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Culture spirituelle à l'école : 17 heures par an, l'anglais passe à deux

Depuis le 1er septembre, les écoles russes inscrivent à leur emploi du temps un cours de « culture spirituelle et morale de la Russie », créé sur instruction du président. Dix-sept heures en cinquième année cette année, trente-quatre en sixième et septième dès 2027 — des heures prises pour partie sur les langues étrangères, dont le volume tombe de 510 à 408 heures.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Culture spirituelle à l'école : 17 heures par an, l'anglais passe à deux
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Depuis le 1er septembre, un nouveau cours figure à l'emploi du temps de toutes les écoles russes : la « culture spirituelle et morale de la Russie », DNKR dans le sigle officiel. Il ne touche pour l'instant que la cinquième année — la première du collège — et seulement le second semestre, à raison de dix-sept heures dans l'année. Le ministère de l'Éducation le décrit comme un cours destiné à former la vision du monde des élèves à partir des valeurs spirituelles et morales traditionnelles russes, et rappelle qu'il a été créé sur instruction du président.

L'ambition est plus large que ce premier semestre. À la rentrée 2027, la matière descendra aussi en sixième et septième années, avec une heure par semaine et trente-quatre heures annuelles. C'est à cette échelle-là qu'il faut lire la décision : non pas un module d'appoint, mais une discipline installée sur trois niveaux du collège.

Les heures viennent de l'anglais, l'arabe entre au programme

Ces heures, il a bien fallu les prendre quelque part. Le volume consacré aux langues étrangères en cinquième, sixième et septième années passe cette année de 510 à 408 heures, soit deux séances hebdomadaires au lieu de trois ; l'anglais est le premier concerné. Le ministère de l'Éducation explique que la réduction « vise à trouver un équilibre optimal dans le plan d'études ». Le même arbitrage frappe l'éducation civique, qui disparaît complètement des sixième et septième années et n'est plus enseignée qu'aux grandes classes.

Mais l'enseignement des langues ne recule pas partout, et c'est ce qui distingue cette réforme d'un simple repli. L'arabe entre officiellement au programme scolaire à partir de cette année : plusieurs établissements pourront le proposer comme seconde langue vivante. Le cursus a été mis au point dans le cadre de la coopération éducative avec les Émirats arabes unis. Une heure d'anglais en moins d'un côté, une langue nouvelle de l'autre : l'école russe redistribue plus qu'elle ne rogne.

Un cours retiré en 2025, rétabli sous un autre nom

La matière n'est pas née cette semaine. Sous le nom de « fondements de la culture spirituelle et morale des peuples de Russie » (ODNKNR), elle était apparue comme discipline autonome à la rentrée 2023. Le ministère avait ensuite choisi de la fondre dans le cours « Histoire de notre région » et l'avait retirée de l'emploi du temps pour l'année 2025-2026.

La décision a provoqué l'indignation de l'Église orthodoxe russe, qui obtenait depuis des années l'inscription de cet enseignement au programme obligatoire et voyait ce résultat défait. Les discussions ont duré près d'un an. Elles ont abouti à un compromis dont le nom même dit le déplacement : la « culture spirituelle et morale des peuples de Russie » est devenue la « culture spirituelle et morale de la Russie », rendue à son statut de matière distincte, cette fois sur trois niveaux au lieu d'un. Entre-temps, les élèves n'auront étudié ni l'une ni l'autre pendant une année entière.

Des professeurs d'histoire formés, une ligne unique de manuels

Le ministre de l'Éducation Sergueï Kravtsov a insisté sur l'utilité du cours, qui aide selon lui les enfants à mieux assimiler les valeurs morales traditionnelles. Reste à le rendre enseignable. Ce sont les professeurs d'histoire qui en auront la charge, avec des stages de perfectionnement organisés spécialement pour eux. Le ministère prévoit par ailleurs une ligne unique de manuels et des recommandations méthodologiques, c'est-à-dire un contenu identique d'un bout à l'autre du pays — le contraire de ce que produisait la dilution dans un cours régional.

« Artificiel », objectent une partie des enseignants

Tous les pédagogues n'y souscrivent pas. Certains jugent la matière artificielle et estiment que ces valeurs devraient être transmises dans les cours de littérature et d'histoire plutôt que dans une discipline séparée. L'objection est sérieuse, mais l'expérience des trois dernières années lui répond : c'est précisément la formule de l'intégration à un autre cours qui a été tentée en 2025, et elle s'est soldée par une année sans enseignement du tout. Un contenu qui n'a ni horaire propre, ni manuel, ni professeur formé n'a pas de garantie d'exister.

La prochaine échéance est fixée à septembre 2027, avec le passage à trente-quatre heures annuelles en sixième et septième années. D'ici là, les manuels doivent être écrits et les professeurs d'histoire formés : c'est sur ce contenu, plus que sur le principe, que se jugera le cours.

Sources

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