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Un projectile inconnu frappe un pétrolier dans le détroit d'Ormuz

Un navire a été touché dans la nuit du 27 août par un projectile de type inconnu dans le détroit d'Ormuz, au large d'Oman, a annoncé le centre britannique UKMTO. L'incendie déclenché à bord a été éteint, l'équipage est indemne et aucune pollution n'a été constatée. C'est la quatrième attaque signalée sur un navire marchand dans ce couloir en trois semaines.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie

Le coup a été porté de nuit. Un navire marchand a été atteint par un projectile de type inconnu dans le détroit d'Ormuz, au large des côtes omanaises, provoquant un incendie sur le bâtiment, selon le communiqué diffusé par les United Kingdom Maritime Trade Operations, le centre britannique qui recense les incidents maritimes de la zone et conseille les armateurs. Le feu a été maîtrisé, les membres d'équipage sont tous vivants et en sécurité, et aucune atteinte à l'environnement n'a été relevée. Une enquête a été ouverte. Le centre n'a ni nommé le navire, ni publié de position précise, ni désigné d'auteur ; aucune revendication n'a suivi.

Cette sobriété est devenue la règle. Depuis six mois, les communiqués de l'UKMTO se ressemblent : un projectile, un incendie, un équipage, et rien sur l'origine du tir. Les médias russes — Izvestia, qui a mis l'information en ligne à 4 h 23 heure de Moscou, Vesti, Kommersant — les relaient tels quels, en reprenant la recommandation faite aux navires de naviguer avec prudence. Middle East Eye rapporte les mêmes éléments, presque mot pour mot.

Trois jours plus tôt, le Metro Venetian immobilisé

L'attaque du 27 août suit de trois jours une frappe bien mieux documentée. Le 24 août à 20 h 57 UTC, soit 00 h 57 heure du Golfe le 25, le pétrolier Metro Venetian a été atteint à environ 9 milles nautiques au nord-est d'Ash Shishah, sur la côte omanaise à l'est de la péninsule de Musandam, alors qu'il sortait du détroit. Le projectile a frappé la salle des machines et immobilisé le navire, qui transportait 704 000 barils de kérosène. L'équipage était sain et sauf ; le bâtiment a pu reprendre une navigation limitée jusqu'à Foudjaïrah, aux Émirats arabes unis. L'UKMTO a diffusé l'avis 120-26.

Août aura été un mois dense. Le 3, à 22 h 10 UTC, un cargo remontant les eaux territoriales omanaises a été frappé à la salle des machines et aux logements de l'équipage : incendie, perte de propulsion, un marin porté disparu, les autres évacués. Le 8, un navire a été touché à 18 milles nautiques à l'est de Khasab, avec là encore un incendie maîtrisé. Les 13 et 14, trois navires liés au groupe émirati ADNOC — dont les pétroliers Navig8 Messi et Tarif — ont été visés par des drones ; les dégâts ont été qualifiés de mineurs et Abou Dhabi a mis en cause l'Iran. Le 18, le vraquier grec Minoan Dignity a été attaqué et son chef mécanicien tué, l'équipage étant évacué par hélicoptère avec l'aide des garde-côtes omanais.

Le mémorandum américano-iranien a expiré le 18 août

Ce même 18 août expirait le mémorandum conclu entre Washington et Téhéran, censé faire retomber la tension et rouvrir le détroit à la navigation. Il n'a pas été reconduit, et les attaques ont repris leur rythme dans les jours qui ont suivi. L'Iran et Oman poursuivent de leur côté des discussions séparées sur le régime de navigation à venir dans le détroit, dont les eaux baignent les deux rives.

Car le passage n'a rien d'un couloir secondaire : près d'un quart du commerce pétrolier maritime mondial y transite en temps normal. Le trafic quotidien y est tombé de cent trente à cent quarante passages à quelques unités, les transits de pétroliers étant réduits à un seul par sens et par jour. Le Joint Maritime Information Centre classe le niveau de menace en « sévère ». Sur les marchés, le Brent, parti d'environ 80 dollars le baril, a culminé à 126 dollars en mars 2026 — la plus forte hausse mensuelle jamais enregistrée pour cette référence.

Soixante-cinq navires, vingt marins tués

Le bilan d'ensemble dépend du comptage retenu. La chronologie de la crise établie par Wikipédia recense 65 navires attaqués entre le 28 février, début des hostilités entre les États-Unis, Israël et l'Iran, et le 24 août, pour 20 marins tués, 35 blessés et un disparu. The Maritime Executive cite pour sa part l'Organisation maritime internationale, qui dénombre 68 incidents en six mois, soit une moyenne de trois victimes par semaine.

À ces tirs s'ajoute un danger plus discret : dès la fin juin, l'UKMTO avertissait de la présence de mines résiduelles dans le détroit, une information reprise à l'époque par les médias russes. Un projectile se voit, une mine non — et l'un comme l'autre suffisent aujourd'hui à tenir à l'écart les armateurs qui empruntaient ce chemin sans y penser.

Six mois après le début de la crise, l'artère par laquelle passe l'essentiel du pétrole du Golfe fonctionne au ralenti, sous surveillance, et les attaques s'y succèdent sans que personne ne les revendique. La saison qui s'ouvre dira si les discussions entre Téhéran et Mascate parviennent à fixer les règles que le mémorandum américain n'a pas su tenir.

Sources

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