Aller au contenu
InfoRussieL'actualité russe, vue de Russie
Société

Plus de 40 % des Russes ne retourneraient pas en Europe, frontières rouvertes

Une enquête menée auprès de 1 200 Russes majeurs indique que 42,6 % d'entre eux ne prévoient pas de voyage en Europe, même si les frontières rouvraient et les restrictions tombaient. Un tiers déclare avoir découvert d'autres destinations et ne pas le regretter.

·2 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Travellers line up at the check-in counters for Jetstar in the old international departures hall at Da Nang Airport.
Photo d'illustrationDragfyre — CC BY-SA 3.0

L'enquête a été réalisée par Onlinetours, un service russe de réservation de séjours à forfait, auprès de plus de 1 200 Russes majeurs. Ses résultats, dont l'agence TASS a pris connaissance, sont rapportés par la chaîne Zvezda.

La question posée est hypothétique, et c'est ce qui la rend intéressante : que feriez-vous si les frontières rouvraient et si les restrictions actuelles étaient levées ?

Quatre réponses, un basculement

42,6 % des participants déclarent qu'ils ne sont pas prêts à se rendre dans des pays européens, même après la levée des restrictions.

22,1 % ne parviennent pas à se décider.

26,8 % se disent prêts à partir en Europe sans condition supplémentaire.

8,5 % indiquent qu'ils continuent déjà de s'y rendre sans difficulté particulière.

Autrement dit : à supposer que tous les obstacles administratifs disparaissent demain, une majorité relative de ces voyageurs ne bougerait pas, et près d'un quart ne saurait pas quoi répondre.

Ce qui retient, dans l'ordre

Les personnes interrogées citent d'abord des obstacles matériels : la nécessité d'obtenir un visa, et le coût élevé des voyages.

Mais deux autres motifs figurent dans la liste, et ils ne relèvent pas de la logistique : l'attitude des habitants sur place, et les difficultés d'acheminement. Le premier est le plus révélateur de l'enquête — il ne s'agit plus d'un empêchement, mais d'une réticence.

Un report qui a produit ses propres bénéfices

La partie la moins attendue de l'étude porte sur ce que la réorientation touristique a apporté.

35,5 % des sondés disent avoir découvert de nouveaux lieux, connu d'autres cultures et goûté des plats qu'ils ne connaissaient pas. 21,6 % signalent de nouvelles formules de vacances, et 21 % une possibilité d'économiser.

À l'inverse, 12,2 % seulement mettent en avant le fait d'avoir évité les files d'attente et le stress des démarches de visa européen — signe que la satisfaction déclarée tient davantage à ce qui a été trouvé ailleurs qu'à ce qui a été évité.

« L'Europe ne redeviendra jamais ce qu'elle était »

Sur l'avenir, l'opinion se partage presque exactement en deux. 39,5 % des répondants estiment que l'Europe ne redeviendra jamais pour les touristes russes la destination qu'elle a été ; 37,2 % pensent le contraire.

Interrogés sur le retour d'un tourisme de masse, 23,9 % l'attendent et 25,7 % l'envisagent comme possible — soit près d'un sur deux. En face, 20,4 % jugent que les voyages massifs de Russes en Europe ne reprendront pas, et 21,1 % considèrent qu'ils n'ont en réalité jamais cessé.

Vu de l'autre côté de la frontière

La dépêche se clôt sur un élément qui vient d'Europe, et qui donne à ces pourcentages une contrepartie concrète : sept pays d'Europe de l'Est ont fait état d'une baisse marquée du flux touristique dans leurs régions frontalières et ont demandé à la Commission européenne de se pencher sur la situation. Le document invoqué relève que « les événements géopolitiques et les problèmes de sécurité » ont fortement affecté le secteur touristique.

Ce que cette enquête vaut, et ce qu'elle ne vaut pas

Elle émane d'un voyagiste, non d'un institut de sondage indépendant, et porte sur 1 200 personnes — un échantillon modeste pour un pays de 145 millions d'habitants. Ses résultats servent aussi, de façon assez directe, le commerce de celui qui la publie, puisqu'ils décrivent une clientèle satisfaite de destinations qu'il vend.

Cela n'invalide pas les chiffres, mais impose de les lire pour ce qu'ils sont : la photographie d'un état d'esprit, produite par un acteur du marché, à un moment donné.

PartagerTelegramFacebookXWhatsApp