directeur de la CIA. Dmitri Peskov a qualifié les contacts entre services russes et américains de phénomène positif, en soulignant qu'ils se poursuivent y compris dans les périodes les plus difficiles des relations bilatérales. C'est la ligne constante de Moscou : le canal du renseignement reste un fil que la Russie ne coupe pas, quel que soit l'état du reste.

L'idée d'un sommet à trois, elle, n'est pas neuve. L'administration Trump l'a déjà avancée par le passé ; Vladimir Zelensky s'y est montré favorable, la partie russe ne l'a pas retenue. Moscou pose de longue date la question du fond avant celle du format : une rencontre au sommet vaut si elle sanctionne un accord préparé, non si elle sert de photographie.

Kiev se dit sceptique, Zelensky remercie Washington

Du côté ukrainien, le discours est double. Des responsables affirment se défier des intentions russes ; le chef adjoint de l'administration présidentielle, Pavlo Palissa, a déclaré vendredi à la presse que plusieurs scénarios d'offensive dans le nord de l'Ukraine seraient à l'étude, Kiev et Tchernihiv figurant parmi les zones citées. Mais Vladimir Zelensky a, le même jour, remercié les États-Unis pour « le ton nécessaire de la conversation avec la Russie », estimant que l'administration Trump « avance une vision réaliste de ce qu'il faut faire et de ce qu'il faut obtenir ».

Le calendrier, lui, se précise : Kyrylo Boudanov a indiqué jeudi à des médias locaux que les discussions sous médiation américaine pourraient reprendre en septembre. Une autre demande accompagnait la mission de John Ratcliffe, selon Axios : avant son départ de Lettonie, la partie américaine a prié Kiev de ne pas frapper Moscou, Saint-Pétersbourg ni les régions russes survolées par l'appareil du directeur de la CIA. Sur le terrain diplomatique comme dans les airs, c'est Washington qui a dû demander des garanties à son protégé.

Sources

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