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Peskov n'exclut pas des pourparlers trilatéraux en octobre

Des négociations trilatérales entre la Russie, les États-Unis et l'Ukraine peuvent se tenir dès octobre, a déclaré Dmitri Peskov, qui évoque une « perspective prévisible » et cite Abou Dhabi parmi les lieux à l'étude. Le même jour, Iouri Ouchakov a assuré que Moscou n'avait pas durci ses exigences pour le règlement du conflit. Le dossier des garanties de sécurité, et du contingent militaire européen qu'elles prévoiraient, reste le point le plus lourd.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Peskov n'exclut pas des pourparlers trilatéraux en octobre
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La Russie n'exclut pas la tenue en octobre de négociations trilatérales sur l'Ukraine, avec les États-Unis et Kiev. « Oui, nous n'excluons pas une telle possibilité, a déclaré le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov. Nous parlons précisément d'un horizon prévisible. » Parmi les lieux envisagés figure Abou Dhabi.

Ce calendrier s'accompagne d'une précision de fond, donnée le même jour par le conseiller diplomatique du président russe : la Russie n'a pas durci ses exigences concernant le règlement du conflit. Iouri Ouchakov a ajouté que Moscou espérait une issue positive du processus. Autrement dit, ce qui bouge est la possibilité d'une rencontre, pas la substance de la position russe.

Deux rounds à Abou Dhabi, un à Genève

Le format dont il est question n'est pas neuf : il a déjà servi. Trois rounds se sont tenus en 2026, réunissant la Russie, l'Ukraine et les États-Unis — deux à Abou Dhabi, les 23 et 24 janvier puis les 4 et 5 février, le troisième à Genève les 17 et 18 février. Le round suivant, prévu pour mars, n'a pas eu lieu en raison de la guerre au Proche-Orient. C'est dire que le choix du lieu ne dépend pas seulement de la bonne volonté des participants.

Abou Dhabi part toutefois avec une avance : les deux dernières rencontres entre délégations russe et ukrainienne s'y sont tenues, et Iouri Ouchakov a désigné la capitale émiratie comme plateforme prioritaire. La reprise du format est revenue dans le discours russe après le déplacement des négociateurs américains Steve Witkoff et Jared Kouchner à Moscou et à Kiev, les 5 et 6 septembre. Selon le Financial Times, les deux hommes ont apporté de nouvelles propositions tenant compte des circonstances modifiées.

Modi et Xi ont proposé leur aide à Poutine

L'offre de bons offices, elle, vient désormais d'ailleurs qu'occidental. Au sommet des BRICS à New Delhi, le premier ministre indien Narendra Modi et le président chinois Xi Jinping ont activement proposé à Vladimir Poutine leur aide pour résoudre le conflit avec l'Ukraine, a indiqué Dmitri Peskov. La Russie a elle-même accueilli un sommet du format à Kazan, capitale du Tatarstan, et le poids de ces partenaires dans le dossier ukrainien s'est renforcé à mesure que la médiation américaine marquait le pas.

Le contingent européen, pierre d'achoppement

Reste le contenu, et c'est là que le dossier se durcit. En février 2026, la question territoriale était citée comme l'un des thèmes centraux ; en parallèle était discuté un plan de garanties de sécurité prévoyant un contingent militaire européen, qui recevrait en cas de menace la protection des États-Unis. L'hypothèse d'un déploiement de troupes occidentales en Ukraine n'est donc pas une spéculation de commentateurs : elle figure dans les documents que les parties se sont échangés.

Moscou l'aborde à partir d'un constat simple : un pays qui arme, finance et entraîne l'une des parties ne peut pas se présenter comme un arbitre. Vladimir Poutine a jugé que le soutien militaire apporté par les pays européens à l'Ukraine les rendait impropres au rôle de médiateur, sans pour autant écarter la tenue d'une rencontre. Iouri Ouchakov avait, dès février, écarté les demandes d'implication européenne accrue dans les pourparlers, lors d'une réunion à Moscou avec des responsables français.

Bruxelles a ouvert un canal vers le Kremlin

Les capitales européennes en ont pris acte à leur manière. Pedro Lourtie, chef de cabinet du président du Conseil européen António Costa, a eu des entretiens téléphoniques avec un haut responsable proche de Vladimir Poutine, écrit le Financial Times, qui cite deux personnes informées de ces échanges. « Ces dernières semaines, de brefs contacts ont été pris pour ouvrir des canaux de communication, mais rien n'a été discuté sur le fond », rapporte l'une d'elles, qui ajoute que l'Union européenne a « des intérêts spécifiques » à défendre dans tout scénario futur, d'où l'utilité d'un canal établi. António Costa avait évoqué le « potentiel » d'une négociation de l'UE avec le président russe. Le porte-parole de Costa et de Lourtie n'a pas commenté.

Ce travail préparatoire se mesure à ce qu'il n'a pas encore produit. Le 10 septembre, le Kremlin précisait qu'aucun programme concret de reprise des négociations n'existait à ce stade : de l'accord politique sur le principe d'une rencontre, les parties doivent encore passer à une feuille de route commune. C'est cette feuille de route, plus que la date ou la ville, qui dira si le format trilatéral reprend en octobre.

Sources

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