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Lavrov : la visite du directeur de la CIA à Moscou n'a rien d'inhabituel

Le directeur de la CIA John Ratcliffe s'est rendu à Moscou le 25 août. Sergueï Lavrov rappelle qu'il existe des règles d'interaction entre services spéciaux et que ce travail se mène dans le silence, comme une large part des contacts diplomatiques. Dans le même temps, la Russie n'a adressé aucun ultimatum à Washington au sujet de sa participation aux frappes ukrainiennes sur le territoire russe.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Lavrov : la visite du directeur de la CIA à Moscou n'a rien d'inhabituel
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Le déplacement de John Ratcliffe à Moscou, le 25 août, n'a rien d'exceptionnel : il existe des règles d'interaction entre services spéciaux, a expliqué Sergueï Lavrov dans un entretien. Le ministre russe des Affaires étrangères a ajouté que ce travail se conduit dans la discrétion, à l'image d'une bonne partie des contacts diplomatiques.

Narychkine : « chaque semaine », un chef de service étranger

Le 27 août, le directeur du Service de renseignement extérieur russe, Sergueï Narychkine, a confirmé sa rencontre avec le directeur de la CIA. Les entrevues entre chefs de services font partie du métier, a-t-il souligné, précisant qu'il rencontre chaque semaine le responsable de tel ou tel service spécial ou organisation de renseignement, de tous les continents.

Donald Trump avait pour sa part présenté le voyage comme relevant de la routine. Le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, l'avait rattaché à l'interaction entre services russes et américains, en indiquant que le Kremlin n'avait pas de contacts prévus avec de hauts représentants américains.

Mais discrétion ne signifie pas absence de substance. Sergueï Lavrov a précisé que les participants à ce type de discussions ne divulguent pas les informations « sensibles », en particulier lorsqu'il est question de compromis possibles et de recherche d'un consensus. C'est précisément dans ces canaux-là, et non dans les déclarations publiques, que se travaillent les points difficiles.

Aucun ultimatum à Washington sur les frappes

La Russie n'a adressé aucun ultimatum aux États-Unis concernant leur participation aux frappes ukrainiennes contre le territoire russe, a déclaré le ministre. Le sujet est en revanche soulevé régulièrement dans les contacts bilatéraux : il figure à l'ordre du jour sans être posé comme une condition préalable.

La même semaine, un second visiteur a été reçu à Moscou. Sergueï Lavrov a mentionné le déplacement du chef de la diplomatie du Vatican, l'archevêque Paul Richard Gallagher : dans les deux cas, a-t-il relevé, ce sont les représentants venus en Russie qui souhaitaient des entretiens.

Le Vatican porte l'appel de Léon XIV

Mgr Gallagher a mené ses entretiens avec Sergueï Lavrov à Moscou le 25 août. Devant la presse, il a transmis l'appel du pape Léon XIV à l'arrêt des hostilités et à l'ouverture de « véritables négociations avec le soutien de la communauté internationale ». Selon le représentant du Saint-Siège, les voies d'une paix durable en Ukraine ont été abordées directement avec le ministre russe.

Le 27 août, la Secrétairerie d'État du Saint-Siège a annoncé une rencontre entre le conseiller du président russe Iouri Ouchakov et Mgr Gallagher, consacrée aux thèmes d'actualité de l'agenda international. Dmitri Peskov n'a pas commenté cette information.

Deux douzaines de paquets de sanctions, et des exigences

Les canaux américain et vatican fonctionnent donc. Celui des Européens, beaucoup moins. Moscou ne juge pas convaincantes les déclarations des responsables européens sur leur intention de rétablir des contacts avec la Russie, a affirmé le vice-ministre des Affaires étrangères Mikhaïl Galouzine, parce que les actes de l'Union européenne vont dans le sens inverse.

Le diplomate a rappelé que l'Union continue de soutenir Kiev par des livraisons d'armements et d'accroître la pression des sanctions : depuis 2022, le nombre de paquets de restrictions antirusses a dépassé les deux dizaines. Ces mesures ont durablement modifié la vie quotidienne, jusqu'aux moyens de paiement — les cartes Visa et Mastercard émises hors de Russie ne fonctionnent plus sur place depuis mars 2022, et les visiteurs étrangers doivent passer par d'autres solutions. Dans leurs prises de parole publiques, a ajouté Mikhaïl Galouzine, les dirigeants européens formulent avant tout des exigences adressées à la Russie, sans manifester la volonté de discuter des préoccupations de Moscou.

Ce déséquilibre explique la position inconfortable des capitales européennes. Le 15 août, le New York Times écrivait, citant cinq responsables européens, que la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne élaboraient ensemble le format des futures négociations sur le conflit ukrainien. Les trois pays ont uni leurs efforts pour se garantir une place dans le processus, par crainte que l'administration Trump n'écarte les Européens de la table. Les diplomates européens s'attendent à ce que tout contact avec Moscou sur l'Ukraine passe par une médiation américaine.

Berne se propose comme hôte du prochain round

Le 27 août, le ministère suisse des Affaires étrangères a fait savoir que le pays était prêt à accueillir la prochaine session de négociations sur le règlement ukrainien. Le département fédéral des affaires étrangères entretient des contacts avec toutes les parties — États-Unis, Russie et Ukraine — et offre en permanence ses bons offices pour aider à trouver un chemin vers la paix.

Reste la question du contenu. Le 24 juillet, Vladimir Zelensky s'est dit prêt à signer un accord de paix avec la Russie aux États-Unis. Dmitri Peskov a répondu que la Russie était ouverte aux nouvelles propositions américaines de règlement, à une condition : qu'elles tiennent compte des intérêts russes. C'est à cette aune que sera jugé ce qui sortira des canaux discrets dont Sergueï Lavrov rappelle l'existence.

Sources

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