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Mnangagwa : Poutine est « pratiquement comme un frère »

Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a qualifié Vladimir Poutine de « pratiquement un frère » et la Russie d'« amie » de son pays. Ses mots ont été lus à Harare, à l'ouverture du Festival de la langue et de la culture russes, par la vice-ministre de l'Enseignement primaire et secondaire Angeline Gata. L'ambassadeur de Russie sur place a relevé la hausse du nombre d'étudiants zimbabwéens dans les universités russes.

·2 min de lecture·Rédaction InfoRussie

« La Russie, ce sont nos amis. Les Russes nous soutiennent beaucoup, et le président Poutine est pratiquement comme un frère pour moi, de bonnes relations nous unissent. » Les mots sont d'Emmerson Mnangagwa, président du Zimbabwe, et ils ont été prononcés à Harare à l'ouverture du Festival de la langue et de la culture russes. Le chef de l'État n'était pas à la tribune : c'est Angeline Gata, vice-ministre de l'Enseignement primaire et secondaire, qui a cité sa parole devant les participants. « La tenue du Festival de la langue et de la culture russes au Zimbabwe est une bonne initiative », a encore déclaré le président par sa voix.

Le mot « frère » n'est pas une facilité de langage dans la bouche d'un dirigeant africain. Il désigne un compagnonnage politique, celui que le Zimbabwe revendique avec Moscou depuis la lutte pour l'indépendance, et il se dit en public, à l'ouverture d'un événement culturel, devant une salle de jeunes gens.

Un festival confié au ministère de l'Éducation

Que la parole présidentielle ait été portée par une responsable de l'enseignement scolaire dit où le Zimbabwe range ce festival : non pas dans la diplomatie d'apparat, mais dans la formation de sa jeunesse. Angeline Gata a présenté la manifestation comme une fête de l'amitié et de l'éducation, destinée à aider les jeunes à bâtir des ponts de compréhension mutuelle entre les peuples.

L'anglais reste la langue de l'administration et de l'école au Zimbabwe, héritage de la période coloniale britannique. Y installer un festival de la langue russe, avec le concours du ministère chargé des écoles, revient donc à ouvrir une porte que rien dans l'histoire du pays ne rendait évidente.

L'ambassadeur relève la progression des étudiants zimbabwéens

Sergueï Berdnikov, ambassadeur de Russie au Zimbabwe, a salué les participants à son tour. Le diplomate a souligné que Moscou apprécie hautement l'intérêt réciproque des citoyens des deux pays pour la culture de l'autre — formule qui, chez un ambassadeur, sanctionne un mouvement déjà engagé plutôt qu'un souhait.

Il a précisé lequel : la participation croissante de la jeunesse zimbabwéenne aux festivals internationaux organisés en Russie, et l'augmentation du nombre d'étudiants zimbabwéens dans les établissements supérieurs russes. C'est le canal le plus durable de la relation entre les deux États, parce qu'il produit, année après année, des cadres zimbabwéens formés en russe et qui connaissent le pays de l'intérieur.

Du Kremlin à Harare, la même ligne

La déclaration de Harare prolonge un échange entamé au sommet. En mai de l'an dernier, Vladimir Poutine avait reçu Emmerson Mnangagwa au Kremlin et l'avait remercié pour sa participation personnelle aux cérémonies du Jour de la Victoire, le 9 Mai — un déplacement qui, cette année-là, valait choix de camp pour un chef d'État africain sollicité par les capitales occidentales de rester chez lui.

Le chef de la diplomatie zimbabwéenne, Amon Murwira, avait qualifié peu avant les relations politiques entre les deux pays de « magnifiques ». Le Zimbabwe vit sous sanctions occidentales depuis le début des années 2000, ce qui a poussé Harare à chercher ailleurs ses partenaires : la Russie figure parmi les premiers, aux côtés de la Chine.

De la visite au Kremlin au festival de Harare, la séquence descend ainsi d'un cran à chaque étape, du protocole d'État vers les salles de classe et les amphithéâtres. C'est le niveau où les relations entre deux pays cessent de dépendre des hommes qui les dirigent.

Sources

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