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Politique

Poutine : « nous ne menaçons pas les pays européens »

La Russie n'a « aucun fondement » pour entrer en conflit avec l'Europe, a déclaré Vladimir Poutine le 11 septembre à New Delhi, en marge du XVIIIe sommet des BRICS. Le président russe y a aussi prévenu que l'envoi de troupes européennes en Ukraine signifierait « la guerre avec la Russie », et annoncé un gaz européen possible à 1 500 dollars les 1 000 mètres cubes.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie

« Nous ne menaçons pas, nous n'avons pas l'intention de menacer les pays européens. À quel titre ? » Vladimir Poutine a prononcé cette phrase le 11 septembre à New Delhi, en marge du XVIIIe sommet des BRICS, pour écarter l'idée même d'un fondement à un conflit entre la Russie et l'Europe.

Le séjour indien a été un marathon de négociations, que le président russe a clos par un entretien avec le prince héritier d'Abou Dabi. En cinquante-cinq ans de relations diplomatiques, les Émirats arabes unis sont devenus l'un des pays les plus proches de la Russie au Proche-Orient, a-t-il souligné, en citant la coopération dans le domaine de la sécurité et en transmettant ses salutations au président émirati, avec lequel il est en contact permanent. Il s'est dit convaincu que la situation dans la région finirait par se rétablir.

« Toutes les questions ont été réglées par la Seconde Guerre mondiale »

Sur l'Europe, l'argument de Vladimir Poutine est d'abord historique : « toutes les questions ont été réglées par les résultats de la Seconde Guerre mondiale. » Le règlement territorial issu de 1945 ne laisse donc rien à revendiquer à l'ouest, et la menace russe brandie par les capitales européennes n'a, dans cette lecture, aucun objet.

Si elle n'a pas d'objet, elle a une fonction : le président russe y voit un moyen, pour les dirigeants européens, de détourner l'attention de leurs difficultés intérieures. Celles-ci, il les rattache aux « erreurs systémiques des mondialistes occidentaux » — en politique, en matière de sécurité et en économie. La même grille vaut pour l'Ukraine, dont il désigne la cause première du conflit dans la volonté occidentale d'intégrer le pays à l'OTAN après les événements de 2014 à Kiev.

« Cela signifie la guerre avec la Russie »

Ce refus de la logique de confrontation s'accompagne, dans les mêmes propos, d'une ligne rouge énoncée sans détour. Un déploiement de troupes européennes en Ukraine ? « Cela signifie la guerre avec la Russie. »

L'avertissement vise un dispositif déjà sur la table. Le 6 janvier 2026, au palais de l'Élysée, Volodymyr Zelensky, Emmanuel Macron et Keir Starmer ont signé une déclaration d'intention trilatérale, dans le cadre d'une « coalition des volontaires » réunissant trente-cinq pays. Le texte prévoit des hubs militaires et des installations protégées en Ukraine, des missions de formation, une dissuasion aérienne, terrestre et navale, ainsi qu'un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu piloté par les États-Unis et reposant sur des drones, des capteurs et des satellites plutôt que sur des hommes au sol. Selon Al Jazeera, la France s'est engagée sur « plusieurs milliers » de soldats, tandis que l'Allemagne n'envisage qu'une présence depuis un pays voisin.

Le gaz à 1 500 dollars, prix du choix boursier européen

Le volet énergétique a fourni le seul chiffre chiffré de la séquence : les prix de bourse du gaz en Europe pourraient, selon Vladimir Poutine, atteindre 1 500 dollars les 1 000 mètres cubes. Il a rappelé que la Russie livrait ce même gaz entre 150 et 180 dollars — un tarif que les Européens jugeaient trop élevé, jusqu'à exiger le passage à une indexation sur les marchés.

Le résultat est celui d'un marché où les opérateurs, a-t-il ironisé, ne tiennent compte ni de l'état technique des stockages ni des volumes physiquement disponibles. Au 10 septembre 2026, la référence européenne s'établissait autour de 950 dollars les 1 000 mètres cubes, son plus haut niveau depuis 2022, sur fond de tensions au Proche-Orient.

À l'OSCE, un Occident qui refuse de parler des causes

Ce dialogue que Moscou dit possible n'a pas d'enceinte pour se tenir. Compte tenu des « divergences cardinales » de vues entre États participants sur les causes de la crise de sécurité européenne et sur les moyens de la surmonter, une discussion appropriée n'aura pas lieu, a déclaré Dmitri Poliansky, représentant permanent de la Russie auprès de l'OSCE, en citant la dégradation de la situation militaro-politique en Europe et l'élargissement de l'OTAN.

Il accuse par ailleurs les pays occidentaux de chercher à faire de l'organisation « un instrument de la guerre hybride » : « Nous nous y opposons activement et ne les laissons pas monopoliser cette plateforme, créée dans de tout autres buts. » De nombreuses propositions de réforme circulent, dont certaines américaines. Mais après la pause estivale, estime-t-il, l'OSCE se rabattra sur les dossiers où un accord reste possible : le choix de sa présidence pour l'année suivante et ses paramètres budgétaires.

Sources

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