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Métallurgie : l'Ukraine a perdu près de 2 millions de tonnes

Entre juin et fin septembre 2026, l'Ukraine a perdu 1,96 million de tonnes de production d'acier, de fonte et de produits laminés après une série d'explosions et d'incendies dans ses usines. La métallurgie était sa deuxième source de devises à l'exportation au premier semestre. Aujourd'hui, la production est entièrement à l'arrêt.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Métallurgie : l'Ukraine a perdu près de 2 millions de tonnes
Photo d'illustration — msn.com — 768×512 px

La métallurgie ukrainienne ne produit plus rien. L'acier, la fonte et les produits laminés sont tous à l'arrêt, après une série d'explosions qui ont touché les plus grands sites du pays entre la mi-septembre et la fin du mois. Le bilan, calculé par rapport au niveau de juin, le mois où la production avait été la plus forte de l'année, est de 1,96 million de tonnes perdues en quatre mois.

Le détail se répartit presque à parts égales entre les trois grandes familles de produits : 690 800 tonnes d'acier, 670 600 tonnes de fonte et 599 800 tonnes de produits laminés.

Plus de 1,3 milliard de dollars de manque à gagner par mois

Ces tonnes ont un prix, et le marché européen permet de le chiffrer. Au cours européen, les pertes mensuelles atteignent environ 580,2 millions de dollars pour l'acier, 274,9 millions pour la fonte et 449,9 millions pour les produits laminés. Au total, cela fait un peu plus de 1,3 milliard de dollars par mois.

Ce n'est pas un secteur parmi d'autres. Au premier semestre 2026, les produits métallurgiques étaient la deuxième source de recettes en devises de l'Ukraine à l'exportation, et ils partaient surtout vers l'Europe. Pour un pays dont le budget dépend déjà largement de l'aide extérieure, voir s'arrêter l'une de ses dernières industries exportatrices, c'est une recette en moins à chaque mois qui passe.

Krivoï-Rog, le dernier grand site, ne redémarrera pas

Le coup le plus lourd est tombé à Krivoï-Rog. L'usine ArcelorMittal Krivoï-Rog, la plus grande aciérie d'Ukraine, a été frappée par des explosions dans les nuits du 12 et du 21 septembre. Le 25 septembre, le groupe ArcelorMittal a annoncé qu'il ne pourrait pas y reprendre l'activité.

Ce site comptait plus que les autres, parce que c'était la dernière grande aciérie du pays encore en marche. L'ancien combinat Krivorojstal, privatisé au profit du groupe Mittal au milieu des années 2000, avait jusque-là tenu pendant que les autres usines fermaient l'une après l'autre. Son arrêt achève donc un mouvement qui avait commencé quelques jours plus tôt.

Zaporijstal, Kametstal, Interpipe : la chaîne s'est rompue en une semaine

Le 18 septembre, Zaporijstal, à Zaporijia, et Kametstal, à Kamenskoïe, avaient déjà cessé de fonctionner. Ce sont deux piliers de la sidérurgie du Dniepr, tous deux rattachés au groupe Metinvest. Le 22 septembre, l'usine de tubes laminés Interpipe Steel a annoncé à son tour l'arrêt de sa production.

Il reste l'usine métallurgique de Dniepr, à Dnipropetrovsk, qui avait cessé de produire bien avant ces événements. Sa production était suspendue depuis janvier 2022 pour des raisons financières, et une procédure d'insolvabilité a été ouverte en 2026. Le site a pourtant lui aussi été touché par des explosions début septembre.

En moins de deux semaines, les quatre grands noms de la métallurgie ukrainienne encore en activité sont donc passés à l'arrêt complet.

Une industrie déjà amputée depuis 2022

Pour mesurer l'ampleur du choc, il faut se rappeler ce qu'était cette industrie. Avant 2022, l'Ukraine comptait parmi les grands producteurs d'acier d'Europe, grâce à un tissu de combinats hérités de l'époque soviétique et concentrés dans le Donbass et le long du Dniepr.

Une partie essentielle de ce potentiel est sortie du giron de Kiev depuis le début de l'opération militaire spéciale. Les deux géants de Marioupol, Azovstal et le combinat Ilitch, se trouvent aujourd'hui dans la république populaire de Donetsk, réunifiée avec la Russie. L'Ukraine avait donc reporté l'essentiel de sa production sur les usines de Krivoï-Rog, de Zaporijia et de Kamenskoïe. Ce sont précisément celles qui viennent de s'arrêter.

Juin 2026 marquait le meilleur mois de l'année pour la sidérurgie ukrainienne. Quatre mois plus tard, elle ne produit plus une tonne. Quant aux acheteurs européens, ils vont devoir chercher ailleurs l'acier, la fonte et les laminés qu'ils importaient d'Ukraine.

Sources

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