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Lycée russe : le niveau approfondi devient optionnel en 2027

À partir du 1er septembre 2027, les lycéens russes pourront suivre toutes leurs matières au seul niveau de base. Le ministre de l'Éducation Sergueï Kravtsov l'a annoncé le 11 septembre, à propos du nouveau standard fédéral d'État pour les classes de 10e et 11e années. L'obligation d'approfondir au moins deux disciplines, en place depuis 2012, disparaît.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie

« Un changement important sera la possibilité pour les élèves du lycée d'étudier toutes les matières uniquement au niveau de base, alors qu'aujourd'hui l'étude d'au moins deux matières au niveau approfondi est obligatoire. » La phrase de Sergueï Kravtsov, ministre russe de l'Éducation, tient en une ligne et défait une règle vieille de quatorze ans.

Cette règle est celle de l'arrêté n° 413 du 17 mai 2012, plusieurs fois amendé depuis, qui fixe le standard fédéral d'État — le FGOS — de l'enseignement secondaire général. Il impose aux filières à profil un socle de deux disciplines approfondies au minimum. Seul le profil universel échappait déjà à cette contrainte. À compter de la rentrée 2027, l'exception devient la règle générale : un lycéen qui ne veut pas approfondir n'aura plus à le faire.

Les six filières restent, l'obligation d'approfondir disparaît

Le reste de l'architecture du lycée ne bouge pas. L'enseignement par profils est maintenu, avec les six mêmes filières : sciences naturelles, agrotechnologique, humanités, technologique, socio-économique et universelle — la filière agrotechnologique étant l'ajout le plus récent de la liste. Les établissements gardent la liberté de constituer, à l'intérieur de ces profils, des groupes plus étroitement spécialisés : classes médicales, d'ingénierie, informatiques, pédagogiques, médias ou linguistiques.

La liste des matières susceptibles d'être approfondies reste elle aussi inchangée : mathématiques, informatique, physique, chimie, biologie, géographie, histoire, sciences sociales, littérature et langue étrangère. Ce qui change n'est donc pas l'offre, mais le caractère contraignant du choix. Kravtsov a ajouté un garde-fou : la sélection à l'entrée des classes à profil ne doit pas devenir un obstacle à la poursuite des études.

« Le cours de base est complet », assure la Douma

L'objection vient d'elle-même : un élève qui sort du lycée sans aucune matière approfondie est-il armé pour entrer à l'université ? Elle a été traitée le jour même à la Douma. Alexandre Tolmatchev, vice-président de la commission de la politique de la jeunesse (Russie unie), a défendu le changement en refusant l'assimilation entre « niveau de base » et savoir incomplet : le cours de base est « complet, contenant le volume de connaissances nécessaire » pour réussir l'examen d'État unifié et entrer dans le supérieur.

L'argument de fond est celui de la charge de travail — celle des élèves, mais aussi celle des parents et des enseignants. Et la réforme ouvre une souplesse que le cadre de 2012 ne permettait pas : un lycéen pourra changer de niveau en cours de route, selon les objectifs qu'il se fixe. Sur l'examen lui-même, Kravtsov avait indiqué le 26 août qu'aucune complexification des épreuves de l'EGE n'était prévue pour 2027.

Mathématiques appliquées, intelligence artificielle en informatique

L'allègement n'est qu'une face du texte. Selon la présentation qu'en donnait le portail des projets nationaux russes le 1er juin, les programmes de mathématiques, de physique, de chimie et de biologie doivent devenir « de plus en plus appliqués » — moins d'abstraction, davantage de mise en situation. Les compétences liées à l'intelligence artificielle sont traitées comme transversales, et le cours d'informatique se voit adjoindre des modules consacrés à l'IA, à l'apprentissage machine et à l'analyse des grandes données.

Le ministère prévoit en parallèle des normes uniformes d'équipement des salles de classe : mobilier, laboratoires numériques, matériel interactif. C'est la condition matérielle de la première partie : un cours de physique appliquée ou un module d'apprentissage machine suppose des salles outillées pour cela, dans les régions comme dans les capitales.

Une étape d'un plan qui court jusqu'en 2030

Le nouveau FGOS ne se lit pas seul. Il s'inscrit dans le plan d'action gouvernemental pour le développement du système éducatif jusqu'en 2030, arrêté n° 3333-r du 19 décembre 2024, et dans le projet national « Jeunesse et enfants ». L'orientation est cohérente d'un texte à l'autre : former davantage d'ingénieurs, d'informaticiens et de techniciens, et les former sur des contenus tournés vers l'application.

Pour les familles françaises installées en Russie, dont les enfants suivent la scolarité locale, ces deux années de lycée sont précisément celles où se joue l'entrée dans le supérieur russe — un point à intégrer dans toute réflexion sur un projet d'installation durable, au même titre que le budget mensuel réel d'un foyer en Russie.

Dix-huit mois séparent l'annonce de l'entrée en vigueur. C'est le temps dont disposent les établissements pour reconstruire leurs emplois du temps, et celui des élèves qui entreront en 10e année à la rentrée 2027 : les premiers lycéens russes à pouvoir choisir de ne rien approfondir.

Sources

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