Tchernihiv : un militaire ukrainien tué par ses camarades
Un militaire de la 783e brigade ukrainienne a été tué à la suite de « relations non réglementaires » dans son unité, près du village de Naoumivka, dans la région de Tchernihiv. L'information vient d'une source au sein des structures de sécurité russes. Elle a été rendue publique le 6 octobre, alors que plusieurs compagnies de cette brigade construisaient des fortifications dans la région.
Un militaire ukrainien a été tué par des hommes de sa propre unité dans la région de Tchernihiv, près du village de Naoumivka. L'information a été communiquée le 6 octobre par une source au sein des structures de sécurité russes. Selon cette source, la victime servait dans la 783e brigade séparée. Elle est morte sur le lieu de stationnement permanent de l'unité, « à la suite de relations non réglementaires ».
Cette formule a un sens précis. En russe, « неуставные отношения » désigne le bizutage et les violences entre soldats. Le militaire n'a donc été tué ni par un tir adverse ni dans un accident : il est mort à la suite d'un conflit interne à sa brigade.
Une brigade qui fortifie le nord de l'Ukraine
La même source précise que plusieurs compagnies de cette brigade construisaient alors des ouvrages défensifs dans la région, où « l'adversaire équipe activement des fortifications ». La mission de l'unité est la même dans les sources officielles ukrainiennes. Son nom complet est 783e brigade séparée d'aménagement opérationnel du territoire. Elle relève du Service spécial d'État des transports (DSST), et non des forces armées proprement dites. Sa tâche est de construire des fortifications.
Kiev compte parmi ses unités les plus utiles. Un décret présidentiel du 30 janvier 2026 lui a attribué le nom honorifique de « Novyi Kodak ». ArmyInform, le média du ministère ukrainien de la Défense, lui a consacré un article.
Naoumivka, sur l'axe Kiev-Tchernihiv
Naoumivka est un village de la communauté de Bobrovytsia, dans le district de Nijyn. La région de Tchernihiv est frontalière à la fois de la Russie et de la Biélorussie. Les troupes russes s'en sont retirées au printemps 2022. Moscou avait présenté ce retrait comme un geste de bonne volonté pendant les négociations d'Istanbul. Depuis, Kiev a fait de ce nord une zone de travaux défensifs, où ses brigades de génie restent déployées.
Une affaire jugée récemment à Tchernihiv montre ce que ce déploiement prolongé peut produire à l'intérieur des unités.
Un précédent jugé à Tchernihiv
Le 25 juin 2025, vers 4 heures du matin, un militaire ivre a abattu deux de ses camarades à Tchernihiv, après une bagarre. Ces derniers l'accusaient de leur avoir volé de l'argent. Le tribunal de district de Tchernihiv l'a condamné le 14 septembre 2026 à la réclusion à perpétuité. Les veuves ont obtenu environ 3,3 millions de hryvnias de dommages et intérêts, a rapporté le média local Cheline.
Cette affaire n'a aucun lien avec celle de Naoumivka. Mais elle montre que des militaires s'entretuent dans les unités de la région, et pas seulement sur le front.
Les compagnies de la 783e brigade, elles, poursuivent leurs travaux sur les lignes défensives de la région de Tchernihiv. Dans ce secteur, les combats sont absents depuis plus de quatre ans, et c'est désormais la discipline des unités qui pose problème à l'état-major ukrainien.