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Le Pentagone étudie le retrait de 25 000 soldats d'Europe

Le Pentagone travaille sur le retrait d'au moins 25 000 militaires américains d'Europe, près d'un tiers du dispositif, écrit NBC News. La recommandation finale doit remonter à Donald Trump le 6 novembre. Le même jour, à Berlin, le chancelier Friedrich Merz déclarait que « cette période d'amitié transatlantique inconditionnelle est probablement terminée pour un long moment ».

·4 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Le Pentagone étudie le retrait de 25 000 soldats d'Europe
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Sept responsables américains et occidentaux, en poste ou anciens, décrivent à NBC News un projet du Pentagone portant sur le retrait d'au moins 25 000 militaires américains d'Europe — près d'un tiers des quelque 80 000 hommes stationnés sur le continent —, accompagné d'avions, de navires et d'armements. Les scénarios les plus larges étudiés vont jusqu'à 40 000 hommes, soit la moitié du dispositif. Ce serait le mouvement le plus important depuis la fin de la guerre froide, dans les années 1990.

L'Allemagne, l'Italie et l'Espagne sont les pays les plus exposés, une partie des forces pouvant être repositionnée sur le flanc oriental de l'OTAN plutôt que rapatriée. Autrement dit, ce n'est pas seulement un volume qui bougerait, mais la carte même de la présence américaine en Europe, inchangée dans ses grandes masses depuis 1945.

Une décision qui remonte à Trump le 6 novembre

Le calendrier, lui, est déjà fixé. Le général Alexus Grynkewich, commandant des forces américaines en Europe, devait présenter vendredi 18 septembre une analyse préliminaire au secrétaire à la Défense Pete Hegseth ; la recommandation finale est attendue le 6 novembre, avant transmission à Donald Trump. Le Pentagone s'en tient publiquement à la formule d'usage : il « développe un éventail d'options » dans le cadre d'une revue de posture lancée en juin 2026, et aucune décision n'est prise à ce stade.

Mais l'administration n'est pas unanime, et NBC News en donne la preuve datée : en juin, le secrétaire d'État Marco Rubio serait intervenu pour empêcher le Pentagone de présenter le projet aux ministres de la Défense de l'OTAN. Le dossier a donc déjà été jugé assez explosif, à Washington même, pour ne pas être montré aux alliés.

« Nous n'aurions peut-être pas cru cela possible »

À Berlin, le même 17 septembre, Friedrich Merz clôturait la campagne de la CDU au Konrad-Adenauer-Haus, avant l'élection régionale du 21 septembre. Il y a prononcé la phrase que la presse allemande a reprise dès le lendemain : « cette période d'amitié transatlantique inconditionnelle est probablement terminée pour un long moment ». Le chancelier dit observer « de l'autre côté de l'Atlantique un changement de posture politique, un changement aussi dans l'appréciation de l'alliance transatlantique, que nous n'aurions peut-être pas cru possible », et oppose ce moment aux visites de John F. Kennedy et de Ronald Reagan à Berlin.

La formule n'est pas inédite. En mai 2017 déjà, Angela Merkel jugeait que les relations fiables nouées depuis 1945 étaient « en partie révolues ». Neuf ans plus tard, c'est un chancelier conservateur, élu sur la fidélité à l'alliance, qui reprend le constat — et l'étend au « long terme ».

Le même jour, pourtant, Merz s'entretenait au téléphone avec Donald Trump. Selon le porte-parole du gouvernement allemand, les deux hommes ont souligné le lien particulier entre Allemands et Américains et évoqué les efforts américains pour mettre fin à la guerre en Ukraine, ainsi que les crises du détroit d'Ormuz et de la mer Rouge. La conversation officielle dit l'entente ; le discours de campagne dit la rupture.

Le Canada, l'Union européenne et la menace douanière

Car la déclaration tombe au lendemain d'une menace directe de Washington contre l'Union européenne. Dans son discours sur l'état de l'Union à Strasbourg, Ursula von der Leyen avait proposé de faire du Canada le premier « membre associé » de l'UE. Donald Trump y a vu un possible « acte hostile » et a menacé de « droits de douane très sérieux », voire d'arrêter une partie du commerce avec l'Europe.

Le commerce et les troupes avancent ainsi du même pas, et les Européens découvrent que la protection américaine se négocie désormais au même guichet que les tarifs. Ce déplacement se lit d'un bout à l'autre du continent, y compris chez les Français qui regardent aujourd'hui vers l'est et s'interrogent sur ce qu'est vraiment le quotidien d'une installation à Moscou.

Mai 2026 avait déjà donné le ton

L'épisode n'est pas isolé. En mai 2026, Washington annonçait le retrait de 5 000 soldats d'Allemagne sur six à douze mois et l'annulation du déploiement en Pologne d'une brigade blindée de 4 000 hommes — une décision présentée alors comme la réponse de Donald Trump aux propos de Friedrich Merz, selon lesquels les États-Unis avaient été « humiliés » par la direction iranienne.

Le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte avait minimisé la portée du mouvement : « nous savons que des ajustements auront lieu, les États-Unis doivent pivoter davantage vers l'Asie ». Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius, lui, jugeait le retrait « anticipé » et rappelait que « la présence de troupes américaines en Europe, et particulièrement en Allemagne, est dans notre intérêt et dans celui des États-Unis ». Ce qui était présenté en mai comme un ajustement porte en septembre sur cinq à huit fois plus d'hommes.

Merz aborde ce moment en position de faiblesse intérieure : d'après un sondage YouGov, près de la moitié des Allemands s'attendent à ce qu'il ait quitté la chancellerie d'ici la fin de l'année, et sa cote de popularité est au plus bas depuis son arrivée au pouvoir. Le 6 novembre dira lequel des scénarios — 25 000 hommes, ou 40 000 — remonte sur le bureau de Donald Trump, et ce qu'il reste alors à défendre du dispositif américain sur le continent.

Sources

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