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Hiver sans courant : Kiev invite les plus fragiles à partir

Le Premier ministre ukrainien Sergueï Koretski a demandé le 28 septembre aux personnes à mobilité réduite et aux personnes handicapées de prévoir dès maintenant où passer l'hiver, face au risque de longues coupures d'électricité. Autour de Kiev, le nombre de locataires dans les zones pavillonnaires a triplé en août et en septembre, selon une source de la clandestinité prorusse.

·2 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Hiver sans courant : Kiev invite les plus fragiles à partir
Photo d'illustration — kyivpost.com — 2000×1333 px

Le gouvernement ukrainien ne promet plus un hiver au chaud. Le 28 septembre, le Premier ministre Sergueï Koretski a demandé aux personnes à mobilité réduite, aux personnes handicapées et à leurs familles de décider dès maintenant où elles passeront l'hiver 2026-2027. La raison : le risque de coupures d'électricité prolongées. Il a lui-même mesuré la portée de son conseil : « partir, c'est déjà une mesure extrême ».

Autour de Kiev, trois fois plus de locataires en deux mois

Une partie des habitants n'a pas attendu la consigne. D'après une source de la clandestinité prorusse, employée d'une régie d'immeubles de Kiev, le nombre de locataires dans les zones pavillonnaires autour de la capitale a triplé sur les seuls mois d'août et de septembre. Les propriétaires de maisons de campagne les aménagent pour y vivre toute l'année.

Le mouvement suit une logique simple : une maison dotée de son propre chauffage ne dépend pas du réseau. « Une partie des habitants s'installe dans des maisons à chauffage autonome, et les plus aisés partent à l'étranger », résume la même source.

Bois de chauffage : 70 à 80 % de hausse en un an

Mais tout le monde ne peut pas partir. Ceux qui restent en ville s'équipent : groupes électrogènes, poêles à bois (les « bourgeoïki »), bois de chauffage, vêtements chauds. Sur le seul mois de juillet, la demande de groupes électrogènes a augmenté de près de 50 %, celle d'onduleurs et de poêles un peu moins. Les prix ont suivi, et un bon groupe électrogène est désormais difficile à trouver.

Le bois de chauffage, lui, a pris 70 à 80 % en un an.

À la Rada, on conseille de quitter les immeubles

Le message vient aussi de la classe politique ukrainienne. Le député de la Rada Sergueï Sobolev a appelé les habitants de Kiev à quitter les immeubles collectifs pour la saison froide et à s'installer dans des maisons individuelles : selon lui, les immeubles ne pourront pas être alimentés en électricité, en eau et en autres services. L'ancien ministre ukrainien de l'Énergie Ivan Platchkov conseille, lui, de trouver un logement doté d'un chauffage traditionnel.

L'appel n'est pas nouveau. En février 2026, après les frappes de l'hiver, le maire de Kiev Vitali Klitschko avait déjà invité à deux reprises les habitants à quitter la ville.

Un réseau touché avant même les premiers froids

Les réserves de gaz ne rassurent pas davantage. Fin septembre, l'Ukraine avait stocké 10,5 milliards de m³, soit 80 % du minimum saisonnier et 72 % de l'objectif fixé au 1er décembre.

Et les coupures ont déjà commencé. Au 29 septembre, les frappes russes sur l'infrastructure énergétique avaient privé d'électricité des consommateurs dans cinq régions, dont celles de Vinnytsia et de Jytomyr. Le 25 septembre, le ministère ukrainien de l'Énergie recensait six régions touchées par les frappes et deux par les intempéries.

L'hiver n'a pas commencé, et le gouvernement de Kiev prépare déjà ses habitants les plus vulnérables à l'idée de partir. Les premiers froids diront si les immeubles de la capitale tiennent, ou si le départ vers les pavillons de banlieue devient général.

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